Baleines à bec échouées en mer d'Alboran : l'ANSE réclame davantage de mesures pour protéger cette espèce menacée. Les baleines à bec, également connues sous le nom de dauphins à bec droit ou baleines à bec communes, appartiennent à la famille des Ziphiidae et sont des mammifères marins qui vivent dans les profondeurs des océans et des mers du monde, y compris la mer d'Alboran.
Les baleines à bec sont des animaux énigmatiques et peu connus, en partie parce qu'elles passent la majeure partie de leur vie à des profondeurs dépassant mille mètres, ce qui rend leur étude et leur compréhension difficiles. Ils effectuent généralement des migrations verticales quotidiennes, remontant vers la colonne d'eau pour se nourrir de calmars et d'autres mollusques, puis redescendant vers les profondeurs à la recherche d'un abri et de nourriture.
La difficulté de les observer dans leur environnement naturel a contribué à ce qu’elles soient considérées comme des espèces peu étudiées et, dans de nombreux cas, menacées d’extinction. Le problème des échouages de baleines à bec dans la mer d'Alboran a pris de l'ampleur ces dernières années, suscitant l'inquiétude des scientifiques, des défenseurs de l'environnement et des communautés locales.
Depuis 2018, plusieurs épisodes d’échouages massifs ont été enregistrés, avec pour certains cas des dizaines de spécimens retrouvés sur les plages et les côtes de la zone. Ces incidents coïncident généralement avec des saisons au cours desquelles les conditions océanographiques changent, comme lors de tempêtes ou de modifications des courants marins, bien qu'il n'y ait pas de cause unique expliquant tous les échouages.
Baleines à bec échouées dans la mer d'Alboran
Les baleines à bec échouées dans la mer d'Alboran mettent une fois de plus en lumière une espèce extrêmement sensible aux bruits sous-marins. Après les multiples échouages enregistrés en janvier dernier et la récente observation d'un spécimen à côté du port de Carthagène, l'Association des Naturalistes du Sud-Est (ANSE) a demandé de renforcer les mesures de prévention tandis que le Ministère de la Transition Écologique et du Défi Démographique (MITECO) confirme qu'il révise les protocoles d'action en collaboration avec le Ministère de la Défense.
L'épisode a réactivé l'inquiétude scientifique concernant une espèce classée vulnérable en Espagne et protégée par la réglementation européenne, notamment dans une zone considérée comme stratégique pour la conservation des cétacés comme la mer d'Alboran et le golfe de Vera.
Le cas de la baleine à bec de Cartagena déclenche une fois de plus l'alarme
Les images diffusées ces dernières semaines montrent une baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris) nageant à proximité du port de Carthagène et d'Escombreras, comportement inhabituel pour un cétacé spécialisé dans la vie en eaux profondes.
Bien que d'autres espèces, comme le grand dauphin ou le rorqual commun, puissent occasionnellement s'approcher de la côte, la présence d'une baleine à bec dans des eaux si proches de la côte est généralement interprétée comme un indicateur possible de problèmes de santé ou de désorientation, augmentant le risque qu'elle finisse par s'échouer.
Ce comportement a suscité l'inquiétude des chercheurs et des organismes de conservation, qui rappellent que ces animaux plongent à de grandes profondeurs et restent rarement à proximité des ports ou des zones côtières.
Le précédent des multiples échouages de janvier
Bien que d'autres espèces, comme le grand dauphin ou le rorqual commun, puissent occasionnellement s'approcher de la côte, la présence d'une baleine à bec dans des eaux si proches de la côte est généralement interprétée comme un indicateur possible de problèmes de santé ou de désorientation, augmentant le risque qu'elle finisse par s'échouer.
L'inquiétude actuelle s'ajoute au grave épisode enregistré en janvier dernier, lorsque cinq baleines à bec sont apparues pratiquement simultanément dans différentes parties du sud-est de la péninsule.
Deux spécimens échoués dans la région de Murcie, deux autres dans la province d'Almería et un cinquième sont apparus un jour plus tard à Benzú (Ceuta), un phénomène qui a immédiatement attiré l'attention des spécialistes des mammifères marins.
Face à cette situation, l'ANSE a envoyé des lettres au ministère de la Défense et au MITECO, demandant des informations sur d'éventuelles manœuvres militaires avec sonar et exigeant la suspension préventive de tout exercice acoustique qui pourrait avoir lieu dans le golfe de Vera et la mer d'Alboran.
Quelle relation existe-t-il entre les baleines à bec et les sonars militaires ?
De nombreuses études scientifiques internationales ont démontré au cours des dernières décennies que certaines espèces de baleines à bec sont particulièrement sensibles au bruit sous-marin de haute intensité généré par certains systèmes sonars militaires.
Selon cette recherche, les ondes acoustiques peuvent altérer le comportement normal de plongée de ces cétacés, provoquant des remontées trop rapides qui déclenchent des embolies gazeuses, des blessures internes et des défaillances cardiovasculaires similaires au syndrome de décompression dont souffrent les plongeurs.
Il existe déjà un précédent sur la côte sud-est de l’Espagne. En 2015, une baleine à bec est apparue échouée à La Manga et les analyses ultérieures ont confirmé que sa mort était précisément liée à ce syndrome de décompression, un cas qui a renforcé l'inquiétude quant à l'impact du bruit sous-marin sur ces espèces.
MITECO et la Défense revoient les protocoles de prévention
Les autopsies des cinq spécimens trouvés en janvier ont été réalisées par l'Institut universitaire de santé animale et de sécurité alimentaire (IUSA) de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria, une équipe internationale de référence dans l'étude des mammifères marins.
Bien que les résultats complets n'aient pas encore été rendus publics, les chercheurs ont écarté les causes naturelles et ont transmis leurs conclusions techniques aux administrations compétentes pour poursuivre l'enquête.
Dans sa réponse à l'ANSE, le ministère de la Transition écologique et du Défi démographique a confirmé travailler conjointement avec le ministère de la Défense pour évaluer l'efficacité des mesures de prévention actuellement en vigueur, mettre à jour les informations disponibles sur la présence de baleines à bec et améliorer les protocoles visant à réduire les éventuels impacts sur ces cétacés protégés. De son côté, la Défense assure qu'aucune manœuvre acoustique n'a été effectuée par la Marine espagnole aux dates coïncidant avec les échouages.
La mer d'Alboran, une zone clé pour la conservation des cétacés
Les autopsies des cinq spécimens trouvés en janvier ont été réalisées par l'Institut universitaire de santé animale et de sécurité alimentaire (IUSA) de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria, une équipe internationale de référence dans l'étude des mammifères marins.
Les scientifiques considèrent que la mer d'Alboran et le golfe de Vera constituent l'une des enclaves les plus importantes de la Méditerranée occidentale pour de nombreuses espèces de cétacés.
La baleine à bec de Cuvier est répertoriée comme espèce vulnérable dans le catalogue espagnol des espèces menacées et bénéficie également d'une protection stricte par le biais de la directive Habitats de l'Union européenne.
De même, le Plan de Gestion de la Zone Spéciale de Conservation (SAC) Vallées Sous-Marines de l'Escarpement de Mazarrón reconnaît expressément que l'utilisation de certains sonars militaires peut représenter un risque pour les cétacés et intègre la nécessité de développer des protocoles de coordination spécifiques entre les administrations pour minimiser d'éventuels effets négatifs.
Les experts rappellent également qu'il est extrêmement difficile de connaître la taille réelle des populations de baleines à bec en raison de leurs habitudes océaniques et de leurs plongées profondes. À cela s’ajoute un autre fait inquiétant : on estime que seulement 10 % environ des cétacés qui meurent en haute mer atteignent finalement la côte, la mortalité réelle pourrait donc être bien supérieure à celle détectée.
La récente observation d'un spécimen à Cartagena et les échouages enregistrés ces derniers mois montrent une fois de plus la nécessité de renforcer la surveillance scientifique de l'une des espèces de cétacés les plus méconnues de Méditerranée.
L'ANSE défend que la conservation de la baleine à bec de Cuvier est parfaitement compatible avec les besoins de sécurité nationale à condition qu'il y ait une coopération entre les administrations, de la transparence dans l'investigation de ces épisodes et l'application de protocoles scientifiques permettant de minimiser l'impact du bruit sous-marin sur une espèce dont la survie dépend de la protection efficace de ses habitats.
Baleines à bec échouées en mer d'Alboran : l'ANSE réclame davantage de mesures pour protéger cette espèce menacée ; expliqué en 15 secondes
Pourquoi les baleines à bec s'échouent-elles dans la mer d'Alboran ?
Car c’est une espèce protégée, très sensible aux bruits sous-marins et dont la population est peu connue.
Quelle espèce de baleine à bec est apparue près de Cartagena ?
Il s'agit d'une baleine à bec de Cuvier (Ziphius cavirostris), un cétacé qui vit normalement dans les eaux profondes.
Existe-t-il un lien entre les sonars militaires et les échouages ?
Diverses études scientifiques internationales ont documenté que certaines manœuvres du sonar peuvent altérer le comportement de plongée des baleines à bec et provoquer des blessures compatibles avec le syndrome de décompression, même si les causes spécifiques de chaque épisode doivent être étudiées individuellement.
Quelle a été la réponse du MITECO à l’ANSE ?
Le ministère a confirmé qu'il travaille en collaboration avec le ministère de la Défense pour revoir les protocoles de prévention, mettre à jour les informations sur la présence de ces espèces et évaluer de nouvelles mesures de protection.





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