2026 ne sera pas n’importe quelle année pour regarder le ciel. L'Espagne connaîtra la première éclipse totale de Soleil visible depuis la péninsule depuis plus d'un siècle, la visite rapprochée d'une comète et plusieurs pluies de météores dans de bonnes conditions d'observation, selon le calendrier astronomique préparé par l'Institut d'Astrophysique des Îles Canaries et le Musée de la Science et du Cosmos.
Et qu’est-ce que cela signifie concrètement pour ceux qui observent depuis une terrasse dans la ville ou depuis une ville d’Espagne vidée ? Bref, plusieurs périodes de l'année où le jour se transformera en un étrange crépuscule, la Voie Lactée se remplira de traces de météores et la Lune changera d'apparence plus que d'habitude.
L'éclipse du 12 août, le grand protagoniste
Le mercredi 12 août 2026, au coucher du soleil, la Lune recouvrira complètement le disque solaire d'une bande qui traversera la péninsule d'ouest en est, de La Corogne à Palma. Il s'agira d'une éclipse totale dans une grande partie de la moitié nord et partielle dans le reste du pays, y compris aux îles Canaries, où le Soleil sera couvert à environ soixante-dix pour cent.
Lors d'une éclipse totale, le diamètre apparent de la Lune est légèrement plus grand que celui du Soleil et la lumière directe est bloquée, de sorte que le jour s'assombrit comme s'il s'agissait d'un profond crépuscule. Le maximum du phénomène se produira au-dessus de l'Atlantique Nord, près de l'Islande, où la totalité durera un peu plus de deux minutes. Dans des villes espagnoles comme La Corogne ou Oviedo, la phase totale durera entre une et presque deux minutes, avec le soleil très bas sur l'horizon ouest.
L'Espagne est située au bout du chemin de l'ombre, il sera donc indispensable de rechercher des endroits avec un horizon dégagé à l'ouest, sans montagnes ni bâtiments qui bloquent le soleil. Les autorités scientifiques rappellent qu'on ne peut regarder le Soleil qu'avec des filtres homologués et que ses yeux doivent être protégés même lorsque la surface solaire est fortement recouverte.
Comète C/2025 R3 et pluies de météores
L’autre grand visiteur de l’année sera la comète C/2025 R3. L'IAC souligne que ce corps glacé atteindra son point le plus proche du Soleil le 20 avril et passera à la distance minimale de la Terre le 27 avril, devenant ainsi un objectif prioritaire pour les astronomes et les amateurs. Les calculs actuels suggèrent qu'il pourrait être vu avec des jumelles et peut-être, s'il se comporte mieux que prévu et que le ciel est sombre, même à l'œil nu.
Les pluies de météores maintiendront leurs dates habituelles. Les Perséides atteindront leur maximum précisément dans la nuit du 12 août, quelques heures après l'éclipse, et les Géminides le 13 décembre. Dans les deux cas, le calendrier IAC prévoit de bonnes conditions de visibilité, ce qui n'arrive pas toujours lorsque la Lune est très brillante.
L'année s'ouvrira avec les Quadrantides début janvier, même si cette fois leur observation sera plus compliquée, car elles coïncident avec la pleine Lune et le ciel sera beaucoup plus lumineux.
Lunes spéciales, planètes lumineuses et rythmes de la Terre
L’agenda 2026 réserve également plusieurs moments curieux aux amoureux de la Lune. Le 31 mai, il y aura ce qu’on appelle la « Lune bleue », c’est-à-dire la deuxième pleine lune du même mois. Le 15 juin arrivera la « Lune Noire », nom que l’IAC utilise pour le mois au cours duquel la plus petite lune de l’année est enregistrée. Et le 24 décembre, le calendrier se clôturera avec une super lune du réveillon de Noël, la plus grande pleine lune de 2026.
En mécanique céleste, l'année commencera avec la Terre à son point le plus proche du Soleil, le périhélie du 4 janvier, soit à environ cent quarante-sept millions de kilomètres. L'aphélie aura lieu le 6 juillet, lorsque nous serons à environ cent cinquante-deux millions de kilomètres. Les équinoxes de mars et septembre et les solstices de juin et décembre marqueront, comme toujours, les changements de saison.
Parmi les planètes, Jupiter atteindra son opposition le 10 janvier, Saturne le 4 octobre et Uranus le 25 novembre. Une conjonction notable entre Saturne et Neptune est également prévue le 20 février, ainsi que plusieurs alignements matinaux et nocturnes de Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne en mars, mai, août et novembre.
Ciel sombre, satellites et défi de protéger la nuit
Le calendrier IAC est accompagné d'une image saisissante de la comète Lemmon prise depuis l'Observatoire du Teide. Non seulement la longue queue de la comète y apparaît. Vous pouvez également voir un réseau de plus de mille traces de lumière qui correspondent à des satellites artificiels, conséquence directe des plus de treize mille navires qui orbitent déjà autour de la Terre.
Pour les astronomes, professionnels et amateurs, cet enchevêtrement rappelle que la qualité du ciel nocturne est une ressource limitée. La pollution lumineuse dans les villes et la prolifération des satellites affectent à la fois l’observation scientifique et la simple habitude de sortir au balcon pour observer les étoiles. C'est pour cette raison que les observatoires des îles Canaries insistent sur l'importance de préserver l'obscurité naturelle des nuits et de protéger les quelques cieux véritablement propres qui restent.
En 2026, chaque éclipse, comète ou pluie de météores sera aussi l’occasion de parler de tout cela. Sur la manière dont nous voulons éclairer nos rues, sur le tourisme que nous promouvons et si nous continuons à considérer le ciel nocturne comme faisant partie du patrimoine qui mérite d'être entretenu.
Le calendrier astronomique et le communiqué de presse officiel avec toutes ces données ont été publiés par l'Institut d'Astrophysique des Îles Canaries et peuvent être consultés dans leur intégralité sur le site de l'IAC.





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