Ce mercredi, la côte belge a vécu une de ces scènes qui semblent tout droit sorties d'un documentaire. Un béluga (également appelé « baleine blanche ») a été aperçu au large de Blankenberge, une observation très rare en mer du Nord car cette espèce est originaire de l'Arctique.
Le plus important désormais n’est pas seulement la surprise, mais aussi la manière dont elle est gérée. Les biologistes demandent du calme, de la distance et de la tête, car un animal hors de sa zone naturelle peut dépenser beaucoup d'énergie s'il est poursuivi avec des drones ou des bateaux.
Une rencontre très rare
L'observation a eu lieu mercredi matin, vers 11h45, alors que plusieurs personnes comptaient les oiseaux marins. Soudain, ils ont aperçu le cétacé près de la réserve naturelle De Fonteintjes, à la frontière entre Zeebrugge et Blankenberge.
Pour les experts, les données pertinentes sont rares. Le biologiste Jan Haelters, de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (KBIN), confirme qu'il est très inhabituel de voir un béluga sur cette côte.
Derrière cette phrase, il y a un contexte. Dans les études compilant des enregistrements dans le sud de la mer du Nord, les bélugas apparaissent comme des visiteurs occasionnels, avec une série d'observations bien documentées en mars 1984 et un autre enregistrement ultérieur en novembre 1989.
La même copie ?
L'histoire ne commence pas en Belgique. À la mi-janvier, un béluga a été observé au large de Callantsoog et Julianadorp, dans la province néerlandaise de Noord-Holland, puis à nouveau plus au sud.
La question est donc inévitable. Cette même copie est-elle parvenue à Blankenberge ? SOS Dolfijn pense que cela pourrait être le cas et souligne un détail bien précis, les cicatrices visibles sur les images prises dans les deux pays.
Le mouvement exact de l'animal est difficile à prévoir. Haelters voit même la possibilité qu'il pénètre dans l'estuaire de l'Escaut occidental, ce qui s'est déjà produit avec des bélugas dans d'autres régions, où ils profitent des baies et des estuaires.
Une curiosité qui stresse
Lorsqu’un tel animal apparaît, la tentation de s’approcher est énorme. Aux Pays-Bas, il y avait déjà un « beloegahype » et SOS Dolfijn a expressément demandé que le harcèlement avec des drones, des bateaux et des vols à basse altitude soit évité.
Son message est facile à comprendre, même sans être un expert. Si le béluga doit se retourner encore et encore pour s’échapper, il gaspille de l’énergie et perd du temps pour se nourrir. « Regardez ce moment unique uniquement depuis la plage », a demandé l'entité, précisément pour ne pas la mettre inutilement en danger.
Et ici, il convient de rappeler un autre détail. La NOAA elle-même inclut le harcèlement humain parmi les menaces qui pèsent sur les bélugas, au même titre que le bruit sous-marin, les polluants ou les conditions climatiques changeantes.
Ce qu'il révèle sur la mer
Un béluga déplacé n’est pas, en soi, une preuve de quoi que ce soit. Il peut s'agir d'un animal désorienté, qui suit la nourriture, ou simplement d'un « voyageur » occasionnel. En janvier, le biologiste Jeroen Hoekendijk (SOS Dolfijn) expliquait que son impression était que l'animal nageait là où il trouvait de la nourriture et qu'il ne voyait aucun signe clair de mauvais état.
Pourtant, ces types d’épisodes rappellent à quel point la vie marine est sensible à ce qui se passe sous la surface. Les bélugas dépendent fortement du son pour communiquer et s’orienter (on les appelle « canaris des mers » pour une bonne raison) et l’augmentation du bruit dans l’océan complique ce monde invisible.
En conservation, il existe également des nuances importantes. L'UICN considère le béluga comme étant « la moins préoccupante » à l'échelle mondiale, mais plusieurs populations sont dans un état délicat et la sous-population de Cook Inlet (Alaska) est gérée comme menacée aux États-Unis.
Que faire si vous la voyez
Si le béluga réapparaît, la règle d’or est simple. Regardez de loin, ne la poursuivez pas et n'essayez pas de « l'aider » par vous-même, même si cela semble être une bonne idée sur le moment. Ce n'est pas.
En Belgique, le portail Marinemammals.be (lié à l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique) rappelle les mesures à prendre face à des mammifères marins échoués ou en détresse. Pour les phoques vivants sur la plage, il est recommandé d'avertir SeaLife Blankenberge (050/42 43 00) et, si nécessaire, la police ou les pompiers.
S'il s'agit d'un dauphin ou d'un marsouin mort ou en difficulté, ou d'un grand cétacé sur la plage, il est conseillé de contacter l'IRSNB/OD Nature d'Ostende (059/70 01 31) ou d'écrire à [email protected], en complément des services locaux et, dans les cas importants, du MRCC d'Ostende (059/255 440).
Les informations officielles sur la manière de signaler les observations et les échouages sont publiées sur Mammifères marins.be.
L'article Observation inouïe en Europe : ils capturent un béluga « originaire de l'Arctique » et les biologistes n'arrivent pas à y croire car il pourrait voyager en France a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.





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