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	<title>Amphibiens Archives -&nbsp;</title>
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	<title>Amphibiens Archives -&nbsp;</title>
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		<title>La sauvegarde des tortues au Nicaragua</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Guillot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2025 19:19:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Nicaragua, avec ses plages idylliques et ses écosystèmes marins riches, est un lieu clé pour la...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Nicaragua, avec ses plages idylliques et ses écosystèmes marins riches, est un lieu clé pour la conservation des tortues marines. Ces créatures emblématiques, menacées par l&rsquo;activité humaine et les changements environnementaux, nécessitent une attention particulière. Le pays abrite plusieurs espèces de tortues, notamment la tortue luth et la tortue verte, qui viennent y pondre leurs œufs chaque année.</p>
<p>Des initiatives locales et internationales œuvrent pour préserver ces espèces en danger. La sauvegarde des tortues au Nicaragua représente un défi crucial, mais essentiel pour l&rsquo;équilibre écologique de la région.</p>
<h2>La saison de ponte</h2>
<p>La saison de ponte des tortues marines au Nicaragua est un événement exceptionnel. De juillet à janvier, les plages de la côte Pacifique se transforment en un lieu magique. Des milliers de tortues émergent des vagues pour pondre leurs œufs. Ce phénomène naturel rappelle l’importance de protéger ces créatures et leur environnement.</p>
<p>Le Nicaragua s’engage activement dans la conservation des tortues marines. Le gouvernement soutient diverses initiatives pour lutter contre les menaces humaines et environnementales. Des missions d’éco-volontariat permettent aux participants de contribuer directement à la préservation des tortues. Ces efforts collectifs incluent également la sensibilisation des communautés locales à la protection des écosystèmes marins.</p>
<p>Pour les volontaires, un hébergement est souvent inclus, avec une bonne connexion internet. Les jeunes bénévoles travaillent souvent en ligne et peuvent aussi profiter d’une pause pour jouer sur le <a href="https://betfirstcasino.be/" target="_blank" rel="noopener">casino en ligne betFIRST</a>. Rester connecté en sauvant la planète, quoi de mieux ?</p>
<h2>Une baisse inquiétante des populations de tortues</h2>
<p>Malgré tout, le Nicaragua fait face à une <a href="https://www.geo.fr/animaux/labsence-inhabituelle-de-tortues-marines-au-nicaragua-inquiete-pour-leur-avenir-195303" target="_blank" rel="noopener">baisse inquiétante des populations</a> de tortues luths. Chaque année, ces tortues viennent pondre sur les plages de la réserve de Chacocente. Cependant, cette année, aucun spécimen n’a été observé. Cette absence marque une nouvelle étape dans le déclin continu de cette espèce.</p>
<p>Les tortues marines sont confrontées à des menaces majeures, comme la pêche illégale et la pollution. Le réchauffement climatique perturbe également leur reproduction. La hausse des températures favorise une naissance accrue de femelles. Si ces pressions persistent, la survie des tortues luths est mise en péril.</p>
<h2>La protection des tortues, un engagement local fort</h2>
<p>Au Nicaragua, l&rsquo;implication des communautés locales dans la conservation des tortues marines est essentielle. Dans des endroits comme l’estuaire Padre Ramos, ou la Réserve la Flor, des projets de conservation ont été mis en place pour sauver l&rsquo;espèce de la tortue carey ou paslama, gravement menacée d&rsquo;extinction.</p>
<p>Ce programme, lancé après la découverte de centaines de nidifications dans la région, a permis de mettre en place des mesures de protection efficaces pour les œufs et les tortues.</p>
<p>La collecte des œufs est désormais réalisée par les habitants de la communauté, qui sont indemnisés pour leurs efforts. Cela a permis de renverser une situation où la vente illégale des œufs était une source de revenus pour beaucoup.</p>
<h2>Un avenir pour les tortues marines au Nicaragua</h2>
<p>La préservation des tortues marines au Nicaragua, et chez son voisin <a href="https://partir.ouest-france.fr/magazine/du-mieux-pour-les-tortues-marines/" target="_blank" rel="noopener">le Costa Rica</a>, dépend d’un engagement collectif, impliquant aussi bien les autorités que les communautés locales. Grâce à des initiatives de conservation, ces espèces menacées trouvent un grand soutien. Si les menaces humaines persistent, les efforts locaux et internationaux continuent d’apporter des solutions concrètes pour garantir un avenir à ces créatures marines.</p>
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		<title>La grenouille arlequin variable</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jennifer Matas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Sep 2020 15:40:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si son nom peut prêter à sourire, sa situation en revanche est dramatique. La grenouille arlequin variable...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si son nom peut prêter à sourire, sa situation en revanche est dramatique. La <strong>grenouille arlequin variable (Atelopus varius)</strong> est en effet « en danger critique » (CR). Décimée par une maladie mortelle qui a causé l’extinction de plusieurs espèces de batraciens, <strong>sa population a chuté de plus de 90 % au cours des dernières décennies</strong>. Mais depuis peu, cette grenouille montre des signes de résistance.</p>
<h2>Description de la grenouille arlequin variable</h2>
<p>Le genre Atelopus regroupe 96 espèces, toutes vivant en Amérique centrale et en <a href="https://www.especes-menacees.fr/monde/amerique-du-sud/">Amérique du Sud</a> et portant le nom de « <strong>grenouilles arlequins</strong> ». Atelopus varius compte elle-même cinq sous-espèces :</p>
<ul>
<li>A. v. ambulatorius ;</li>
<li>A. v. bibroni ;</li>
<li>A. v. loomisi ;</li>
<li>A. v. maculatus ;</li>
<li>A. v. varius.</li>
</ul>
<p>Pendant longtemps, on a cru qu’<strong>Atelopus zeteki</strong> était elle aussi une sous-espèce d’Atelopus varius (Atelopus varius zeteki), mais des travaux datant de la fin des années 2000 ont prouvé qu’il s’agissait plutôt de deux espèces distinctes.</p>
<h3>Caractéristiques physiques</h3>
<p>Bien qu’elle porte communément le nom de « grenouille », <strong>la grenouille arlequin variable appartient en fait à la famille des Bufonidae</strong>, comme la majorité des autres espèces de crapauds dans le monde. Toutefois, son physique se distingue fortement des crapauds du genre Bufo, bien connus pour leurs corps trapus et recouverts de verrues.</p>
<p>Atelopus varius est plutôt fine et petite. Son gabarit n’impressionne en effet pas beaucoup :<strong> les adultes mesurent entre 2,4 et 6 cm</strong> et pèsent quelques grammes. Il existe un <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/dimorphisme/">dimorphisme</a> sexuel évident puisque les mâles sont généralement plus petits que les femelles. Une différence flagrante au moment de la reproduction.</p>
<p>Cette grenouille ne porte pas le nom d’arlequin pour rien. En effet, Arlequin est un personnage haut en couleur de la commedia dell’arte (théâtre italien). On le reconnaît facilement à son costume toujours bariolé, aux couleurs très vives et aux multiples facettes, souvent incarnées par des losanges de couleurs diverses.</p>
<div id="attachment_17266" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-17266" class="size-full wp-image-17266" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/grenouilles-arlequins.jpg" alt="Différentes couleurs chez la grenouille arlequin variable" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/grenouilles-arlequins.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/grenouilles-arlequins-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17266" class="wp-caption-text">Les couleurs sont très variables d&rsquo;une grenouille arlequin variable à l&rsquo;autre.</p>
</div>
<p>Chez la petite grenouille Atelopus varius, c’est pareil : il existe un grand nombre de couleurs possibles chez cette espèce, y compris au sein d’une même population.<strong> La plupart des individus sont noirs avec des teintes orange ou jaunes</strong> qui parsèment tout le corps de l’animal comme une mosaïque aux formes arrondies. Mais certains arborent également des nuances de vert et de rouge.</p>
<h3>Alimentation</h3>
<p>La grenouille arlequin variable se nourrit principalement d’insectes de types mouches et moucherons. Elle mange également de petits arthropodes. Ses proies, elle les débusque directement dans son milieu, au niveau du sol de la forêt, près des cours d’eau forestiers.</p>
<h3>Toxicité</h3>
<p>Si la grenouille arlequin arbore de si belles couleurs, ce n’est pas pour ravir les yeux de ses admirateurs. Il s’agirait plutôt d’un <strong>signal visuel envoyé à ses éventuels prédateurs pour les informer de sa toxicité</strong>.</p>
<p>Cette technique dissuasive s’appelle de l’<a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aposematisme/">aposématisme</a>. Elle est employée par de nombreux animaux, dont des batraciens. C’est le cas par exemple des dendrobates.</p>
<p>Atelopus varius est elle aussi toxique. Sa peau sécrète en effet des sécrétions qui repoussent bon nombre d’assaillants potentiels. Le seul prédateur qu’on lui connaît est une <strong>mouche de l’espèce Notochaeta bufonivora, qui tue la grenouille arlequin en la parasitant</strong>. Elle dépose ses larves dans la cuisse de la grenouille et ces dernières se nourrissent jusqu’à tuer l’animal en quelques jours.</p>
<h2>Habitat de cette grenouille menacée</h2>
<div id="attachment_17279" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-17279" class="size-full wp-image-17279" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/aire-repartition-grenouille-arlequin-variable.jpg" alt="Aire de répartition de la grenouille arlequin variable" width="642" height="432" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/aire-repartition-grenouille-arlequin-variable.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/aire-repartition-grenouille-arlequin-variable-300x202.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17279" class="wp-caption-text">Habitat de la grenouille arlequin variable.</p>
</div>
<p>Historiquement, <strong>la grenouille arlequin variable vit au Costa Rica et au Panama</strong>, aussi bien côté océan Atlantique, à l’Est, qu’océan Pacifique, à l’Ouest. Autrefois espèce plutôt commune dans ces pays, Atelopus varius n’est désormais représentée que par de petites populations d’individus.</p>
<p>Au Panama, on ne la trouve plus que dans quelques montages de l’Ouest du pays. Pendant un temps, on a aussi cru qu’elle avait complètement disparu du Costa Rica, mais des individus ont finalement été découverts dans les années 2000 (voir plus bas), attestant de la présence de l’espèce dans ce pays encore aujourd’hui.</p>
<p>Cet <a href="https://www.especes-menacees.fr/animaux/les-amphibiens/">amphibien</a> vit principalement dans les <strong>forêts tropicales sèches et humides</strong>, jusqu’à 2000 mètres d’altitude. Il se trouve dans les couches les plus proches du sol où il déniche de quoi se nourrir.</p>
<p>Le plus souvent, il s’établit près de cours d’eau car c’est là qu’il se reproduit et que sa progéniture se développera tout au long du <strong>stade larvaire</strong>. La nuit, il se réfugie dans de petites cavités entre les racines des arbres ou se cache dans la végétation qui borde les cours d’eau. Animal diurne, il se montre plus actif pendant la journée.</p>
<div id="attachment_17277" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-17277" class="size-full wp-image-17277" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopue-varius-grenouille-arlequin-variable.jpg" alt="La grenouille arlequin variable est active la journée" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopue-varius-grenouille-arlequin-variable.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopue-varius-grenouille-arlequin-variable-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17277" class="wp-caption-text">La grenouille arlequin variable est active la journée.</p>
</div>
<h2>Menaces</h2>
<p>Il n’y a encore pas si longtemps, la grenouille arlequin variable était une espèce commune au Costa Rica et au Panama. Mais en l’espace de 20 ans seulement, ses populations se sont effondrées. Au point qu’<strong>on a pensé l’espèce éteinte à l’état sauvage</strong> au Costa Rica en 1996. Jusqu’à ce que des individus ne soient <a href="https://www.researchgate.net/publication/258201023_Renewing_hope_The_rediscovery_of_Atelopus_varius_in_Costa_Rica" target="_blank" rel="noopener noreferrer">découverts en 2008 dans la zone protégée Las Tablas</a>, dans les montagnes de Talamanca au sud du pays, redonnant espoir pour l’avenir de cet amphibien. Pour autant, Atelopus varius n’est pas sortie d’affaire et reste gravement menacée. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) la classe dans la catégorie « en danger critique » d’extinction (CR). Dernière étape avant sa disparition.</p>
<h3>La chytridiomycosis</h3>
<p>Un grand nombre de menaces pèsent sur la grenouille arlequin variable. Mais depuis les années 1990, il y en a une qui prédomine : <strong>une maladie mortelle et contagieuse, la chytridiomycosis</strong>, causée par un champignon aquatique qui s’appelle Batrachochytrium dendrobatidis (Bd). Découverte en 1998, cette maladie affecte de nombreuses espèces de batraciens, de l’Australie à l’Amérique du Sud, comme la <a href="https://www.especes-menacees.fr/agalychnis-lemur-grenouille-lemur-arboricole/">grenouille lémur arboricole</a>.</p>
<p>Les grenouilles arlequins sont particulièrement touchées. D’ailleurs, la majorité des espèces du genre Atelopus sont gravement menacées. Rien qu’au Costa Rica où vit la grenouille arlequin variable, <strong>les trois autres espèces du genre Atelopus sont « en danger critique » (CR)</strong> et beaucoup de leurs populations ont complètement disparu ces dernières années.</p>
<p>La population qui vit dans les montagnes de Talamanca, au Costa Rica, est elle aussi touchée. La maladie se propage en effet parmi ces individus, bien qu’il semblerait que certains endroits soient plus propices à la contamination que d’autres.</p>
<div id="attachment_17274" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-17274" class="size-full wp-image-17274" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopus-varius-grenouille-menacee.jpg" alt="Grenouille arlequin variable (Atelopus varius)" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopus-varius-grenouille-menacee.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/atelopus-varius-grenouille-menacee-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17274" class="wp-caption-text">Grenouille arlequin variable (Atelopus varius).</p>
</div>
<h2>Efforts de conservation</h2>
<p>Face au déclin rapide de cette espèce, des mesures urgentes sont nécessaires si on veut éviter sa disparition dans la nature. Les efforts doivent se concentrer sur une meilleure connaissance de cet amphibien mais aussi de la maladie qui le frappe mortellement.</p>
<h3>Suivis de terrain et études</h3>
<p>L’une des pistes pour <strong>empêcher l’extinction d’Atelopus varius</strong>, c’est en effet de réussir à éradiquer la maladie qui la décime. Pour cela, il est impératif de connaître et de localiser les populations restantes au Panama et au Costa Rica, d’assurer leur suivi et d’en savoir plus sur cet agent pathogène.</p>
<p>Des scientifiques sont déjà à l’œuvre et leurs travaux ont par exemple permis d’apprendre que depuis peu, <strong>la grenouille arlequin variable semble enfin montrer de signes de résistance immunitaire face à la chytridiomycosis</strong>. Une <a href="https://www.especes-menacees.fr/actualites/grenouilles-sauvees-extinction-programmee/">étude publiée en mars 2018</a> dans la revue Science et réalisée auprès de plusieurs populations de batraciens touchés par cette maladie révèle en effet une réponse immunitaire porteuse d’espoirs chez plusieurs d’entre elles, dont Atelopus varius.</p>
<p>Au-delà des connaissances sur cette maladie, ces études terrain doivent aussi aider la communauté scientifique à mieux identifier les besoins de cette grenouille et ainsi orienter de façon plus efficace les mesures de conservation à mettre en œuvre. C’est ce que souhaitent par exemple faire une équipe de chercheurs, emmenée par <a href="https://asunow.asu.edu/20161003-solutions-asu-life-sciences-save-species-harlequin-frog" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Jan Schipper de l’Université d’Arizona</a> et avec l’aide du zoo de Phoenix, au Costa Rica.</p>
<h3>Programmes d’élevage en captivité</h3>
<div id="attachment_17272" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-17272" class="size-full wp-image-17272" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/programme-reproduction-captivite-Atelopus-varius.jpg" alt="Programme de reproduction ex situ Atelopus varius" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/programme-reproduction-captivite-Atelopus-varius.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/programme-reproduction-captivite-Atelopus-varius-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17272" class="wp-caption-text">Grenouilles arlequins variables juvéniles, issus d&rsquo;un programme de reproduction ex situ.</p>
</div>
<p>Le <strong>rapide déclin d’Atelopus varius</strong> et la baisse drastique du nombre d’individus matures capables de se reproduire encouragent une prise de décision rapide si on veut empêcher son extinction. C’est la raison pour laquelle de nombreux scientifiques militent pour la <strong>mise en œuvre de programmes de reproduction ex situ</strong>, en captivité, en vue de réintroductions dans le milieu naturel.</p>
<p>Au Panama, un premier programme de ce type a vu le jour en 2001 avec le départ pour des zoos américains de plusieurs spécimens de grenouilles arlequins variables. Ce programme d’urgence avait pour but d’endiguer la disparition de l’espèce, décimée par le champignon Bd, en attendant que des infrastructures dédiées à sa conservation voient le jour sur place, au Panama.</p>
<p>Des <strong>premiers relâchés ont eu lieu au Panama en janvier 2018</strong>. Environ 500 grenouilles arlequins variables ont en effet été libérées dans la province de Colon. Parmi elles, une trentaine ont été équipées d’émetteurs radio pour permettre aux chercheurs de les suivre et ainsi surveiller le succès de cette opération réintroduction.</p>
<p>« <em>Il nous a fallu plusieurs années pour apprendre à élever avec succès ces grenouilles en captivité. Alors que le nombre d&rsquo;individus que nous avons ne cesse d&rsquo;augmenter, cela offre de nouvelles opportunités de recherche pour comprendre les facteurs influençant la survie qui in fine éclaireront les stratégies de réintroduction à long terme </em>», déclare Roberto Ibañez, directeur du programme PARC (projet de sauvetage et de conservation des amphibiens).</p>
<div id="attachment_17270" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-17270" class="size-full wp-image-17270" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/reintroduction-grenouille-arlequin-variable-panama.jpg" alt="Equipe en charge de la réintroduction d'Atelopus varius au Panama" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/reintroduction-grenouille-arlequin-variable-panama.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2020/09/reintroduction-grenouille-arlequin-variable-panama-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-17270" class="wp-caption-text">Equipe en charge de la réintroduction d&rsquo;Atelopus varius au Panama, en janvier 2018.</p>
</div>
<h3>Premières naissances hors Panama</h3>
<p>Les programmes d&rsquo;élevage en captivité ont déjà permis de <a href="https://www.especes-menacees.fr/dossiers/especes-sauvees-extinction/">sauver de l&rsquo;extinction de nombreuses espèces menacées</a>. Ils sont immensément porteurs d&rsquo;espoir, mais jusqu&rsquo;à récemment, ils se cantonnaient au Panama en ce qui concerne la grenouille arlequin variable.</p>
<p>Heureuse nouvelle : début mars, <strong>l&rsquo;Université de Manchester en Angleterre a annoncé avoir réussi à reproduire l&rsquo;espèce</strong> ! C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;une institution en dehors du Panama parvient à cet exploit. Et pour cause, c&rsquo;est aussi la seule à héberger l&rsquo;espèce hors Amérique centrale.</p>
<p>Pour cela, des scientifiques de Manchester ont travaillé d&rsquo;arrache-pied pendant 3 ans. Ils se sont rendus au Panama dans le but de relever toutes les informations nécessaires pouvant <strong>influencer la reproduction d&rsquo;Atelopus varius</strong> (température, niveau et débit de l&rsquo;eau où sont pondus les oeufs, nourriture des têtards, etc.).</p>
<h2>Reproduction d’Atelopus varius</h2>
<p>La saison des amours a lieu d’octobre à décembre. Mais à l’inverse des autres espèces de grenouilles arlequins, les mâles Atelopus varius ne poussent pas des vocalises pour appeler les femelles à la reproduction. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui avaient fait penser que l’espèce pouvait être différente d’Atelopus zeteki, qu’on a pris pour une sous-espèce de la grenouille arlequin variable pendant un temps. Ils donnent toutefois de la voix pour marquer leurs territoires, notamment au début de la saison des pluies.</p>
<p>Pour s’accoupler, le mâle grimpe sur le dos de la femelle et l’encercle à l’aide de ses cuisses. <strong>Cette technique de copulation s’appelle l’amplexus</strong> et est commune à tous les anoures, à savoir les amphibiens sans queue (grenouilles, crapauds et rainettes). Contrairement à ce que cette position laisse penser, il n’y a pas d’acte de pénétration. Le mâle dépose simplement sa semence sur les œufs que la femelle expulse, stimulée par l&rsquo;amplexus.</p>
<p>Une fois fécondés, les 30 à 75 œufs sont ensuite placés par la femelle en eau peu profonde. Là, ils incubent pendant une durée de 36 heures environ avant éclosion. Les têtards qui en sortent ont une forme plutôt aplatie, qui se transformera progressivement jusqu’à donner de petites grenouilles.</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr/grenouille-arlequin-variable-atelopus-varius/">La grenouille arlequin variable</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr">Espèces-menacées.fr</a>.</p>
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		<title>La phyllobate terrible ou kokoï de Colombie</title>
		<link>https://www.especes-menacees.fr/phyllobate-terrible-kokoi-colombie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Jennifer Matas]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2019 05:39:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A première vue, cette petite grenouille aux grands yeux ronds et noirs semble inoffensive. Pourtant, le kokoï...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A première vue, cette <strong>petite grenouille</strong> aux grands yeux ronds et noirs semble inoffensive. Pourtant, le <strong>kokoï de Colombie</strong> – ou <strong>phyllobate terrible</strong> – est l’un des animaux les plus venimeux au monde. Mais cela ne l’a pas protégée de l’extinction. Aujourd’hui, et seulement 40 ans après avoir été décrite par les scientifiques, <strong>Phyllobates terribilis est « en danger » d’extinction (EN)</strong> au sens de l’<a href="https://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN</a>.</p>
<h2>Description de Phyllobates terribilis</h2>
<p>Comme toutes les grenouilles, cette espèce appartient à l’ordre des anoures au sein de la classe des <a href="https://www.especes-menacees.fr/animaux/les-amphibiens/">amphibiens</a>. Se trouvent également dans cette catégorie les crapauds et les rainettes.</p>
<h3>Caractéristiques physiques</h3>
<p>Le <strong>kokoï de Colombie</strong> ressemble un peu à <a href="https://www.especes-menacees.fr/mantelle-doree/">la mantelle dorée</a>, une grenouille malgache entièrement jaune doré, mais aussi aux autres <strong>dendrobates</strong> (ou dendrobatidae), ces grenouilles toxiques d’Amérique du Sud. Logique, puisqu’elle en fait partie au même titre que <a href="https://www.especes-menacees.fr/grenouille-rouge-du-yapacana/">la petite grenouille rouge du Yapacana</a>, elle aussi menacée.</p>
<p>Bien que petite avec ses <strong>47 mm de long</strong> en moyenne, Phyllobates terribilis fait partie des plus grandes dendrobates. Les femelles sont un peu plus imposantes que les mâles (50 mm et jusqu’à 55 mm), mais il s’agit là du seul dimorphisme sexuel notable. Le poids de cette grenouille est lui aussi tout petit : environ 30 grammes.</p>
<p>Tout son corps est uniformément jaune, orange et parfois vert pâle ou blanc. Les juvéniles, eux, sont noirs avec de légères rayures dorées. A cause de sa robe totalement jaune (couleur la plus commune chez cette espèce), on la confond souvent avec <strong>sa cousine Phyllobates bicolor</strong>. A la différence que cette dernière est plus petite et bien entendu bicolore. Elle n’est donc pas entièrement jaune (ou orange, selon les individus) : ses membres sont en effet sombres au bout, puis tachetés de bleu ou de doré ou parfois même teintés de vert à mesure que l’on remonte.</p>
<div id="attachment_15628" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15628" class="size-full wp-image-15628" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/dendrobates-jaunes-differences.jpg" alt="Phyllobate terrible et bicolore" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/dendrobates-jaunes-differences.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/dendrobates-jaunes-differences-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-15628" class="wp-caption-text">A gauche, la phyllobate terrible et à droite, celle bicolore.</p>
</div>
<p>Seuls le bout de ses doigts, le contour de sa bouche et quelques autres petites parties de son corps sont noirs.</p>
<h3>Comportement</h3>
<p><strong>La phyllobate terrible est un animal social</strong>. Loin d’être solitaire, elle vit en groupe jusqu’à 6 individus en moyenne et ne montre aucun comportement agressif envers ses congénères, ni même territorial.</p>
<p>Contrairement à d’autres animaux qui ont besoin de se faire discrets pour rester tranquilles, cette grenouille n’est que rarement embêtée. Elle peut donc aisément vivre le jour plutôt que la nuit.</p>
<p>De même lorsqu’elle est dérangée, elle ne cherche généralement pas à se cacher et préfèrera bondir quelques mètres plus loin.</p>
<h3>Poison mortel</h3>
<p>Une caractéristique très importante à propos de cette grenouille, c’est qu’<strong>elle est venimeuse</strong>. On la désigne même comme étant la <strong>grenouille la plus dangereuse au monde</strong> – au coude à coude avec Aparasphenodon brunoi, <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/endemique/">endémique</a> du Brésil – en raison de la puissance de son poison.</p>
<p>Cette toxine s’appelle<strong> la batrachotoxine</strong>. D’autres animaux la fabrique, comme par exemple les autres dendrobates (grenouilles toxiques d’Amérique du Sud), mais aussi des insectes et certains oiseaux de Nouvelle-Guinée, à l’instar du pitohui bicolore et de l’ifrita de Kowald.</p>
<p>Le kokoï de Colombie la sécrète dans des glandes situées sous sa peau, de sorte que n’importe quel individu qui toucherait cet amphibien se retrouverait affecté. Un simple contact avec la peau suffit à déclencher d’<strong>intenses brûlures</strong> pouvant durer plusieurs heures.</p>
<div id="attachment_15638" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15638" class="size-full wp-image-15638" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-reproduction.jpg" alt="Le kokoï de Colombie est social" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-reproduction.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-reproduction-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-15638" class="wp-caption-text">Le kokoï de Colombie est une grenouille sociale. ©Marcel Burkhard &#8211; http://www.tierlexikon.ch/ &#8211; Marcel Burkhard &#8211; http://www.tierlexikon.ch/, CC BY-SA 2.0 de, Wikimedia Commons.</p>
</div>
<p>Lorsqu’elle pénètre dans le sang, la batrachotoxine provoque un blocage des muscles avec des spasmes, des convulsions, une paralysie puis elle finit par <strong>entraîner la mort</strong>. Y compris chez l’homme. En effet, <strong>une seule de ces grenouilles est réputée pouvoir tuer une dizaine d’êtres humains</strong>.</p>
<p>Conscients de ce pouvoir extraordinaire, les amérindiens ont pendant longtemps utilisé ce poison pour leurs célèbres <strong>fléchettes empoisonnées</strong>. Ils leur suffisaient de frotter les pointes contre le dos du kokoï pour les imbiber.</p>
<p>Fait plutôt surprenant, si le kokoï de Colombie parvient à sécréter une telle substance c’est grâce à sa nourriture. Privée des bons aliments, comme c’est le cas en captivité par exemple, cette grenouille perd sa toxicité et devient parfaitement inoffensive !</p>
<h3>Régime alimentaire</h3>
<p>Justement, de quoi peut bien se nourrir cette grenouille pour être aussi toxique ? Tout simplement d’<strong>insectes et petits invertébrés</strong> divers comme des fourmis, des coléoptères ou encore des termites. C’est justement l’un des coléoptères qui figurent à son menu qui lui permettrait de sécréter la batrachotoxine.</p>
<p>Elle les chasse en pleine journée, sur la terre ferme et rarement en hauteur dans les végétaux. Pour les capturer, elle n’a qu’à <strong>lancer sa langue gluante</strong> et les ramener dans sa gueule d’un geste vif. Elle est si qu’il est quasiment impossible de l’observer à l’œil nu !</p>
<h2>Habitat</h2>
<div id="attachment_15632" style="width: 395px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15632" class="size-full wp-image-15632" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/aire-repartition-kokoi-colombie.jpg" alt="Aire de répartition de la phyllobate terrible" width="385" height="516" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/aire-repartition-kokoi-colombie.jpg 385w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/aire-repartition-kokoi-colombie-224x300.jpg 224w" sizes="(max-width: 385px) 100vw, 385px" /></p>
<p id="caption-attachment-15632" class="wp-caption-text">Aire de répartition de la phyllobate terrible.</p>
</div>
<p>Sans surprise puisque son nom l’indique, <strong>cette grenouille est originaire de Colombie</strong>, en Amérique du Sud. C’est donc une espèce endémique de ce pays. Mais elle ne vit pas partout en Colombie. Son territoire est aujourd’hui très restreint : il s’étend sur seulement 1 473 km², une petite bande de terre le long de la côte Pacifique, à l’Ouest.</p>
<p><strong>Phyllobates terribilis vit dans les forêts humides</strong>. Dans la nature, on la trouve dans les <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/foret-primaire/">forêts primaires</a> de cette partie de la Colombie. Elle vit le plus souvent au sol, sur le tapis des feuilles tombées des végétaux qui peuplent la zone. Rarement, elle peut s’aventurer à quelques centimètres au-dessus du sol, sur des roches ou des racines d’arbres mais jamais au-delà.</p>
<p>Cette grenouille apprécie la chaleur – plus de 26°C en général –, raison pour laquelle sans doute elle ne s’aventure guère en altitude, et surtout une <strong>humidité très élevée</strong> (entre 80 % et 90 %). Les précipitations sont importantes dans les environs, et il tombe jusqu’à 5 m de pluie par an.</p>
<p>Comme tout amphibien, elle a besoin d’eau et s’établit donc près de cours d’eau, de marais ou de petits lacs. C’est un besoin vital étant donné qu’elle utilise l’eau pour pondre puis élever ses petits (voir plus loin « Reproduction du kokoï de Colombie »).</p>
<h2>Menaces</h2>
<p>Grâce à son pouvoir défensif, <strong>cette grenouille n’a aucun prédateur naturel</strong>. Une espèce de serpent arboricole – Leimadophis epinephelus – semble toutefois davantage immunisé contre son poison que les autres, ce qui lui permet de chasser occasionnellement des jeunes individus. Mais cela ne représente pas une menace majeure.</p>
<p>Pourtant, le kokoï de Colombie est classé « en danger » d’extinction par l’UICN depuis 2004, année de sa première classification. Aujourd’hui encore, sa population sauvage est considérée comme déclinante.</p>
<h2>Déforestation, pollution et activités minières</h2>
<p>Les bouleversements à l’œuvre dans son habitat naturel arrivent en tête des principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur Phyllobates terribilis. L’espèce semble en effet très sensible aux <strong>mutations de son environnement</strong>, et doit migrer vers des zones plus reculées lorsque l’homme s’aventure trop près.</p>
<p>Ce qui arrive hélas de plus en plus fréquemment. A cause du <strong>développement de l’agriculture</strong>, tout d’abord, <strong>culture de la coca</strong> en tête. Des hectares entiers de forêts primaires sont rasés pour y faire pousser à la place des cultures. Pendant longtemps, la <strong>déforestation</strong> était légale dans cette zone et même aujourd’hui qu’elle ne l’est plus, les coupes se poursuivent.</p>
<p>Les <strong>activités minières</strong> et plus particulièrement <strong>l’orpaillage illégal</strong> – extraction d’or – ont aussi profondément altéré le milieu naturel du kokoï de Colombie. Désormais, <strong>les rivières de son <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> sont polluées par le mercure toxique</strong> qui ruisselle dans les cours d’eau à cause de ces extractions. Or, comme évoqué plus haut, les milieux aquatiques sont essentiels à la survie de cette grenouille.</p>
<h3>Captures et trafic</h3>
<div id="attachment_15636" style="width: 395px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15636" class="size-full wp-image-15636" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-vert-pale.jpg" alt="Kokoï de Colombie vert" width="385" height="450" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-vert-pale.jpg 385w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-vert-pale-257x300.jpg 257w" sizes="(max-width: 385px) 100vw, 385px" /></p>
<p id="caption-attachment-15636" class="wp-caption-text">Kokoï de Colombie vert pâle, une teinte plus rare que le jaune. ©Ltshears &#8211; Own work, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons</p>
</div>
<p>Ce dendrobate colombien a aussi été chassé pour diverses raisons. A commencer par son poison ultra puissant. Comme expliqué plus haut, des tribus amérindiennes le capturaient pour avoir sous la main le poison nécessaire à leur sarbacane. Il se pourrait que la <strong>recherche pharmaceutique</strong> s’intéresse également à cette substance pour développer des analgésiques puissants.</p>
<p>Ses couleurs vives et sa beauté en ont aussi fait la cible de <strong>braconniers</strong> susceptibles de revendre les spécimens capturés sur le marché noir des <strong>animaux de compagnie</strong>. Mais on manque de données pour savoir si cela constitue une menace forte ou non. D’après l’UICN, il semblerait que ce trafic ne pèse pas bien lourd.</p>
<h2>Efforts de conservation</h2>
<p>Pour sauver la phyllobate terrible de l’extinction, il a fallu lui donner un cadre légal. <strong>La loi colombienne interdit sa capture</strong> et la <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/cites/">CITES</a>, l’organisme qui régule le commerce international des espèces sauvages, l’a inscrite en <strong>annexe II</strong>. Cela signifie que son commerce n’est pas totalement interdit mais soumis à des quotas et certaines obligations, comme par exemple la détention de permis.</p>
<p>Désormais, il faut aussi agir sur la <strong>préservation de son habitat naturel</strong>, fortement impacté par les activités <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/anthropique/">anthropiques</a>. Deux initiatives de taille allant dans ce sens ont récemment vu le jour.</p>
<h3>La réserve « Rana Terribilis »</h3>
<p>A commencer par la <strong>création de la toute première aire protégée</strong> dans laquelle elle vit. Baptisée « <strong>réserve naturelle Rana Terribilis</strong> » du nom espagnol de ce dendrobate, cette réserve a été inauguré en 2012 par la <a href="http://www.proaves.org/?lang=en/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">fondation ProAves</a>.</p>
<div id="attachment_15639" style="width: 395px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15639" class="size-full wp-image-15639" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-vocalises.jpg" alt="Chant phyllobate terrible mâle" width="385" height="415" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-vocalises.jpg 385w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/phyllobate-terrible-vocalises-278x300.jpg 278w" sizes="(max-width: 385px) 100vw, 385px" /></p>
<p id="caption-attachment-15639" class="wp-caption-text">Un mâle phyllobate terrible chante pour attirer des femelles.</p>
</div>
<p>Sur ces 47 hectares, les phyllobates terribles sont complètement protégées de toute intrusion humaine et de toute destruction de leur habitat. Avant la création de cette réserve, il n’existait aucune zone protégée pour cette espèce. Il s’agit donc d’un immense pas en avant.</p>
<p>D’autant que par la même occasion, d’autres espèces vivant au même endroit bénéficient eux aussi d’une protection. C’est le cas par exemple de la <strong>pénélope d’Orton</strong> (un oiseau classé « en danger » par l’UICN), de l’<strong>oiseau des bois bruns</strong> et du <strong>grand Hocco</strong>, tous deux classés « vulnérables ».</p>
<p>ProAves multiplie également les opérations de sensibilisation du public et des locaux à l’importance de protéger ce dendrobate, pourtant extrêmement venimeux. Et en 2017, l’ONG a lancé la <strong>campagne « Des grenouilles qui sauvent des grenouilles »</strong> pour protéger le kokoï de Colombie.</p>
<h3>L’Alliance pour Zéro Extinction (AZE)</h3>
<p>Pour aider à sa conservation, il faut donc aussi faire comprendre aux plus grand nombre l’importance de sa préservation, malgré sa dangerosité potentielle pour l’homme. L’Alliance pour Zéro Extinction (AZE) a contribué à cela en mettant un important <strong>coup de projecteur sur l’espèce</strong>.</p>
<p>En 2013, ce collectif de plusieurs dizaines d’organismes engagés dans la préservation de la biodiversité a <strong>élu la phyllobate terrible parmi les « 7 merveilles menacées d’extinction »</strong> sur Terre. Plus de 100 000 internautes ont voté sur les réseaux sociaux pour ce batracien pourtant peu connu et dont on entend rarement parler.</p>
<p><em>« Nous espérons que sa nomination en tant que l’une des 7 merveilles de la nature attirera l’attention sur le risque imminent auquel elle est confrontée et que nous pourrons agir plus efficacement pour protéger cette grenouille »</em>, avait alors <a href="https://www.elespectador.com/noticias/medio-ambiente/rana-colombiana-una-de-siete-maravillas-extincion-articulo-404859" target="_blank" rel="noopener noreferrer">déclaré le directeur exécutif de ProAves</a>.</p>
<h2>Reproduction du kokoï de Colombie</h2>
<p>Dans la nature, on ignore tout ou presque de la reproduction de la phyllobate terrible. Pour tenter d’en savoir plus, il faut se baser sur ce que l’on sait des individus observés en captivité.</p>
<div id="attachment_15634" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-15634" class="size-full wp-image-15634" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-reproduction-oeufs-ponte.jpg" alt="Ponte des oeufs de kokoï de Colombie" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-reproduction-oeufs-ponte.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2019/06/kokoi-colombie-reproduction-oeufs-ponte-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-15634" class="wp-caption-text">La femelle pond ses oeufs dans une petite flaque d&rsquo;eau au creux d&rsquo;une feuille.</p>
</div>
<p>D’abord, <a href="https://www.especes-menacees.fr/le-saviez-vous/oiseaux-animaux-les-plus-monogames/">mâles et femelles ne sont pas monogames</a> et ont plusieurs partenaires. Pour se reproduire, le mâle entonne un chant à l’aide de la poche vocale qui se situe au niveau de sa gorge. L’objectif est simple : attirer et séduire les femelles. Ces <strong>vocalises sont plutôt aiguës</strong>. Si elles font mouche et qu’une femelle s’approche, l’accouplement peut démarrer.</p>
<p>La femelle pond ses œufs dans une petite flaque d’eau. Puis, le mâle les féconde et les porte sur son dos le temps de leur trouver une flaque plus grande dans laquelle où ils resteront <strong>entre 11 et 12 jours avant d’éclore</strong>. En captivité, les pontes ne dépassent pas les 20 œufs, ce qui est assez peu pour un dendrobate.</p>
<p>Comme la plupart des amphibiens, ce dendrobate colombien opère une véritable métamorphose tout au long de sa croissance. Après l’éclosion de son œuf, il se transforme en têtard, puis poursuit sa transformation jusqu’à devenir une petite grenouille. Les mâles atteignent leur <strong>maturité sexuelle</strong> lorsqu’ils mesurent 37 mm, et les femelles vers 41 mm. Une dernière transformation se produit quand ils deviennent adultes et abandonnent leurs couleurs noir et or pour une teinte uniforme.</p>
<p>L’<strong>espérance de vie</strong> de cette espèce n’est pas connue avec certitude. Néanmoins, il semblerait qu’elle soit supérieure à 5 ans en captivité.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<p>Souvent, les grenouilles venimeuses arborent différents couleurs très vives. Un moyen d’avertir leurs éventuels prédateurs du danger qu’ils encourent s’ils décident de s’en prendre à elles. Cette <strong>technique défensive s’appelle l’<a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aposematisme/">aposématisme</a></strong> et est utilisée avec beaucoup d&rsquo;efficacité par le kokoï de Colombie.</p>
<p>Malgré la forte toxicité de sa peau, Phyllobates terribilis ne s’empoisonne jamais elle-même. Comment fait-elle ? La science a apporté une <a href="https://www.pnas.org/content/early/2017/08/29/1707873114" target="_blank" rel="noopener noreferrer">réponse à cette question en 2017</a>. Cette grenouille est protégée de son propre poison grâce à une simple mutation génétique.</p>
<p>par Jennifer Matas</p>
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		<title>Le triton à queue d’épée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jennifer Matas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Dec 2018 18:22:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aussi appelé triton d’Okinawa en raison de son lieu d’origine, Cynops ensicauda est un urodèle, autrement dit...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Aussi appelé <strong>triton d’Okinawa</strong> en raison de son lieu d’origine, <strong>Cynops ensicauda</strong> est <strong>un urodèle, autrement dit un amphibien à queue</strong> comme toutes les espèces de tritons et de salamandres. Deux sous-espèces existent :</p>
<ul>
<li>Cynops ensicauda ensicauda</li>
<li>Cynops ensicauda popei</li>
</ul>
<h2>Présentation</h2>
<h3>Caractéristiques physiques</h3>
<p>Si on voulait faciliter les choses, on pourrait dire que le <strong>triton à queue d’épée</strong> a une tête de grenouille et un corps de lézard. En fait, il partage quelques similitudes physiques avec les salamandres comme la <a href="https://www.especes-menacees.fr/salamandre-geante-de-chine/">salamandre géante de Chine</a>, elle aussi très menacée. La morphologie globale du triton ressemble en effet à celle d’une salamandre, à la différence notoire que la queue du triton est plutôt aplatie sur les côtés tandis qu’elle est en forme de cylindre chez la salamandre.</p>
<p>Le triton à queue d’épée, quant à lui, arbore un duo de couleurs tout en contraste. En effet, tandis que le dos et toute la partie supérieure de l’animal sont brun foncé voire noirs, le ventre et la partie inférieure sont de couleur orange-jaune. Cette couleur très vive sert en réalité d’<strong>avertissement aux éventuels prédateurs</strong>. Elle signifie que l’animal est toxique et qu’il causera beaucoup de torts à celui qui aurait la mauvaise idée de le croquer. De nombreuses espèces comme le <a href="https://www.especes-menacees.fr/crapaud-ventre-jaune-des-appenins/">crapaud à ventre jaune des Appenins</a> par exemple utilisent cette technique pour se défendre. On appelle cela « <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aposematisme/">aposématisme</a> ». Deux lignes orangées très fines sillonnent également son dos de part et d’autre de la <strong>crête dorsale</strong> qui s’étend de la base de la tête jusqu’à la pointe de la queue. Ces lignes orangées sont plutôt discrètes et il peut arriver que des taches dorées, de formes et de tailles irrégulières, parsèment également le dos. Le ventre peut lui aussi présenter quelques taches brunes ci et là, selon les individus. <strong>Chaque triton à queue d’épée est donc unique</strong>.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-14659" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/cynops-ensicauda.jpg" alt="Cynops ensicauda" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/cynops-ensicauda.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/cynops-ensicauda-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p>A chacune de ses quatre pattes, le triton d’Okinawa compte quatre doigts plutôt courts, mais c’est surtout de sa queue qu’il se sert pour se déplacer. Aussi longue que le corps – voire même encore plus longue chez les femelles – elle lui permet en effet de se propulser avec force dans l’eau et de se diriger aisément.</p>
<p>Il existe un léger <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/dimorphisme/">dimorphisme</a> sexuel puisque <strong>les femelles sont généralement plus grandes que les mâles</strong> et leur queue dépasse la taille de leur corps, ce qui n’est pas le cas chez ces messieurs. Les plus gros gabarits féminins peuvent atteindre les <strong>18 cm</strong> de long et les mâles <strong>12 à 13 cm</strong> en moyenne, queue comprise.</p>
<h3>Régime alimentaire</h3>
<p><strong>Le triton d’Okinawa est carnivore</strong>. Il se nourrit principalement d’invertébrés comme des vers de terres, des larves d’insectes, de petits escargots, des crustacés et parfois même des œufs de sa propre espèce. Raison pour laquelle au moment de la ponte, les femelles ont plutôt intérêt à trouver des endroits isolés où déposer leurs petits !</p>
<h2>Habitat du triton à queue d’épée</h2>
<p>Sans surprise puisque son nom l’indique, <strong>le triton d’Okinawa est endémique du <a href="https://www.especes-menacees.fr/monde/asie/japon/">Japon</a></strong>. On le trouve plus particulièrement sur une douzaine d’îles de l’archipel Ryukyu, dont les îles du groupe Amani, rattachées à la préfecture de Kagoshima et celles de la préfecture d’Okinawa. Ces îles se situent en mer de Chine orientale, à l’extrême Sud du Japon. Au total, sa zone d’occurrence ne dépasse pas les 5 000 km² et sa population est très fragmentée.</p>
<p>Comme tous les tritons du genre cynops – le Japon en compte deux espèces à savoir le triton à queue d’épée (Cynops ensicauda) et le triton à ventre de feu (Cynops pyrrhogaster) avec qui on le confond souvent – <strong>ce batracien est très aquatique</strong>. Il préfère donc les milieux inondés à la terre ferme. D’ailleurs, il convient de rappeler que <strong>les tritons tirent leur nom de Triton, divinité grecque de la mer</strong> issu de l’union entre Poséidon et Amphitrite. Il vit donc principalement dans les marais, les sols humides des forêts subtropicales et des prairies et même parfois dans les rizières. Il faut dire qu’il n’aime pas beaucoup le courant et préfère de loin les eaux calmes ou stagnantes.</p>
<h2>Menaces</h2>
<p>Du fait de sa peau qui sécrète un puissant neurotoxique, <strong>Cynops ensicauda n’a pas de prédateur naturel</strong>. Pourtant, l’espèce voit sa population diminuer jusqu’à faire partie des espèces « en danger » (EN) de la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (<a href="https://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN</a>). Depuis octobre 2020, <strong>son statut a été révisé et l&rsquo;espèce est désormais classée « vulnérable »</strong> (VU).</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-14654" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/triton-okinawa-cynops-ensicauda-menacé.jpg" alt="Triton à queue d'épée (Cynops Ensicauda)" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/triton-okinawa-cynops-ensicauda-menacé.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/triton-okinawa-cynops-ensicauda-menacé-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<h3>Dégradation de l’habitat</h3>
<p>Le triton à queue d’épée n’est pas compliqué et peut tout aussi bien vivre dans des milieux naturels – comme les petits ruisseaux – qu’artificiels comme les rizières. Pourtant, l’espèce est menacée par la dégradation de son habitat à plus d’un titre. D’abord, <strong>la déforestation et l’aménagement des territoires</strong> au profit de constructions urbaines a réduit drastiquement son <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> au cours des dernières décennies. Or, l’espèce est très territoriale et n’a donc pas pour habitude d’abandonner son habitat pour en trouver un autre moins hostile. Résultat, il arrive souvent qu’à la suite de la construction d’une route, <strong>les tritons à queue d’épée des environs restent vivre aux abords des caniveaux</strong> qui la bordent et y descendent parfois pour trouver de la nourriture. Mais ces habitats de béton sont en fait de véritables prisons desquelles ils ne peuvent s’échapper une fois que les pluies cessent. Pris au piège, la plupart meurt de <strong>dessiccation</strong> : leurs corps s’assèchent et perdent toute leur humidité.</p>
<p>Ces bouleversements entraînés par les activités <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/anthropique/">anthropiques</a> sont encore plus graves lorsqu’ils se produisent sur les <strong>sites de reproduction des tritons à queue d’épée</strong>. Privées d’endroits où se reproduire et élever leurs larves, les populations sauvages de tritons ne peuvent se renouveler correctement, ce qui accentue leur déclin.</p>
<h3>Commerce</h3>
<p>Les populations sauvages de tritons à queue d’épée ont aussi été décimées par les nombreux prélèvements d’individus. La plupart des tritons ont servi à alimenter le <strong>marché des animaux de compagnie</strong>. D’autres ont été utilisés dans la <strong>médecine traditionnelle chinoise</strong>, principalement à Taïwan. Ces captures sauvages semblent se poursuivre, raison pour laquelle il est important de garder confidentiels les sites où vivent les populations restantes. Malgré les torts causés par ce commerce, l’espèce n’est pas protégée par la <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/cites/">CITES</a>. <strong>Son commerce international n’est donc pas interdit</strong> à l’heure actuelle.</p>
<h3>Introduction d’espèces invasives</h3>
<p><strong>Les tritons d’Okinawa sont également menacés par l’introduction d’<a href="https://www.especes-menacees.fr/dossiers/10-especes-invasives-perturbent-biodiversite/">espèces envahissantes</a></strong>, et notamment de <strong>poissons du genre Tilapia</strong>. Habituellement originaires d’Afrique australe, ces poissons sont très appréciés pour leur chair et font l’objet d’un élevage intensif dans de nombreux pays. Ils s’imposent même au deuxième rang des poissons d’élevage dans le monde, derrière la carpe. Problème : ils sont <strong>extrêmement voraces</strong> et se nourrissent de phytoplancton, de plantes aquatiques et… de petits invertébrés comme le triton à queue d’épée. Relâchés dans les mêmes milieux, ils lui font concurrence pour la recherche de nourriture, épuisant le nombre de proies disponibles.</p>
<div id="attachment_14657" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-14657" class="size-full wp-image-14657" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/habitat-triton-okinawa.jpg" alt="Habitat triton à queue d'épée" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/habitat-triton-okinawa.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/12/habitat-triton-okinawa-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-14657" class="wp-caption-text">Type d&rsquo;habitat où peut vivre le triton à queue d&rsquo;épée.</p>
</div>
<h2>Efforts de conservation</h2>
<p>Il existe très peu d&rsquo;information autour de la <strong>conservation de Cynops ensicauda</strong>. Malgré son niveau de menace préoccupant, aucun programme de sauvegarde dédié n&rsquo;a été mis en place par le gouvernement japonais. De même, la CITES n&rsquo;interdit pas son commerce international. En revanche,<strong> le triton à queue d&rsquo;épée profite de mesures de protection de la biodiversité par ruissellement</strong>. C&rsquo;est ce qui se produit lorsque les régions où il vit deviennent des aires protégées par exemple. Au Japon, 228 régions ont été désignées « zones clés pour la biodiversité ». Parmi elles, plusieurs se trouvent dans la <strong>région Yambaru, l&rsquo;île Iriomote et les îles Yaeyama où vit le triton à queue d&rsquo;épée</strong>. La région Yambaru a même été désignée parc national en 2016 et pourrait prochainement être inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;Unesco. Quant à l&rsquo;île d&rsquo;Iriomote, plusieurs zones ont été classées « zones spéciales ». Par ailleurs, « <em>des efforts ont été fournis pour protéger ces écosystèmes et les espèces endémiques qui y vivent</em> », souligne le <a href="https://www.pref.okinawa.jp/site/chijiko/kohokoryu/foreign/english/documents/a_imingto_become_a_naturale_world_heritage.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">ministère japonais de l&rsquo;environnement</a>.</p>
<h2>Reproduction</h2>
<p>Comme pour son habitat, <strong>le triton à queue d’épée privilégie les milieux aquatiques pour se reproduire</strong>. Le mâle et la femelle s’accouplent donc généralement dans des petits cours d’eau. Lorsque démarre la saison des amours, généralement entre les mois de mars et juillet, le mâle choisit une partenaire et la suit pour lui montrer son intérêt. Il la pousse, la renifle, lui barre la route… Bref, fait tout ce qu’il peut pour attirer son attention. Puis, il dépose au fond de l’eau une sorte de <strong>cocon renfermant tous ses spermatozoïdes appelé « spermatophore »</strong>. Il exécute ensuite une parade nuptiale – une sorte de danse qu’il réalise à l’aide de sa queue – afin de séduire la femelle. Il espère l’encourager à passer au-dessus de ce spermatophore et l&rsquo;aspirer avec son cloaque, car c’est ainsi que se passe la fécondation chez les tritons et non par un accouplement direct. Lors de cette période, il peut arriver que la queue du mâle se pare d’un éclat blanchâtre.</p>
<p>Après une période d’incubation, la femelle pond plusieurs dizaines d’œufs (jusqu’à 60 maximum). Elle nidifie habituellement dans l’eau, mais peut aussi le faire plus rarement sur la terre ferme à condition qu’il s’agisse d’un milieu très humide. Mesurant environ 3 mm, les œufs sont collants et s’attachent aux brins de plantes aquatiques qui se trouvent dans les environs, le temps d’<strong>éclore au bout de deux semaines</strong> et de donner naissance à des <strong>larves semblables à des têtards</strong>. Puis, la métamorphose se poursuit pendant plusieurs mois. Progressivement, la larve grandit et se développe étape par étape jusqu’à arborer toutes les caractéristiques physiques du triton adulte. Il semblerait que les juvéniles aient plutôt une vie terrestre le temps de terminer leur métamorphose et de développer correctement leurs branchies externes. Ils ne rejoignent définitivement l’eau qu’une fois leur <strong>maturité sexuelle</strong> atteinte, vers l’âge de 2 à 3 ans.</p>
<p>D’après les observations qui ont été faites sur des individus en captivité, <strong>l’espérance de vie du triton à queue d’épée pourrait dépasser les 20 ans</strong>. A cet âge-là, les femelles peuvent même continuer à pondre !</p>
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		<title>La grenouille des Pyrénées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cécile Arnoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Jun 2018 12:25:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cap sur l’un des amphibiens les plus rares de France. Rana pyrenaica, la grenouille des Pyrénées, n’a...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cap sur l’un des amphibiens les plus rares de France. <strong>Rana pyrenaica, la grenouille des Pyrénées</strong>, n’a été découverte qu’en 1993 par l’Espagnol Jordi Serra-Cobo. <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/endemique/">Endémique</a> des Pyrénées, elle est classée « en danger » d’extinction par l’<a href="https://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN</a> depuis 2008.</p>
<h2>Présentation de la grenouille des Pyrénées</h2>
<h3>Description physique</h3>
<p><strong>La grenouille des Pyrénées est un petit specimen d’amphibien</strong>. Les femelles sont plus grandes que les mâles mais n’excèdent que rarement les cinq centimètres de long, pour un poids pouvant aller jusqu’à huit grammes. Adulte, Rana pyrenaica ressemble aux jeunes grenouilles rousses &#8211; Rana temporaria &#8211; et pourtant, on peut différencier les deux espèces en cherchant leurs tympans. Ceux de la grenouille rousse sont bien visibles tandis que ceux de la grenouille des Pyrénées sont presque trop petits pour être aperçus à l’œil nu. Autre différence, les plis latéraux sur le dos de Rana pyrenaica sont beaucoup moins marqués que ceux de sa cousine. En termes de couleur, la peau lisse de la grenouille des Pyrénées varie en teinte, passant du beige crème, au brun allant parfois jusqu&rsquo;au rouge vif sur le dos. Le ventre, en revanche, est de couleur plus pâle, oscillant entre le blanc, le gris et le rose. Au niveau de la tête, comme chez la grenouille rousse, un masque noir prolonge l’œil de l’amphibien qui est par ailleurs reconnaissable à sa couleur dorée, pailletée de noir.</p>
<h2>Localisation</h2>
<p>Si <strong>la grenouille des Pyrénées n’a été reconnue qu’en 1993</strong>, c’est sans doute en partie à cause de sa localisation très restreinte. Endémique de la chaîne montagneuse qui sépare la France de l’Espagne, cet amphibien a longtemps été considéré comme absent de notre côté de la frontière, tandis qu&rsquo;il était plus courant côté ibérique. C’est en 2011 qu’il est aperçu pour la première fois sur le versant nord des Pyrénées où il est toujours visible dans quelques cours d’eau du Pays Basque, du Béarn et dans la Vallée d&rsquo;Aspe. Toutefois, son <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> semble encore principalement côté espagnol et s’étend de la Vallée de Roncal au parc national d&rsquo;Ordesa.</p>
<p>En termes d’habitat, <strong>Rana pyrenaica a une particularité : elle aime les torrents</strong> ! Pour la localiser, il vous faut regarder à l’intérieur ou sur les rives des torrents rapides d’eau fraîche situés entre 440 m et 2 100 m d’altitude. Si elle préfère le milieu forestier, on peut tout de même la rencontrer en vallée dans des bassins créés par la pluie, si tant est que l’eau dans lequel elle se baigne est bien froide et oxygénée.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-12931" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/habitat-de-la-grenouille.jpg" alt="grenouille des pyrénées milieu" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/habitat-de-la-grenouille.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/habitat-de-la-grenouille-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<h2>Menaces</h2>
<p>Si <strong>l’UICN considère la grenouille des Pyrénées comme « en danger » d’extinction</strong>, c’est avant tout pour sa faible répartition géographique :<strong> </strong>environ 2000 km². Cette particularité en fait sans doute l’<strong>amphibien le plus menacé de France</strong> mais d’autres dangers pèsent sur l’espèce.</p>
<h3>L’introduction de prédateurs</h3>
<p>Rana pyrenaica est principalement menacée de disparition par l’<strong>introduction de la truite fario dans les Pyrénées</strong>. Il s’agit de la sous-espèce de truite commune qui vit en rivière. Ces poissons sont carnivores et se nourrissent principalement d’invertébrés et de petits poissons. <strong>Comme la grenouille des Pyrénées, cette truite aime le courant rapide et l’eau </strong><b>fraîche</b> (inférieure à 20 ° en été). Dans les années 2000, Jordi Serra-Cobo note que quand elle est présente dans un torrent, l’amphibien en disparaît. Malheureusement, plusieurs <a href="https://www.youtube.com/watch?v=MlyflTmWas4" target="_blank" rel="noopener">campagnes d’alevinage</a> – c’est-à-dire de libération d’alevins dans un cours d’eau sauvage – ont eu lieu dans l’ouest des Pyrénées, ce qui a porté un coup à la population d’amphibiens dans ces montagnes.</p>
<p>Ces opérations ont heureusement été stoppées dans le <strong>massif d’Iraty, où vit la grenouille des Pyrénées</strong>.</p>
<p>Autre prédateur ayant fait son apparition sur les rives françaises : l’écrevisse signal aussi appelée écrevisse de Californie, considérée comme une <a href="https://www.especes-menacees.fr/dossiers/10-especes-invasives-perturbent-biodiversite/">espèce invasive</a>. Repérée en 2010 dans le versant français des Pyrénées, le crustacé se nourrit des oeufs et des larves des amphibiens.</p>
<h3>La détérioration de son habitat</h3>
<p>Même dans les massifs montagneux, l’Homme modifie la nature. Le développement du tourisme montagnard, de l’exploitation forestière ou encore le détournement de l’eau des rivières à des fins agricoles sont quelques-uns des <strong>sévices qui nuisent au développement de l’espèce Rana pyrenaica</strong>.</p>
<h3>Le réchauffement climatique</h3>
<p>La grenouille des Pyrénées a besoin d’une eau froide pour vivre. Le changement climatique pourrait ainsi la pousser à monter à de plus hautes altitudes pour la trouver et s’adapter. De plus, la qualité de l’eau posera problème. En effet, cette grenouille aime l’eau très oxygénée et, on le sait, <strong>la chaleur bouleverse les <a href="https://www.especes-menacees.fr/definition/biotope/">biotopes</a> aquatiques.</strong> Acidification, développement d’algues et de microbes&#8230; En s&rsquo;élevant, la température de l’eau pourrait être propice à l’arrivée d’autres espèces et de nouveaux prédateurs. « <em>Si le changement climatique se faisait en douceur, elle aurait le temps. Mais quand le changement est brutal, comme maintenant, cela réduit grandement ses chances de survie. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour toutes les extinctions </em>», explique <strong>Matthieu Berroneau, responsable des suivis sur la grenouille des Pyrénées</strong>, interrogé par le magazine <a href="https://reporterre.net/Sur-la-piste-des-serpents-et-grenouilles-sentinelles-du-changement-climatique" target="_blank" rel="noopener">Reporterre.net</a>.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="La grenouille des Pyrénées : quel avenir face au changement climatique ?" width="978" height="550" src="https://www.youtube.com/embed/TIg4kxMXoIk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<h2>Efforts de conservation pour l&rsquo;amphibien</h2>
<p>En France, <strong>Rana pyrenaica fait partie de la liste des amphibiens protégés</strong>. D’après l’arrêté du 19 novembre 2007, sont interdits « <em>sur tout le territoire métropolitain et en tout temps, la destruction ou l&rsquo;enlèvement des oeufs et des nids, la destruction, la mutilation, la capture ou l&rsquo;enlèvement, la perturbation intentionnelle des animaux </em>[…] <em>mais également</em> […] <em>la détention, le transport, la naturalisation, le colportage, la mise en vente, la vente ou l&rsquo;achat, l&rsquo;utilisation, commerciale ou non, des spécimens prélevés.</em> »</p>
<h3>Des études pour mieux connaître l’espèce</h3>
<div id="attachment_12929" style="width: 360px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-12929" class="size-full wp-image-12929" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/suivi-des-grenouilles.jpg" alt="mesure de grenouille pyrénée" width="350" height="264" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/suivi-des-grenouilles.jpg 350w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/suivi-des-grenouilles-300x226.jpg 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /></p>
<p id="caption-attachment-12929" class="wp-caption-text">Session de suivi de Matthieu Berroneau.</p>
</div>
<p><strong>Observée en 1990 et décrite par la science en 1993, la grenouille des Pyrénées</strong> a fait l’objet d’un programme de suivi par l’équipe à l’origine de sa découverte. L’étude a duré dix ans, de 1998 à 2008, et a consisté à implanter des marqueurs à plus de 400 grenouilles pour observer leurs déplacements et leur taux de mortalité. Ce programme a également permis d’apprendre que, malgré leur isolement, <strong>les populations d&rsquo;amphibiens possèdent un patrimoine génétique très homogène</strong>, ce qui peut potentiellement être un danger pour la grenouille en cas de virus. En revanche, la population espagnole présenterait un code génétique différent de celle de France et de Navarre ; la séparation n’est donc pas seulement physique, elle est aussi génétique.</p>
<p>En France, on peut compter sur l’association <a href="http://www.cistude.org/" target="_blank" rel="noopener">Cistude Nature</a> pour représenter Rana pyrenaica. Créé en 1995, l’organisme spécialisé dans l’étude des amphibiens et des reptiles suit depuis de nombreuses années la grenouille pyrénéenne notamment par le biais de Matthieu Berroneau, chargé de projet dans l’association. C’est grâce à eux qu’a été mis en place un <strong>programme de conservation de la grenouille des Pyrénées de trois ans, de 2012 à 2014</strong>. Les objectifs étaient de sensibiliser en faisant connaître l’espèce, de continuer à rechercher de nouvelles populations et mettre en place un suivi de population adapté.</p>
<p>Les <a href="https://www.researchgate.net/publication/292994028_Trois_annees_de_suivi_des_populations_francaises_de_Rana_pyrenaica_Serra_Cobo_1993_Amphibia_Ranidae_premieres_estimations_d'abondance_des_tetards" target="_blank" rel="noopener">résultats de ce programme</a> ont été publiés en janvier 2015. Ils ont permis à l’association Cistude Nature de lister des <strong>mesures de conservation prioritaires pour assurer la pérennité de l’espèce</strong> :</p>
<p>• protéger les sites de présence ;<br />
• stopper les introductions de truites sur l’aire de répartition de la grenouille ;<br />
• limiter la présence des écrevisses signal ;<br />
• former et sensibiliser les forestiers aux bonnes pratiques ;<br />
• poursuivre la recherche de nouvelles populations ;<br />
• suivre les populations des sites de présence existants ;<br />
• continuer à sensibiliser le grand public à l’espèce.</p>
<h2>Reproduction de la grenouille pyrénéenne</h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignright size-full wp-image-12927" src="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/têtard-grenouille.jpg" alt="grenouille des pyrénées" width="350" height="423" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/têtard-grenouille.jpg 350w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/06/têtard-grenouille-248x300.jpg 248w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /></p>
<p><strong>Rana pyrenaica est active de janvier à juillet quand il fait entre 3 et 20 degrés</strong>. Elle se reproduit aussitôt que le dégel débute, entre février et avril. Plus la grenouille vit en haute altitude et plus les premiers têtards arrivent tard. L’accouplement a lieu dans l’eau, puis la femelle colle jusqu’à 150 oeufs sous une pierre afin de leur éviter de dériver dans le torrent. « <em>La grenouille des Pyrénées se caractérise par une stratégie de reproduction de type « K » : les adultes présentent une importante longévité et une faible mortalité, mais produisent un faible nombre de jeunes</em> », explique Cistude Nature.<br />
<strong>Les têtards des grenouilles des Pyrénées sont très facilement identifiables</strong> grâce à leur couleur noire constellée de points blancs ou dorés. Ils se regroupent dans les zones aux courants les plus faibles du torrent en attendant leur métamorphose qui a lieu au plus tard mi-août de la même année.</p>
<h3>A savoir</h3>
<p>L’association Cistude Nature a réalisé un film documentaire sur l’espèce. Destiné au grand public, ce film nommé « L’Ile Pyrénées » est distribué gratuitement.<br />
Elle a également produit en 2014 un fascicule sur l’espèce, suite au programme de conservation dont une partie de cette fiche s’inspire. Retrouvez-le en intégralité : <a href="http://www.cistude.org/images/Documents/PDF/Guide-Rana-pyrenaica-web.pdf" target="_blank" rel="noopener">la grenouille des Pyrénées, une endémique de l’ouest pyrénéen</a>.</p>
<p>Toutes les photographies de cet article sont utilisées avec l&rsquo;aimable autorisation de M. Berroneau &#8211; <a href="http://www.matthieu-berroneau.fr" target="_blank" rel="noopener">www.matthieu-berroneau.fr</a></p>
<p>par Cécile Arnoud</p>
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		<title>Le crapaud à ventre jaune des Appenins</title>
		<link>https://www.especes-menacees.fr/crapaud-ventre-jaune-des-appenins/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Bianchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jan 2018 17:47:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nombre de sites abritant le crapaud à ventre jaune des Appenins, du nom de la chaîne...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le nombre de sites abritant le crapaud à ventre jaune des Appenins, du nom de la chaîne de montagnes traversant l&rsquo;Italie du nord au sud, a diminué de moitié au cours des deux dernières décennies. Alors que les experts peinent à expliquer ce déclin, l&rsquo;espèce, connue sous le nom scientifique Bombina pachypus, est désormais classée « en danger d&rsquo;extinction » par l&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN</a>.</p>
<h2>Description</h2>
<p>Petit crapaud au museau arrondi, <strong>Bombina pachypus mesure entre 3 et 5 centimètres</strong>. Ses iris sont d&rsquo;un brun jaunâtre et, caractéristique notable, ses pupilles sont en forme de triangle inversé. Son dos varie du gris foncé au brun alors que, sur le ventre, la peau est d&rsquo;un bleu sombre parsemé de taches jaunes à orange. Ces dernières recouvrent généralement plus de la moitié de la face ventrale et sont uniques : elles permettent donc d&rsquo;identifier les individus avec fiabilité. Si elles justifient par ailleurs que Bombina pachypus puisse s&rsquo;appeler « crapaud à ventre jaune » en français, cela entretient la confusion avec une autre espèce, Bombina variegata, qui porte la même appellation. B. pachypus a en effet longtemps été considéré comme une sous-espèce de B. variegata mais, en 1993, des recherches ont mis en évidence des <strong>différences morphologiques et génétiques entre les spécimens des deux groupes</strong>. L&rsquo;UICN référence aujourd&rsquo;hui ces crapauds comme deux entités distinctes, mais la littérature scientifique ne les différencie parfois pas aussi clairement : de nombreux biologistes contestent la nouvelle classification, qui pourrait donc être remise en cause dans les prochaines années.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;il est attaqué par un serpent d&rsquo;eau ou un oiseau et qu&rsquo;il lui est impossible de fuir ou de se cacher, le crapaud à ventre jaune expose son ventre et s&rsquo;arc-boute afin de mettre en évidence ses couleurs vives, qualifiées d&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/aposematisme/">aposématiques</a> : cela signifie qu&rsquo;<strong>elles constituent un avertissement pour le prédateur</strong>. Si cela ne suffit pas, il dispose d&rsquo;une autre arme : la peau de son dos est couverte de verrues proéminentes et de glandes libérant une substance irritante pour les yeux et les muqueuses de la bouche.</p>
<h2>Localisation et habitat</h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignright size-full wp-image-10899" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/aire-repartition-bombina-pachypus.jpg" alt="Aire de répartition de Bombina pachypus" width="350" height="214" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/aire-repartition-bombina-pachypus.jpg 350w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/aire-repartition-bombina-pachypus-300x183.jpg 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" />Comme son nom l&rsquo;indique, <strong>Bombina pachypus est endémique des Appenins</strong>, chaîne de montagnes sillonnant l&rsquo;Italie du nord au sud. Des colonies de crapauds à ventre jaune des Appenins peuvent ainsi être observées dans un grand nombre de régions : Ligurie (région frontalière de la France), Emilie-Romagne, Toscane, Ombrie, Marches, Latium, Abruzzes, Molise, Campanie, Pouilles, Basilicates et Calabre abritent des populations de l&rsquo;espèce. Ce dernier territoire, situé à la pointe méridionale de la « botte » italienne, revêt une importance particulière pour Bombina pachypus : toutes les colonies recensées sur l&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> de l&rsquo;espèce descendent en effet de cette zone.</p>
<p>Le crapaud à ventre jaune des Appenins évolue en forêts ou en plaines entre une vingtaine de mètres au-dessus du niveau de la mer et 1900 mètres d&rsquo;altitude, par exemple dans le parc national du Pollino, créé en 1985 et s&rsquo;étalant sur 2000 km². <strong>Son territoire privilégié est composé de petits points d&rsquo;eau peu profonds</strong> comme des étangs boueux, de petites mares temporaires ou des rivières à faible débit, mais il peut également profiter de constructions humaines comme les fontaines, les abreuvoirs ou les bassins d&rsquo;irrigation destinés à l&rsquo;agriculture.</p>
<h2>Menaces</h2>
<p>Les causes du déclin de Bombina pachypus ne sont pour l&rsquo;heure pas déterminées précisément, mais deux pistes concentrent l&rsquo;essentiel des hypothèses.</p>
<h3>La perte et la dégradation de son habitat</h3>
<p>Bombina pachypus souffre notamment de la perte et la dégradation de son habitat naturel. Plusieurs études associent par exemple la disparition des bassins d&rsquo;irrigation agricole, grands réservoirs d&rsquo;eau que ce batracien pouvait utiliser, et la diminution des effectifs de l&rsquo;espèce. D&rsquo;autres pointent du doigt l&rsquo;assèchement des zones humides naturelles, l&rsquo;urbanisation, l&rsquo;augmentation de la pollution dans certains cours d&rsquo;eau ou encore l&rsquo;introduction d&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/dossiers/10-especes-invasives-perturbent-biodiversite/">espèces invasives</a> comme l&rsquo;achigan à grande bouche ou black-bass.</p>
<p>Les activités <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/anthropique/">anthropiques</a> ne sont par ailleurs pas les seules à être mises en cause : dans les milieux ruraux, <strong>l&rsquo;augmentation du nombre de sangliers pose problème</strong>. En effet, ces animaux piétinent et fouillent les sols, rendant inutilisables certains sites de reproduction.</p>
<p>Cela ne suffit toutefois pas à expliquer le déclin rapide de l&rsquo;espèce : le nombre de sites occupés par le crapaud à ventre jaune des Appenins aurait diminué d&rsquo;au moins 50 % entre 1996 et 2004. Une telle chute ne peut s&rsquo;expliquer par la seule dégradation des milieux naturels, d&rsquo;autant que <strong>certaines populations ont disparu de manière apparemment aléatoire</strong>, sur des territoires relativement préservés.</p>
<h3>La chytridiomycose, maladie des amphibiens</h3>
<p>Comme <a href="http://www.especes-menacees.fr/agalychnis-lemur-grenouille-lemur-arboricole/">la grenouille lemur arboricole</a> (Agalychnis lemur), <a href="http://www.especes-menacees.fr/grenouille-corroboree/">la grenouille corroboree</a> (Pseudophryne corroboree) et au moins 400 autres batraciens, le crapaud à ventre jaune des Appenins est menacé par la chytridiomycose. Sous ce nom se cache une infection <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/fongique/">fongique</a> connue depuis 1998 et ayant déjà causé de véritables épizooties autour du monde. Dans un premier temps circonscrite à l&rsquo;Australie et à l&rsquo;Amérique centrale, elle s&rsquo;est ensuite propagée à tous les continents et touche aujourd&rsquo;hui une cinquantaine de pays. Avec un taux de létalité pouvant approcher 100 % selon les espèces, <strong>la chytridiomycose fait planer sur les amphibiens du monde entier une menace sans précédent</strong> : selon l&rsquo;UICN, « <em>de plus en plus de scientifiques s&rsquo;accordent sur le fait que la propagation de la chytridiomycose a conduit et continuera à conduire les amphibiens à l&rsquo;extinction, et ceci à une vitesse jamais observée dans aucun groupe taxonomique de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Humanité.</em> »</p>
<p>Il est scientifiquement avéré que Bombina pachypus souffre de cette épidémie depuis 2001 : plusieurs jeunes individus prélevés dans leur milieu naturel sont morts quelques jours après avoir été infectés. La chytridiomycose ne semble toutefois pas expliquer à elle seule la disparition brutale de l&rsquo;espèce. En effet, des échantillons relevés en 1981 ont permis d&rsquo;établir que l&rsquo;agent pathogène de la chytridiomycose était déjà présent au sein de nombreuses populations&#8230; alors que le déclin de ce crapaud ne remonte qu&rsquo;au milieu des années 1990 ! L&rsquo;espèce est donc vraisemblablement victime d&rsquo;une multitude de facteurs qui doivent encore faire l&rsquo;objet de travaux.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-10901" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins.jpg" alt="Vue de profil d'un crapaud à ventre jaune des Appenins" width="640" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins.jpg 640w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins-300x141.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<h2>Conservation</h2>
<p>La Convention de Bern, document européen visant à assurer la conservation des habitats naturels, de la faune et de la flore sauvages ainsi que des espèces migratrices, a intégré le crapaud à ventre jaune des Appenins sur son Annexe II sous l&rsquo;appellation Bombinus variegata. <strong>Toute forme de capture ou de détention d&rsquo;un spécimen ou de ses oeufs est donc interdite</strong>, et il en est de même de toute détérioration des sites de reproduction, y compris durant les périodes d&rsquo;hibernation. L&rsquo;espèce est également protégée grâce à la directive n° 92/43/CEE de l&rsquo;Union Européenne, dite « Directive Habitats ». Cette dernière impose aux signataires de <strong>mettre en place des actions de conservation des habitats naturels</strong> en s&rsquo;appuyant notamment sur le réseau Natura 2000, composé de milliers de sites de grande valeur pour la biodiversité.</p>
<p>Bombinus pachypus étant endémique des Appenins, l&rsquo;Italie a évidemment un rôle central dans la sauvegarde de l&rsquo;espèce. Compte tenu de son déclin brutal, les autorités s&rsquo;accordent sur le fait qu&rsquo;il est nécessaire d&rsquo;agir rapidement, même si toutes les menaces ne sont pas parfaitement identifiées : l&rsquo;Université de Tuscia, à Viterbe (Latium), a ainsi été chargée d&rsquo;établir un plan d&rsquo;actions.</p>
<p>Le principal espoir de sauvegarde de l&rsquo;espèce repose aujourd&rsquo;hui sur la <strong>conservation ex situ</strong> : capturer des individus matures ou récupérer les oeufs sur les sites de nidification, gérer les stocks reproducteurs et organiser les réintroductions sur des sites viables sont les principaux axes à développer. Le parc zoologique de Rome, par exemple, s&rsquo;est investi dans ce projet. Cette méthode a déjà fait ses preuves : en Australie, <a href="http://www.especes-menacees.fr/actualites/grenouille-corroboree-eloigne-extinction/">la grenouille corroboree s&rsquo;est ainsi éloignée de l&rsquo;extinction</a> après que plusieurs milliers d&rsquo;oeufs aient été relâchés par les zoos de Melbourne et de Sydney.</p>
<p>Reste que cette action ne peut être efficace que si le milieu naturel du crapaud à ventre jaune des Appenins demeure préservé. Le choix des zones de réintroduction devra donc être réalisé avec soin, d&rsquo;autant que les paysages évoluent et continueront à évoluer au cours des prochaines décennies : du fait du réchauffement climatique, certains scientifiques estiment que <strong>le nord et le centre de l&rsquo;Italie pourraient progressivement devenir plus adaptés à l&rsquo;espèce au détriment de la Calabre</strong> qui, pourtant, accueille actuellement l&rsquo;essentiel des populations sauvages. En tout état de cause, les sites sélectionnés devront appartenir à des parcs nationaux, des sites Natura 2000 ou des zones spéciales de conservation (ZSC).<br />
<img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-10902" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins-vue-face.jpg" alt="Bombina pachypus vu de face" width="640" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins-vue-face.jpg 640w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2018/01/crapaud-ventre-jaune-appenins-vue-face-300x141.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<h2>Reproduction</h2>
<p>Bombinus paphypus est généralement actif entre avril et octobre mais, selon l&rsquo;altitude à laquelle il se trouve, il peut abandonner son état d&rsquo;hibernation dès le mois de février et s&rsquo;y replonger en novembre. <strong>La période de reproduction s&rsquo;étale entre le début du printemps et la fin de l&rsquo;été</strong>. Les mâles chantent pour attirer les femelles, qui peuvent s&rsquo;accoupler deux à trois fois par saison. Après la fécondation, celles-ci pondent entre 50 et 100 oeufs mesurant 1 à 2 mm de diamètre et les déposent sur un support immergé (une branche ou de la végétation) ou directement au fond d&rsquo;un point d&rsquo;eau. Le nombre d&rsquo;oeufs est relativement faible, mais cette caractéristique biologique est compensée par la grande longévité du crapaud à ventre jaune des Appenins : sa durée de vie est estimée à environ 16 ans.</p>
<p><strong>Les têtards naissent 10 à 20 jours plus tard</strong> et sont bruns sur le dos et d&rsquo;une couleur blanchâtre sur le ventre. Durant deux à trois mois, ils se développent en se nourrissant de micro-algues ou de minuscules invertébrés ; ils sont quant à eux la proie des poissons, oiseaux, serpents d&rsquo;eau, voire même des larves d&rsquo;insectes. Ils se métamorphosent ensuite pour devenir de petits crapauds et, dès lors, peuvent attaquer petits insectes et crustacés. Leur maturité sexuelle est ensuite atteinte lors de la troisième année de vie.</p>
<div class="auteur">par Benoit Goniak</div>
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		<title>La mantelle dorée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cécile Arnoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Sep 2017 17:03:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La grenouille mantelle dorée est un amphibien menacé qui ressemble sous plusieurs aspects aux dendrobates – les...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La <strong>grenouille mantelle dorée est un amphibien menacé</strong> qui ressemble sous plusieurs aspects aux dendrobates – les grenouilles toxiques d’Amérique centrale et du Sud. Originaire pour sa part de <a href="http://www.especes-menacees.fr/monde/afrique/madagascar/">Madagascar</a>, Mantella aurantiaca est classée depuis 2004 comme espèce en danger critique d’extinction d’après l’<a href="http://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">Union Internationale pour la Conservation de la Nature</a> (UICN).</p>
<h2>Présentation de cet amphibien menacé</h2>
<p>La mantelle dorée fait partie de la famille des Mantellidae, qui regroupe plus de 200 espèces dans la liste rouge de l’UICN. Toutes sont toxiques.</p>
<h3>Description physique</h3>
<p><strong>Mantella aurantiaca est reconnaissable à la couleur jaune, rouge ou orange</strong> de sa peau. Seuls les yeux sont noirs. Les juvéniles en revanche sont plus difficiles à identifier car de couleur verte ou noire. Il n’existe pas de <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/dimorphisme/">dimorphisme sexuel</a>, si ce n’est au niveau de la taille : la femelle est plus grande et peut approcher les 3 cm tandis que les mâles avoisinent plutôt 2 cm. Leurs pattes ne sont pas palmées mais chaque doigt se termine par un disque qui fait office de ventouse.</p>
<h3>Régime alimentaire</h3>
<p><strong>La mantelle dorée est une grenouille terrestre</strong> active la journée, qu’elle passe en général à chasser : elle est <strong>insectivore</strong>. Fourmis, termites, mouches, criquets composent généralement son régime alimentaire mais l’espèce est connue pour ne pas être difficile&#8230; et même plutôt opportuniste ! Elle peut déguster tout insecte qui croisera son chemin.</p>
<h3>Comportement social</h3>
<p>Mantella aurantiaca vit en groupes comptant généralement deux fois plus de mâles que de femelles, un ratio qui pourrait refléter la composition sexuelle de la population dans son ensemble.</p>
<h2>Localisation</h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignright size-full wp-image-10088" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/aire-de-répartition-mantelle-dorée.png" alt="ile madagascar" width="300" height="419" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/aire-de-répartition-mantelle-dorée.png 300w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/aire-de-répartition-mantelle-dorée-215x300.png 215w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>A l’état naturel, <strong>les mantelles dorées sont visibles uniquement sur l’île de Madagascar</strong>, à la biodiversité si riche et endémique. On peut la trouver sur un territoire très restreint situé dans le centre-est de l’île, à plus de 900 mètres d’altitude, à l’est de la capitale Antananarivo et à proximité du parc national d’Antasibe.<br />
Cet amphibien vit à proximité de <strong>zones de marécages de Torotorofotsy</strong> dans les forêts de pandanus – des arbres fruitiers qui se caractérisent par des racines en forme de tipi. On dit souvent que son aire de répartition ne dépasse pas 10 km² mais cette information est erronée : s&rsquo;il est vrai que la majorité de l’espèce est regroupée sur un territoire très restreint, quelques groupes de mantelles dorées sont également visibles dans le sud-est de Madagascar.<br />
Bien que terrestre, <strong>cette grenouille affectionne particulièrement l’humidité et la fraîcheur</strong> : elle ne survit pas à des températures dépassant 24° ou inférieures à 15°, ce qui explique qu&rsquo;elle ne vive qu&rsquo;en altitude.</p>
<h2>Menaces</h2>
<h3>Le prélèvement en milieu naturel</h3>
<p>Mantella aurantiaca est une de ces espèces qui pâtissent de leur physique : une jolie couleur, un élevage en captivité plutôt facile, un animal rare… il n’est fallait pas plus pour que <strong>la mantelle dorée devienne un incontournable du marché des animaux domestiques</strong>. Son exportation commerciale a débuté à la fin des années 80. Au moins 100 000 mantelles dorées auraient été prélevées en milieu naturel avant que ce commerce ne soit régulé. Toutefois même aujourd’hui, alors que l’espèce est considérée comme en danger critique d’extinction, la <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/cites/">CITES</a> n’a pas interdit sa vente et dispense chaque année un nouveau quota de permis d’exportation. Si en 2001, l’institution permettait le prélèvement de 8000 grenouilles, ce chiffre n’était plus que de 550 en 2010 et depuis 2015, « seulement » 280 permis sont délivrés chaque année. Malgré ces quotas, <strong>le commerce illégal des mantelles dorées</strong> existe et le prélèvement en milieu naturel se poursuit.</p>
<h3>La destruction de l’habitat</h3>
<div id="attachment_10090" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-10090" class="size-full wp-image-10090" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/marais-de-Torotorofotsy.jpg" alt="Torotorofotsy marshes" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/marais-de-Torotorofotsy.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/marais-de-Torotorofotsy-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-10090" class="wp-caption-text">Les marais de Torotorofotsy.</p>
</div>
<p>Comme l’<a href="http://www.especes-menacees.fr/escargot-de-corse/">escargot de Corse</a>, <strong>la mantelle dorée vit sur une surface très limitée</strong> qui se situe à proximité d’une aire protégée&#8230; mais pas à l&rsquo;intérieur. Or, ce territoire est également convoité par l’Homme. Les forêts de pandanus sont détruites pour le commerce du bois &#8211; un fléau à Madagascar &#8211; et les terres, faciles à irriguer, sont convoitées pour l’agriculture. De plus, en 2011, un gigantesque feu a en partie détruit les marais de Torotorofotsy, où vit Mantella aurantiaca. L’espèce se heurte aujourd’hui à un problème de <strong>fragmentation de son habitat,</strong> ce qui engendre des difficultés de brassage génétique entre les différents groupes.<br />
Enfin, il semblerait qu’à Madagascar comme sur beaucoup d’îles, l’introduction d’espèces exotiques soit une cause de déclin pour les mantelles dorées.</p>
<h2>Sauvegarde</h2>
<p>L’attrait des scientifiques et des touristes pour la mantelle dorée a poussé le gouvernement malgache et les sociétés industrielles à s’engager dans la conservation de l’espèce.<br />
En juillet 2000, <strong>Mantella aurantiaca est placée en Annexe II de la CITES</strong> et son commerce est comme nous l&rsquo;avons vu précédemment soumis à des quotas. Cinq ans plus tard, l&rsquo;Union Européenne va plus loin et interdit l’importation sur son sol de spécimens sauvages. L’élevage en captivité de l’espèce n’est pas difficile et permet de freiner le prélèvement en milieu naturel. De plus, <strong>une trentaine de parcs animaliers dans le monde participent au programme d’élevage</strong> mis en place. Ainsi, pour la première fois, le 19 mai 2017, <strong>1500 mantelles dorées nées en captivité sont réintroduites dans la nature</strong>. Fait assez inhabituel pour être cité, la compagnie Ambatovy, une société minière de Madagascar, finance le programme de conservation qui a permis ces réintroductions. Ce plan de protection est un bel exemple de partenariat entre associations de protection de la nature, parcs animaliers et société industrielle.<br />
<img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-10086" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/couple-de-mantelle-dorée.jpg" alt="grenouilles menacées madagascar" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/couple-de-mantelle-dorée.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/couple-de-mantelle-dorée-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /><br />
Bien sûr, l’intérêt de la société minière pour la grenouille n’est pas que philanthropique. La compagnie Ambatovy exploite le nickel et le colbalt présents juste à côté de l’<strong>aire de répartition des mantelles dorées.</strong> En protégeant l’amphibien, la compagnie souhaite « <em>assurer la viabilité et la durabilité du site, tout en maintenant ses fonctions écologiques, en conservant sa biodiversité et en générant des bénéfices pour la population locale à travers l’utilisation durable de ses ressources naturelles</em> », précise-t-elle dans <a href="http://www.madagascar-tribune.com/Le-Projet-Ambatovy-implique-a,13479.html" target="_blank" rel="noopener">Madagascar Tribune</a>.<br />
Ainsi pour <strong>préserver le lieu de ponte des mantelles</strong>, la société a accepté de dévier le tracé original de son pipeline qui devait détruire cette zone.</p>
<h2>Reproduction</h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignleft size-full wp-image-10085" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/mantelle-reproduction.jpg" alt="grenouille mantelle et ses oeufs" width="279" height="283" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/mantelle-reproduction.jpg 279w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/mantelle-reproduction-32x32.jpg 32w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/09/mantelle-reproduction-50x50.jpg 50w" sizes="(max-width: 279px) 100vw, 279px" /></p>
<p><strong>Les mantelles dorées ont une longévité de 8 ans</strong> en milieu naturel et de 5 à 7 ans en captivité. Ces grenouilles sont matures sexuellement au bout d’un an.<strong> La reproduction débute après les premières pluies abondantes</strong> : les mâles appellent alors les femelles en chantant, même si les vocalises de cette espèce sont faibles comparées aux autres.<br />
Les femelles peuvent pondre plusieurs fois durant la saison des pluies. Durant cette période, les mantelles dorées – et particulièrement les mâles &#8211; deviennent assez territoriaux.<br />
<strong>La femelle pond 20 à 60 œufs</strong>, non pas dans l’eau mais dans une litière humide du type mousse, crevasse ou écorce humide. C’est la pluie qui généralement les entraînera vers la source d’eau la plus proche. Chose assez inhabituelle,<strong> la fécondation des œufs est externe</strong> : le mâle féconde généralement les œufs dès que la femelle les expulse. Les têtards naissent au bout de 14 jours et restent au stade larvaire durant 70 jours avant de devenir des petites grenouilles de 11 millimètres seulement. Elles n&rsquo;adopteront leur couleur caractéristique qu’après plusieurs semaines.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<p>Comme les dendrobates, <strong>les mantelles dorées sont des grenouilles toxiques</strong>. En milieu naturel, elles tirent leur poison de leur nourriture et leur couleur vive est là pour prévenir les éventuels prédateurs des risques qu’ils prennent. En captivité, comme leur régime alimentaire est différent, les grenouilles ne sont pas ou très peu toxiques.</p>
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		<title>L&#8217;axolotl</title>
		<link>https://www.especes-menacees.fr/axolotl/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Bianchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2017 16:07:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;axolotl (Ambystoma mexicanum) est l&#8217;une des espèces les plus emblématiques du Mexique. Salamandre prisée des particuliers ou...</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr/axolotl/">L&rsquo;axolotl</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr">Espèces-menacées.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;axolotl (<em>Ambystoma mexicanum</em>) est l&rsquo;<strong>une des espèces les plus emblématiques du Mexique</strong>. Salamandre prisée des particuliers ou des laboratoires de recherche biomédicale, cette espèce ne semble pas en danger du fait des nombreuses populations captives autour du monde. Pourtant,<strong> à l&rsquo;état sauvage, l&rsquo;axolotl n&rsquo;existe plus que dans le lac Xochimilco</strong>, dont il ne reste que quelques canaux destinés à alimenter les 20 millions d&rsquo;habitants de l&rsquo;agglomération de Mexico. Depuis 2006, l&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN</a> classe l&rsquo;espèce en danger critique d&rsquo;extinction.</p>
<h2>Description physique</h2>
<p>A la fin de sa croissance, l&rsquo;axolotl mesure généralement 23 à 25 cm ; des spécimens dépassant 30 cm ont déjà été observés mais ils sont relativement rares. Son poids varie quant à lui entre 60 et 110 grammes. Cette salamandre possède une tête ronde, deux petits yeux sans paupières et une bouche large. Ses trois paires de branchies sont externes et flottent de chaque côté de sa tête ; leur coloration peut varier et traduit l&rsquo;excitation de l&rsquo;animal. Une petite nageoire part de la base de la tête et court le long de son dos. Enfin, ses pattes avant s&rsquo;achèvent par quatre doigts longs et fins alors qu&rsquo;elles en comptent cinq à l&rsquo;arrière.</p>
<p><strong>A l&rsquo;état sauvage, la peau d&rsquo;Ambystoma mexicanum est généralement sombre</strong> : elle peut être noire, brune ou grise. Des tâches dorées peuvent également orner l&rsquo;ensemble du corps. Des spécimens au corps blanc et aux yeux sombres, plus rares, ont déjà été observés. Appréciée des particuliers, <strong>la forme albinos (corps blanc, yeux rouges) n&rsquo;existe quant à elle qu&rsquo;en captivité</strong> : elle est le résultat d&rsquo;une hybridation entre un axolotl et une salamandre tigrée albinos effectuée dans un laboratoire américain dans les années 1950.</p>
<div id="attachment_8635" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-8635" class="size-full wp-image-8635" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-rose.jpg" alt="amphibien menacé" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-rose.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-rose-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-8635" class="wp-caption-text">Axolotl au corps blanc et aux yeux sombres.</p>
</div>
<p>L&rsquo;une des particularités les plus étonnantes de l&rsquo;axolotl est qu&rsquo;il est susceptible de rester à l&rsquo;état larvaire toute sa vie. Alors que la plupart des amphibiens subissent une transformation avant de passer à l&rsquo;âge adulte (perte des branchies, développement des poumons et des pattes pour se déplacer sur la terre ferme&#8230;), <strong>l&rsquo;axolotl peut ne jamais se métamorphoser</strong>. Il conserve la même apparence et continue à vivre dans l&rsquo;eau mais devient capable de se reproduire : on appelle ce phénomène la <strong>néoténie</strong>.</p>
<h2>Localisation et habitat</h2>
<p>Historiquement, <strong>les axolotls sont <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/endemique/">endémiques</a> de deux lacs d&rsquo;eau douce situés dans la vallée de Mexico</strong> : Chalco et Xochimilco. La région comptait également trois grands lacs appelés Texcoco, Zumpango et Xaltocan. Tous ont fait l&rsquo;objet de grands drainages car ils inondaient régulièrement les territoires alentours.<br />
Aujourd&rsquo;hui, Chalco a entièrement disparu et Xochimilco a été réduit à un réseau de canaux sillonnant le sud de l&rsquo;agglomération de Mexico, qui compte désormais plus de 20 millions d&rsquo;habitants. <strong>L&rsquo;habitat naturel de l&rsquo;axolotl a donc pratiquement disparu.</strong></p>
<h2>Menaces sur l&rsquo;amphibien</h2>
<p>Depuis 2006, <strong>Ambystoma mexicanum est classé en danger critique d&rsquo;extinction par l&rsquo;UICN</strong>. Son <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> est désormais réduite à moins de 10 km², les effectifs sont en chute libre, les populations sont sévèrement fragmentées et, enfin, la qualité de l&rsquo;eau dans laquelle il évolue se dégrade continuellement.</p>
<h3>Dégradation de l&rsquo;habitat naturel</h3>
<p><strong>La principale menace pesant sur Ambystoma mexicanum est la dégradation de son habitat</strong>. Celle-ci est principalement liée à l&rsquo;urbanisation, un problème déjà ancien : dès le XVIème siècle, lorsque les conquistadors espagnols construisent Mexico sur les ruines de Tenochtitlan, la capitale aztèque, ils tentent de drainer les eaux des lacs afin de limiter les inondations. Ces manœuvres n&rsquo;ont qu&rsquo;un succès limité. 1555, 1580, 1604, 1607&#8230; Autant d&rsquo;années marquées par la hausse du niveau des lacs et par des inondations toujours plus dangereuses.</p>
<p>Au fil des siècles, malgré de nombreux travaux, les incidents ne peuvent être entièrement évités. La situation devient critique au cours du XXème siècle. En 1900, l&rsquo;agglomération de Mexico compte 350 000 habitants sur une superficie de 27 km² ; un peu plus d&rsquo;un siècle plus tard, elle en compte 20 millions sur plus de 1 500 km². Pour accompagner l&rsquo;expansion fulgurante de la ville, <strong>un ultime chantier débute dès 1967. Appelé « drainage profond » (Drenaje Profundo)</strong>, il consiste à mettre en place un gigantesque réseau de plusieurs centaines de kilomètres de tunnels permettant l&rsquo;évacuation de la majeure partie des eaux des lacs. Cette opération a largement nui aux axolotls, qui y ont perdu l&rsquo;essentiel de leur habitat naturel&#8230; mais pas seulement !</p>
<div id="attachment_8636" style="width: 652px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-8636" class="size-full wp-image-8636" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/Xochimilco.jpg" alt="lac mexique" width="642" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/Xochimilco.jpg 642w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/Xochimilco-300x140.jpg 300w" sizes="(max-width: 642px) 100vw, 642px" /></p>
<p id="caption-attachment-8636" class="wp-caption-text">L&rsquo;un des canaux du lac Xochimilco.</p>
</div>
<p>En effet, l&rsquo;urbanisation a également provoqué la hausse des <strong>concentrations de métaux lourds dans Xochimilco, dernier lac abritant Ambystoma mexicanum</strong>. L&rsquo;espèce est désormais sévèrement menacée par la dégradation de la qualité de l&rsquo;eau, qui entraîne avec elle <strong>multiplication des bactéries et apparition de maladies.</strong> Autre facteur à prendre en considération : l&rsquo;introduction d&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/dossiers/10-especes-invasives-perturbent-biodiversite/">espèces invasives</a> à partir des années 1970, ce qui a largement modifié le <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/biotope/">biotope</a> de l&rsquo;axolotl. Tilapias du Nil (Oreochromis niloticus), carpes d&rsquo;Asie (Cyprinus carpio) et autres espèces à forte reproductivité ont augmenté la pression sur les faibles effectifs d&rsquo;axolotl, que ce soit par le biais de la prédation ou par celui de la compétition pour l&rsquo;accès aux ressources.</p>
<h3>Chasse et braconnage</h3>
<p><strong>Les axolotls ont longtemps été victimes de la chasse</strong>. D&rsquo;abord consommés de manière traditionnelle par les populations locales, ils ont par la suite été <strong>vendus en tant qu&rsquo;animaux de compagnie à des particuliers.</strong> Les laboratoires de recherche biomédicale se sont également intéressés à eux. En effet, <strong>l&rsquo;axolotl présente des caractéristiques tout à fait surprenantes</strong> : il est capable de régénérer des organes entiers en l&rsquo;espace de quelques mois, voire même certaines parties du cerveau, il peut restaurer un membre endommagé, il est doté d&rsquo;une très grande tolérance aux greffes&#8230; De plus, l&rsquo;espèce se reproduit très bien en captivité, ce qui en facilite l&rsquo;utilisation.</p>
<div id="attachment_8637" style="width: 360px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-8637" class="size-full wp-image-8637" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-aquarium.jpg" alt="albinos axolotl" width="350" height="243" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-aquarium.jpg 350w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-aquarium-300x208.jpg 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" /></p>
<p id="caption-attachment-8637" class="wp-caption-text">Les axolotls albinos sont très aimés comme animaux domestiques.</p>
</div>
<p>Aujourd&rsquo;hui, <strong>tous les axolotls vendus aux laboratoires ou aux animaleries proviennent de populations captives</strong> ; aucun spécimen n&rsquo;est extrait de son environnement naturel. En revanche, malgré un net recul, la consommation locale est toujours en vigueur. L&rsquo;axolotl est également un ingrédient clé de la <strong>médecine traditionnelle aztèque</strong> et est toujours utilisé par certains Mexicains. Le braconnage et le marché noir font ainsi peser une grande menace sur l&rsquo;espèce.</p>
<h2>Mesures pour la conservation de l&rsquo;espèce</h2>
<p>Selon une étude de l&rsquo;Université Nationale Autonome de Mexico (UNAM), en 1998, Xochimilco abritait environ 6 000 axolotls par kilomètre carré. Dix ans plus tard, la densité avait chuté à 100 et, en 2014, il en restait à peine un. <strong>Ambystoma mexicanum est aujourd&rsquo;hui classé sur l&rsquo;Annexe II</strong> de la <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/cites/">CITES</a>, ce qui permet de poursuivre son commerce international tout en le contrôlant étroitement.</p>
<p>La préservation de l&rsquo;espèce à l&rsquo;état sauvage est intimement liée à la <strong>restauration de son habitat naturel</strong>. En effet, pour l&rsquo;heure, la réintroduction de populations ne serait pas judicieuse : tant que les différentes menaces touchant son <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/ecosysteme/">écosystème</a> (espèces invasives, pollution, maladies&#8230;) ne peuvent être régulées, une réintroduction ne saurait aboutir à des résultats positifs. A terme, cette possibilité pourrait toutefois être envisagée puisque de très nombreuses populations captives sont répertoriées autour du monde.</p>
<p>La première étape à mettre en place est donc la <strong>sensibilisation des habitants de Mexico</strong> et la restauration, autant que possible, du Lac Xochimilco. Si cette étape n&rsquo;est pas aisée, elle montre des résultats depuis quelques années. De petites initiatives d&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/ecotourisme/">écotourisme</a> ont vu le jour sur les anciennes chinampas, des zones agricoles implantées sur de petits îlots artificiels remontant à l&rsquo;ère aztèque. Certaines d&rsquo;entre elles abritent désormais des centres de reproduction et leurs propriétaires proposent aux touristes de naviguer sur les canaux.</p>
<p>Des scientifiques jugent toutefois que des réintroductions de populations à partir des centres d&rsquo;écotourisme pourraient mettre en péril l&rsquo;avenir de l&rsquo;espèce. En effet, au-delà du fait que ces spécimens seraient plongés dans une eau polluée et qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais appris à se nourrir par eux-mêmes, ils pourraient simplement <strong>réduire le patrimoine génétique de l&rsquo;espèce à l&rsquo;état sauvage</strong>. A partir de janvier 2009, un autre projet de conservation, <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/in-situ/">in-situ</a> cette fois, a donc vu le jour. <strong>Des scientifiques et des fermiers locaux ont construit un refuge pour les axolotls à l&rsquo;aide de filtres</strong>, ce qui permettait d&rsquo;en exclure les espèces invasives et d&rsquo;y améliorer la qualité de l&rsquo;eau. Grâce à ce dernier point, des fermiers locaux ont pu être associés à l&rsquo;opération ; ceux-ci irriguent les chinampas grâce aux canaux délimitant leurs îlots et, par conséquent, peuvent se targuer d&rsquo;utiliser une eau de meilleure qualité.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-8645" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-dans-les-mains.jpg" alt="réintroduction axolotl" width="640" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-dans-les-mains.jpg 640w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2017/02/axolotl-dans-les-mains-300x141.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p>Les premiers résultats, en mai 2009, ont montré que l&rsquo;eau était significativement plus claire et que les taux d&rsquo;ammonium et de nitrates avaient respectivement diminué de 77% et de 87% dans le refuge. <strong>Sur les 12 axolotls qui y avaient été placés, 4 seulement ont pu être à nouveau capturés</strong>, mais leur poids avait en moyenne augmenté de 16%.<br />
Bien qu&rsquo;il ait pris de l&rsquo;ampleur au cours des dernières années, ce projet de conservation reste fragile. Le nombre exact et les emplacements des refuges sont gardés secrets pour éviter les vols. <strong>En 2015, en une nuit, un refuge a été pillé et 200 axolotls ont été volés</strong>, probablement pour la consommation et la médecine locales.</p>
<h2>Reproduction</h2>
<p>Du fait des faibles effectifs de l&rsquo;espèce, peu d&rsquo;études concernant le <strong>comportement d&rsquo;Ambystoma mexicanum à l&rsquo;état sauvage</strong> ont été menées. On sait cependant que les adultes se reproduisent généralement de mars à juin. Lors de la parade nuptiale, le mâle et la femelle dansent tout d&rsquo;abord en cercle, puis le mâle s&rsquo;éloigne en ondulant de la queue, invitant ainsi la femelle à le suivre. Il dépose ensuite sur des roches ou des plantes aquatiques des paquets de sperme (spermatophores). La femelle les récupère dans son cloaque pour une fertilisation interne.<br />
Environ 24 heures plus tard, elle pond en général entre <strong>100 et 300 oeufs entourés d&rsquo;une gelée protectrice</strong> et les dépose sur le substrat (roches, plantes&#8230;). Après 15 à 20 jours, les nouveau-nés éclosent et sont immédiatement indépendants.</p>
<p><strong>La maturité sexuelle de l&rsquo;axolotl</strong> est atteinte entre 12 et 18 mois. En général, l&rsquo;axolotl est peu actif le jour : il se contente de se reposer au fond de l&rsquo;eau, ses branchies flottant autour de la tête. S&rsquo;il reste à l&rsquo;état larvaire (stade néoténique) toute sa vie, il peut espérer vivre dix à douze ans. Il arrive toutefois qu&rsquo;il se métamorphose et passe à l&rsquo;âge adulte. Ce comportement est le résultat d&rsquo;un stress lié à l&rsquo;assèchement de son environnement : le manque d&rsquo;eau le pousse à utiliser ses poumons davantage que ses branchies et, ainsi, en quelques semaines, il quitte son état larvaire. S&rsquo;il survit au processus, ce qui n&rsquo;est pas toujours le cas, son espérance de vie est nettement réduite et est estimée à 5 ans.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<p>« Axolotl » vient du Nahuatl, la langue des Aztèques, aujourd&rsquo;hui langue amérindienne la plus parlée au Mexique, et signifie littéralement « monstre d&rsquo;eau ». En effet, « Xolotl » signifie « monstre » et était le frère jumeau de Quetzalcoatl, l&rsquo;une des principales divinités de la mythologie aztèque, alors que « atl » signifie « eau ».</p>
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		<title>La grenouille lémur arboricole &#8211; Agalychnis Lemur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julien Bianchi]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 May 2016 09:51:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Agalychnis Lemur, anciennement appelée Hylomantis Lemur, est une petite grenouille d&#8217;Amérique centrale. Son déclin est récent :...</p>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr/agalychnis-lemur-grenouille-lemur-arboricole/">La grenouille lémur arboricole &#8211; Agalychnis Lemur</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr">Espèces-menacées.fr</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Agalychnis Lemur</strong>, anciennement appelée <strong>Hylomantis Lemur</strong>, est une petite grenouille d&rsquo;Amérique centrale. Son déclin est récent : au début des années 2000, l&rsquo;espèce était commune au Costa Rica et au Panama, puis sa population a chuté de 80% en l&rsquo;espace d&rsquo;une décennie. La <strong>grenouille lémur arboricole</strong> est en fait l&rsquo;une des nombreuses espèces victimes de la <strong>chytridiomycosis</strong>, maladie <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/fongique/">fongique </a>qui ravage les populations de batraciens depuis près de 20 ans.</p>
<h2>Description de cette grenouille sauvage menacée</h2>
<p><strong>Agalychnis Lemur</strong> est une grenouille arboricole nocturne. L&rsquo;espèce fait l&rsquo;objet d&rsquo;un <a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/dimorphisme/">dimorphisme sexuel</a> prononcé : la taille des mâles oscille de 30 à 41 millimètres de long pour 10 à 15 millimètres de large, alors que les femelles mesurent 39 à 53 millimètres de long pour 15 à 20 millimètres de large. Le poids varie également en fonction du sexe, puisque les femelles peuvent atteindre 4 grammes alors que les mâles avoisinent 2 grammes.<br />
La tête de la <strong>grenouille lémur arboricole </strong>est aussi longue que large, avec de grands yeux très caractéristiques : globuleux, d&rsquo;un gris argenté cerclé de noir et dotés d&rsquo;une pupille verticale, ils permettent l&rsquo;identification rapide de l&rsquo;espèce. Cette grenouille semble très fragile, avec des membres très fins. Ce manque de musculature au niveau des pattes est directement lié à son mode de déplacement. Plutôt que d&rsquo;utiliser ses pattes arrières pour faire des bonds, <strong>Agalychnis Lemur</strong> marche lentement. L&rsquo;appellation de l&rsquo;espèce trouve justement son origine dans ce comportement, qui rappelle celui des <strong>lémuriens</strong>. Ainsi, le saut n&rsquo;est utilisé qu&rsquo;en cas d&rsquo;urgence, pour fuir un prédateur. Leurs doigts ne sont par ailleurs pas palmés mais sont tous terminés par une sorte de disque.</p>
<p>La couleur de la <strong>grenouille lémur</strong> change en fonction de son activité et de son environnement. La journée, en période de repos, la peau de la grenouille est d&rsquo;un vert brillant, recouvert d&rsquo;une quantité variable de petits points noirs, avec des flancs tirant sur le jaune oranger. Cette peau semble par ailleurs lisse et douce, mais elle est en fait granuleuse, rêche. La nuit, <strong>Agalychnis Lemur</strong> change de couleur : le vert devient nettement plus sombre, parfois presque marron, ce qui lui confère un camouflage très efficace pour chasser. Les grandes iris argentées de cette grenouille s&rsquo;assombrissent également jusqu&rsquo;au marron ou au pourpre. La peau ventrale reste, quant à elle, toujours blanche.</p>
<h2>Localisation et habitat</h2>
<div id="attachment_4690" style="width: 610px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-4690" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/aire-de-répartition-grenouille-lemur.gif" alt="carte costa rica panama" width="600" height="286" class="size-full wp-image-4690" /></p>
<p id="caption-attachment-4690" class="wp-caption-text">L’espèce, considérée comme commune au Costa Rica il y a à peine quelques années, a maintenant presque entièrement disparu. En noir, les zones où on peut encore l&rsquo;apercevoir à l&rsquo;état sauvage</p>
</div>
<p>L&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/definition/aire-de-repartition/">aire de répartition</a> d&rsquo;origine d&rsquo;Agalychnis Lemur recouvrait le<strong> Costa Rica</strong> dans toute sa longueur, ainsi que certaines réserves naturelles du<strong> Panama</strong> et la frontière nord de la <strong>Colombie</strong>. L&rsquo;espèce, considérée comme commune au Costa Rica il y a à peine quelques années, a maintenant presque entièrement disparu : elle n&rsquo;est plus recensée que sur trois sites. Au Panama, la <strong>grenouille lémur arboricole</strong> ne se porte pas mieux puisqu&rsquo;elle est seulement visible sur deux sites. Les spécimens observés présentent toutefois de légères différences. Ils semblent plus imposants, l&rsquo;anneau noir autour de l&rsquo;iris est plus fin, leur dos est un peu plus tacheté. Des études génétiques suggèrent même qu&rsquo;il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;une espèce différente. Les scientifiques sont donc prudents quant à ces spécimens, qui méritent probablement une attention toute particulière.<br />
L&rsquo;espèce vit dans les forêts vierges se trouvant entre 450 à 1600 mètres d&rsquo;altitude. Elle a besoin d&rsquo;un environnement humide et évolue donc sur les feuilles surplombant de petits points d&rsquo;eau. Elle n&rsquo;en descend que pour s&rsquo;hydrater ou, plus rarement, pour trouver une proie. Peu à l&rsquo;aise au sol,<strong> Agalychnis Lemur</strong> ne s&rsquo;attarde pas : elle remonte dès que possible dans les hauteurs. Ce <strong>batracien</strong> est par ailleurs une espèce territoriale, ce qui donne parfois lieu à des confrontations entre mâles. Les spécimens s&rsquo;agrippent alors et tentent alors de faire chuter leur adversaire de leur branche.<br />
Durant la journée, la <strong>grenouille</strong> se fixe sous une feuille, membres étroitement collés au corps. Sa couleur verte et son immobilité lui permettent de se camoufler parfaitement dans la végétation. Lorsque l&rsquo;obscurité gagne la forêt, elle s&rsquo;active, se déplace sur les plus petites branches ou feuilles pour chasser. Son régime alimentaire est constitué de petits invertébrés (insectes, araignées&#8230;).</p>
<h2>Les menaces qui pèsent sur Agalychnis Lemur</h2>
<div id="attachment_4679" style="width: 230px" class="wp-caption alignright"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-4679" class="size-full wp-image-4679" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/ventre-grenouille-lemur.jpg" alt="Agalychnis Lemur" width="220" height="400" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/ventre-grenouille-lemur.jpg 220w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/ventre-grenouille-lemur-165x300.jpg 165w" sizes="(max-width: 220px) 100vw, 220px" /></p>
<p id="caption-attachment-4679" class="wp-caption-text">La grenouille Lemur arboricole vu de dessous.</p>
</div>
<p>Autrefois répandue en Amérique centrale, la <strong>grenouille lémur arboricole</strong> est désormais en <strong>danger critique d&rsquo;extinction</strong>. Si son déclin fulgurant a longtemps été attribué à l&rsquo;activité de l&rsquo;Homme, des études plus récentes montrent qu&rsquo;il est à mettre au crédit d&rsquo;une maladie fongique.</p>
<h3>La chytridiomycosis</h3>
<p>La <strong>chytridiomycosis</strong> est une maladie infectieuse provoquée par un champignon aquatique, <strong>Batrachochytrium dendrobatidis</strong>. Pourtant connue des scientifiques, à partir de 1998, elle s&rsquo;est très largement répandue depuis l&rsquo;Australie jusqu&rsquo;à contaminer tous les continents. La situation a alors dégénéré et, en 2004, plus de 30 % des espèces de batraciens du monde étaient contaminées. Des hécatombes d&rsquo;amphibiens ont été recensées dans de nombreux pays : la chytridiomycosis peut atteindre un taux de létalité de 100 %.<br />
Durant plusieurs années, les experts ont cru qu&rsquo;<strong>Agalychnis Lemur</strong> était immunisé contre la chytridiomycosis. Cependant, en 2003, la grenouille disparaît brutalement du Parc National Santa Fe, au Panama. La même année, la maladie est identifiée dans le parc et de nombreuses espèces s&rsquo;éteignent. De nouvelles études sont alors menées. En 2006, il est démontré que la <strong>grenouille lémur arboricole</strong> est effectivement l&rsquo;une des espèces locales les plus résistantes à la maladie : elle inhibe naturellement 15 % de la croissance des agents pathogènes. Malheureusement, cette résistance est loin de constituer une immunité. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;essentiel du déclin d&rsquo;<strong>Agalychnis Lemur</strong> est attribué à la chytridiomycosis.</p>
<h3>La déforestation</h3>
<p>Le <strong>Costa Rica</strong> a connu un très fort épisode de <strong>déforestation</strong> dans la seconde moitié du XXème siècle. Alors qu&rsquo;en 1950, les forêts recouvraient 75 % du pays, ce taux est tombé à 26 % en 1985. Cette situation s&rsquo;explique notamment par la croissance de la population et le développement important de l&rsquo;élevage, et a mis en péril de très nombreuses espèces. Aujourd&rsquo;hui, cependant, le Costa Rica a revu sa politique en profondeur : le pays se positionne comme un précurseur dans la protection de l&rsquo;environnement, tire parti de l&rsquo;<strong>écotourisme</strong> et protège de manière très stricte son territoire. Si la déforestation fut un danger pour l&rsquo;espèce au cours des dernières années, ce n&rsquo;est plus le cas aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="alignleft size-full wp-image-4680" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/Agalychnis-Lemur.jpg" alt="grenouille lemur" width="300" height="238" /></p>
<h3>Réchauffement climatique</h3>
<p>L&rsquo;<strong>Amérique centrale</strong> est l&rsquo;une des régions du monde les plus vulnérables au <strong>réchauffement climatique</strong>. Le phénomène influence fortement la régularité des pluies, les périodes de sécheresse, l&rsquo;apparition d&rsquo;ouragans. Il impacte donc toute la faune et la flore locales.<br />
L&rsquo;augmentation de la température atmosphérique est plus facilement visible en altitude, où réside la grenouille. En quelques décennies, plusieurs degrés ont été gagnés, entraînant de fait un déplacement des aires de répartition de nombreuses espèces. La faune et la flore de basse altitude grimpe de quelques mètres chaque décennie, envahissant progressivement les espèces de plus haute altitude. La <strong>grenouille lémur arboricole</strong>, qui vit entre 450 mètres et 1 600 mètres au-dessus de la mer, est directement concernée.</p>
<h2>Conservation de la grenouille lémur arboricole</h2>
<p><strong>Agalychnis Lemur</strong> est classé en danger critique d&rsquo;extinction par l&rsquo;<a href="http://www.especes-menacees.fr/uicn-141204/">UICN </a>depuis 2004 et tout le genre Analychnis est placé sur l&rsquo;annexe II de la CITES. Au Costa Rica et au Panama, son aire de répartition est presque entièrement située à l&rsquo;intérieur de réserves naturelles.<br />
En 2001, un premier programme de reproduction,<strong> « project lemur frog »,</strong> a vu le jour grâce aux actions combinées du <strong>zoo de Bristol</strong> et du <strong>Museum de Manchester</strong>, en Angleterre, et du <strong>parc zoologique d&rsquo;Atlanta, </strong>aux Etats-Unis. L&rsquo;opération a été un grand succès et est considérée comme un modèle du genre : des centaines d’œufs et de têtards ont été envoyés à travers le monde entier, où ils se reproduisent à leur tour dans un milieu favorable. Au total, quinze pays différents ont profité de l&rsquo;initiative du zoo d&rsquo;Atlanta. Au Panama, le <strong>Centre de Conservation des Amphibiens d&rsquo;El Valle</strong> a également participé au projet : une autre population captive a elle aussi permis de très nombreuses réintroductions d’œufs et têtards.<br />
Des tentatives de <strong>conservation in-situ</strong> ont également été mises en place en 2003. Au coeur de la réserve du <strong>Centre de Recherche des Amphibiens du Costa Rica </strong>(CRARC), des points d&rsquo;eau artificiels ont été créés afin de faciliter la reproduction de l&rsquo;espèce à l&rsquo;état sauvage. A l&rsquo;intérieur de ces petits étangs d&rsquo;un à deux mètres de diamètre, les experts ont placés de petits tubes de plastique contenant entre 25 et 50 têtards. Un an plus tard, des adultes matures ont été observés autour de ces sites. Là encore, le résultat est plus que probant : certains individus ont même été recensés hors de la réserve. La population d&rsquo;<strong>Agalychnis Lemur</strong> n&rsquo;est évidemment pas revenue à son plus haut niveau, mais les résultats sont encourageants.<br />
On estime que plusieurs particuliers possèdent un spécimen de <strong>grenouille lémur arboricole </strong>dans le monde. L&rsquo;espèce ne fait cependant pas l&rsquo;objet d&rsquo;un véritable marché noir : elle est avant tout destinée à un public de spécialistes.</p>
<p><img decoding="async" loading="lazy" class="aligncenter size-full wp-image-4681" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/grenouille-lemur-arboricole.jpg" alt="Hylomantis Lemur" width="600" height="300" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/grenouille-lemur-arboricole.jpg 600w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2016/05/grenouille-lemur-arboricole-300x150.jpg 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<h2>Reproduction de l&rsquo;amphibien sauvage</h2>
<p>La période de reproduction commence début avril et s&rsquo;achève en juillet, ce qui correspond au début de la saison des pluies. <strong>Agalychnis Lemur</strong> étant une espèce nocturne, la reproduction a lieu de nuit. Le mâle « chante » depuis son perchoir, attirant ainsi les femelles. Après l&rsquo;accouplement, les oeufs sont déposés par groupe de 15 à 30 à la surface d&rsquo;une feuille surplombant un petit point d&rsquo;eau, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un étang ou d&rsquo;un cours d&rsquo;eau à très faible courant. Contrairement à beaucoup de grenouilles arboricoles, la <strong>grenouille lémur arboricole</strong> n&rsquo;enroule pas la feuille autour de sa ponte.<br />
Les oeufs mesurent environ 3 millimètres de diamètre et sont recouverts d&rsquo;une substance gélatineuse transparente : celle-ci permet de les garder agglutinés et collés à la feuille. Ils sont d&rsquo;un vert tirant sur le bleu mais, alors qu&rsquo;ils se développent, la couleur tend vers le marron. Une à deux semaines après la ponte, les embryons éclosent. Les têtards tombent alors dans le point d&rsquo;eau grâce aux pluies tropicales. Ils y restent entre 70 et 150 jours, puis se métamorphosent en grenouilles juvéniles. Ces dernières ressemblent beaucoup à la forme adulte de l&rsquo;espèce : la seule différence notable provient des flancs, qui passeront au jaune-oranger en vieillissant. A l&rsquo;âge d&rsquo;un an environ, <strong>Agalychnis Lemur</strong> atteint sa maturité sexuelle. La durée de vie de l&rsquo;espèce est inconnue à l&rsquo;état sauvage mais, en captivité, certains spécimens ont été conservés plus de cinq ans.</p>
<h2>En savoir plus</h2>
<p>La journée, durant ses longues heures de repos, la <strong>grenouille lémur arboricole</strong> est capable de rester au soleil durant de longues heures sans se rafraîchir. Sa peau est en fait remarquable : elle réfléchit en partie les rayons du soleil, ce qui permet de maîtriser la température de l&rsquo;organisme. Il est possible que cette faculté explique partiellement sa résistance naturelle à la chytridiomycosis, ce champignon ayant besoin d&rsquo;eau pour se développer. Mieux encore, malgré le peu d&rsquo;études dont elle a été l&rsquo;objet, les scientifiques savent déjà que cette grenouille sécrète des éléments chimiques qui pourraient avoir effet direct sur les cellules cancéreuses ou le diabète de l&rsquo;Homme. Une raison de plus de protéger l&rsquo;espèce de l&rsquo;extinction.</p>
<div class="auteur">par Benoit Goniak</div>
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		<title>La petite grenouille rouge du Yapacana</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Geoffrey Bourgain]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2015 21:21:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amphibiens]]></category>
		<category><![CDATA[Carrousel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Présentation de la grenouille en danger C’est en 1971 que la petite grenouille rouge du Yapacana a...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2>Présentation de la grenouille en danger</h2>
<p>C’est en 1971 que la petite grenouille rouge du Yapacana a été découverte pour la première fois au sud du Venezuela. « Minyobates steyermarki », de son nom scientifique, a été nommée ainsi en l’honneur du  docteur <strong>Julian Steyermark</strong> qui a découvert l’espèce.<br />
Malheureusement, notre amphibien est inscrit depuis 2004 dans la catégorie « <strong>en danger critique d’extinction</strong> » par l’IUCN. En effet, depuis quelques années, les effectifs de l’espèce sont en baisse. </p>
<p>C’est une espèce essentiellement terrestre. Elle se trouve dans les <strong>zones boisées où la mousse rocheuse est abondante</strong>. Elle se nourrit majoritairement de petits invertébrés. De la famille des « <strong>dendrobatidae </strong>», cette grenouille est la seule espèce du genre « Minyobates ».</p>
<p>La « grenouille au poison démoniaque », comme pourrait se traduire son nom anglais « the demonic poison frog », est petite de taille (environ 16 mm). Les mâles sont généralement plus petits que les femelles. Leur peau est légèrement granulée sur la gorge et les flancs mais lisse ailleurs. La surface dorsale de la grenouille est dotée d’un<strong> rouge vif, terne ou brun rougeâtre</strong>. Souvent, cette dernière est parsemée de petites tâches noires.<br />
La couleur de sa peau est brillante, ce qui la différencie des autres espèces d’amphibien. De toutes les grenouilles, c’est l’une des plus colorées.</p>
<h2>Localisation de la petite grenouille rouge </h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2015/08/carte-du-venezuela.jpg" alt="Carte de répartition de la grenouille rouge du Yapacana" width="350" height="285" class="alignright size-full wp-image-2654" srcset="https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2015/08/carte-du-venezuela.jpg 350w, https://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2015/08/carte-du-venezuela-300x244.jpg 300w" sizes="(max-width: 350px) 100vw, 350px" />La petite grenouille rouge du Yapacana a été découverte au sud du Venezuela, dans le <strong>parc national du Cerro Yapacana</strong>, non loin de la rivière Orinoco, dans l’Etat d’Amazonas.<br />
Présente dans les zones humides à des altitudes de 600 à 1300 mètres, <strong>son habitat naturel est constitué d’arbres d’environ 8 à 10 mètres de haut et de rochers</strong>. Son <a href="/definition/aire-de-repartition" target="_blank" rel="noopener">aire de répartition</a> est très faible et constitue la principale menace de l’espèce.</p>
<h2>Menaces qui pèsent sur Minyobates steyermarki</h2>
<p>L’IUCN considère minyobates steyermarki comme en « danger critique d’extinction » car son <strong>habitat est inférieur à 10 km²</strong>. Ce qui lui laisse peu d’espace pour se reproduire.<br />
Nous n’avons pas de chiffre exact quant à l’effectif total de l’espèce, mais nous savons que la population est en déclin. Mais quelles en sont les causes ?</p>
<p>L’une des menaces principales est la <strong>collecte de certains spécimens</strong> par les collectionneurs et les scientifiques. En effet, <strong>la toxicité, la couleur et la rareté de la grenouille rouge du Yapacana</strong> rend l’amphibien précieux. Malgré son inscription sur l’<strong>Annexe II de la CITES</strong>, il est encore d’actualité de voir ce genre de pratique. </p>
<p>D’autres menaces peuvent être citées, telles que l’exploitation de mines d’or présentes sur le territoire de la grenouille et des incendies de forêt qui peuvent s’avérer dévastateur.</p>
<h2>Efforts de conservation</h2>
<div id="attachment_2648" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" loading="lazy" aria-describedby="caption-attachment-2648" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2015/08/Cerro-Yapacana.png" alt="habitat de la grenouille" width="300" height="224" class="size-full wp-image-2648" /></p>
<p id="caption-attachment-2648" class="wp-caption-text">Le Cerro Yapacana</p>
</div>
<p>Malheureusement, il y a peu de mesures de sauvegarde pour Minyobates steyermarki. Cependant, le Cerro Yapacana, qui a donné son nom au parc national et à notre grenouille, est un monument naturel très surveillé au Venezuela.</p>
<p>Comme indiqué plus haut, cet amphibien est protégé par l’Annexe II de la CITES, ce qui signifie que sa commercialisation est règlementée. Son inscription sur la liste rouge de l’IUCN, lui permet aussi de jouir d’une surveillance particulière même si les dernières publications et études à son sujet remontent à 2004.</p>
<h2>Reproduction de la grenouille du Yapacana</h2>
<p>Peu d’informations ont été recueillies sur le système de reproduction de la grenouille. Néanmoins, on sait que celle-ci a lieu dans l’eau. Les œufs sont pondus dans<strong> les broméliacées</strong> (une famille de plantes <a href="/definition/endemique" target="_blank" rel="noopener">endémiques</a> des régions tropicales d’Amérique). La ponte varie de<strong> trois à neufs œufs</strong> qui éclosent généralement à partir du 10ème jour, lorsque les larves atteignent environ 8 à 10 millimètres de longueur. Les têtards naissent noirs et vont mettre dans les sept semaines pour se transformer en grenouille adulte et prendre une belle couleur rouge d’où l’espèce tire son nom.</p>
<h2>En savoir plus sur cette grenouille vénimeuse</h2>
<p><img decoding="async" loading="lazy" src="http://www.especes-menacees.fr/wp-content/uploads/2015/08/grenouille-rouge.png" alt="grenouille au poison demoniaque" width="300" height="237" class="alignright size-full wp-image-2650" /></p>
<p>Nous avons souvent entendu dire que les couleurs vives sur les animaux signifiaient un danger pour l’être humain. C’est vrai et c’est d’autant plus justifié avec notre grenouille menacée. Selon les chercheurs, la peau toxique de cette grenouille servait autrefois aux indiens. En effet, ils l’utilisaient comme <strong>poison sur les petites fléchettes de leur sarbacane</strong> ou encore sur les flèches de leur arc. Ce dernier affecte mortellement le système nerveux ce qui ne laisse aucune chance à la personne qui a été mise en contact avec le poison. D’où son nom anglais : « <strong>demonic poison frog</strong> ».</p>
<p>« Minyobates steyermarki » fait ainsi partie d’une des familles de grenouilles les plus toxiques au monde. Si vous en croisez une, faites très attention !</p>
<div class="auteur">par Geoffrey Bourgain</div>
<p>L’article <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr/grenouille-rouge-du-yapacana/">La petite grenouille rouge du Yapacana</a> est apparu en premier sur <a rel="nofollow" href="https://www.especes-menacees.fr">Espèces-menacées.fr</a>.</p>
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