Les écologistes dénoncent l’abandon des sentiers de bétail et des voies publiques en Espagne, dans un avertissement qui associe des chiffres forts à une accusation directe : le manque d’action institutionnelle accélère la disparition de l’un des biens publics les plus étendus – et oubliés – du territoire.
Le diagnostic n’est pas nouveau, mais il est plus urgent que jamais. Des décennies après l'approbation de la législation de base, des milliers de kilomètres restent sans protection adéquate, tandis que d'autres sont dégradés, occupés ou disparaissent sans aucune réponse administrative.
Les écologistes dénoncent l'abandon des sentiers de bétail et des voies publiques en Espagne
Les écologistes dénoncent l'abandon des sentiers de bétail et des voies publiques en Espagne alors que des milliers de kilomètres disparaissent sans contrôle.
Un patrimoine public qui se perd kilomètre après kilomètre
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En Espagne, 40 000 kilomètres de routes à bétail ont déjà été perdues, un réseau historique qui devrait servir non seulement de corridor écologique, mais aussi d'infrastructure publique pour le transport, la biodiversité et l'utilisation sociale du territoire.
Il existe aujourd'hui au moins 112 556 kilomètres classés, même si des inventaires indépendants portent ce chiffre à plus de 138 000 kilomètres, ce qui reflète un manque de réel contrôle sur son état.
Trente ans de droit… et presque aucun progrès
Malgré l’existence d’un cadre juridique depuis trois décennies, le développement est pratiquement inexistant :
- Seulement 17 % des routes ont été balisées.
- Seuls 1,3 % sont correctement marqués.
- Environ 20 % restent non classés.
En termes réels, le système n’a guère progressé au cours des dix dernières années.
Communautés autonomes : entre passivité et régression
La critique ne se limite pas à l’inaction. Dans certains territoires, des organisations dénoncent un revers juridique :
À Madrid, des propositions visant à faciliter le développement urbain sur ces routes et à Castille-La Manche, des lois autorisant la chasse dans les zones traditionnellement protégées. Des mesures qui, selon les écologistes, affaiblissent encore davantage leur protection.
La voie publique : l'autre réseau invisible
Le problème ne concerne pas uniquement les itinéraires de bétail. La voirie publique, dont la gestion dépend des municipalités, présente une situation similaire, voire pire.
De nombreuses municipalités ne disposent pas d’inventaires à jour, alors qu’ils constituent des outils essentiels pour :
- Évitez les occupations illégales.
- Garantir l’accès au quartier.
- Protégez le domaine public.
Sans inventaire, il n’y a pas de défense.
Un système clé pour le territoire… ignoré
Les sentiers de bétail et les voies publiques remplissent des fonctions essentielles :
- Ils connectent les écosystèmes.
- Ils facilitent l’usage social du territoire.
- Ils préservent les couloirs historiques.
Mais leur dégradation les transforme en espaces invisibles au sein de la planification publique.
Un réseau national qui arrive avec 30 ans de retard
Parmi les principales revendications figure la création effective du Réseau National de Routes d'Élevage, un projet avec des décennies de retard et qui devrait intégrer plus de 11 000 kilomètres de routes stratégiques. Son absence rend difficile toute gestion coordonnée au niveau de l’État.
Plus de 45 actions pour rendre visible le problème
Le 22 mars prochain, la Journée des sentiers de bétail et des voies publiques rassemblera plus de 45 activités dans 25 provinces, avec un objectif clair : rendre visible un problème structurel qui reste sans réponse.
Ils ne disparaissent pas soudainement. Ils disparaissent petit à petit. Un tronçon chargé. Un autre non marqué. Encore un oublié. Et quand personne ne les défend, elles cessent d’être des routes. Et ils deviennent un territoire perdu.
L'article Les écologistes dénoncent l'abandon des sentiers de bétail et des voies publiques en raison de l'inaction administrative a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.




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