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Récupérer les écosystèmes, au-delà des hectares : l'Alliance pour la restauration de la nature appelle à renforcer le plan national

Par Cécile Arnoud | Publié le 01.10.2026 à 19h23 | Modifié le 01.10.2026 à 19h23 | 0 commentaire
restauración para recuperar ecosistemas y mejorar su conectividad

Les organisations exigent plus d'ambition, un financement stable et un suivi scientifique afin que la restauration de la nature réduise la vulnérabilité des écosystèmes à la chaleur, à la sécheresse et à d'autres phénomènes extrêmes.

Restaurer la nature nécessite de garantir que les écosystèmes retrouvent leurs fonctions. Partant de cette prémisse, l'Alliance pour la Restauration de la Nature a demandé que le premier projet de Plan National de Restauration envoyé par MITECO à la Commission Européenne soit renforcé par de nouvelles propositions et que certains points soient expliqués.

Cette demande intervient au cours d’une année marquée par des épisodes de chaleur extrême, de grands incendies et des canicules terrestres et maritimes. Pour l’Alliance, ces épisodes liés au réchauffement climatique démontrent qu’il existe un réel besoin de récupérer des écosystèmes capables de réguler l’eau, de conserver la biodiversité, de mieux faire face aux perturbations et d’être résilients aux changements climatiques.

Les projets chiffrés doivent être accompagnés d'une explication écologique et territoriale, qui justifie comment les surfaces ont été choisies, quels lieux auront la plus haute priorité et comment les actions seront liées. Les organismes demandent que cette prévision se transforme en une stratégie stable et bénéficie d'un suivi scientifique.

La restauration de la nature est urgente

Suite à la présentation par MITECO du premier projet de Plan National de Restauration (PNR) devant la Commission Européenne, l'Alliance pour la Restauration de la Nature a demandé au Gouvernement et aux Communautés Autonomes que la dynamique soit maintenue et qu'ils profitent des prochains mois pour ajouter des améliorations au Plan qui lui permettent d'atteindre les objectifs indiqués par le règlement européen.

L'Espagne a besoin que ce plan cesse d'être purement théorique et vérifie les changements dans les écosystèmes terrestres et marins. Il est essentiel que les changements se traduisent par des écosystèmes plus sains et plus résilients face au réchauffement climatique et aux phénomènes extrêmes liés à la crise mondiale, de plus en plus fréquents.

L'urgence est de plus en plus évidente : la tendance en Espagne est à des étés de plus en plus chauds et longs, à des vagues de chaleur qui augmentent en intensité et en fréquence et à une irrégularité croissante des précipitations, ce qui aggrave les périodes de sécheresse et multiplie le stress des écosystèmes.

Jusqu'à présent, en 2026, les incendies de forêt ont dévasté plus de 275 000 hectares de forêt, un chiffre 153 % supérieur à la moyenne 2016-2025. En fait, il y a déjà eu 45 grands incendies de forêt.

Le milieu marin a également subi des conditions aussi désastreuses qu’exceptionnelles : au cours de l’été, le système Copernicus a enregistré des vagues de chaleur marines qui ont affecté la Méditerranée occidentale et des températures de surface dans de grandes zones des mers européennes considérées comme des records pour le mois d’août.

Les plans ne peuvent pas rester sur papier

Pour l’Alliance, ces épisodes démontrent qu’il existe une réelle urgence de restaurer la nature et les écosystèmes afin de réduire la vulnérabilité des territoires aux phénomènes extrêmes.

Même si elle est clairement considérée comme insuffisante, il est impossible de nier que la présentation de la première ébauche du Plan National de Restauration constitue une étape très importante, mais nous devons être conscients que la phase décisive commence maintenant.

Le document qui a été envoyé à la Commission européenne est provisoire et il reste encore près d'un an pour redéfinir et enrichir le plan. L’Espagne a la possibilité de créer une feuille de route véritablement capable d’agir sur ces vulnérabilités.

L’année prochaine sera cruciale pour garantir que le Plan national de restauration soit un outil efficace qui fournit des priorités claires, dispose de ressources suffisantes et donne des résultats mesurables sur les écosystèmes.

Il est essentiel qu'elle réponde au moins aux objectifs indiqués par la réglementation européenne, et que la restauration soit présentée comme une politique capable de véritablement transformer et récupérer les écosystèmes au lieu d'être une somme incertaine de projets.

Une ébauche qui demande beaucoup de travail

Ayant un projet concret de PNR, les prochaines phases devront trouver le moyen de permettre une réelle participation sur son contenu. Il est essentiel que la communauté scientifique, les administrations, les organisations et d'autres secteurs de la société puissent analyser les priorités, les mesures et les domaines sélectionnés dans le but de proposer des alternatives et de contribuer à l'amélioration du plan avant qu'il ne soit définitivement approuvé.

L'Alliance exige d'intégrer un diagnostic préalable des causes de dégradation qui conditionnent la récupération de chaque écosystème et d'expliquer plus clairement comment les domaines et les objectifs d'action inclus dans le projet ont été définis.

Avant l’année 2030, le PNR prévoit d’agir sur plus de 9 000 km² d’habitats terrestres, côtiers et d’eau douce, 288 km² d’habitats marins, 3 241 km² d’écosystèmes forestiers et 1 982 km² d’écosystèmes agricoles et récupérer 65 km de rivières à écoulement libre, en plus d’intervenir sur les plaines alluviales, les pollinisateurs, les écosystèmes urbains et les habitats d’espèces.

Pour l'Alliance, la révision doit clarifier quels sont les critères écologiques, territoriaux et de priorisation qui soutiennent les chiffres susmentionnés et comment ils seront traduits sur le terrain et dans les zones marines en actions vérifiables, en évitant qu'ils ne soient une simple somme de surfaces et d'actions dispersées.

« La restauration nécessite une priorisation écologique et territoriale et ne peut pas dépendre des actions isolées d'une seule administration. Elle a besoin de continuité et d'objectifs partagés», affirment les organisations membres de l'Alliance.

Sans coopération, pas de restauration de la nature

C'est pourquoi ils exigent de renforcer la coopération et la coordination entre le Ministère de la Transition écologique et du Défi démographique (MITECO) ; le Ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation (MAPA) ; les communautés autonomes, les confédérations hydrographiques et le reste des organismes compétents.

Dans le milieu marin, où l'Administration générale de l'État et le MITECO exercent des pouvoirs particulièrement importants et directs, l'Alliance exige qu'un effort beaucoup plus important soit fait pour élever l'ambition du PNR et que des actions suffisantes soient menées pour atteindre les objectifs de restauration proposés.

Une stratégie financière viable est nécessaire

Pour transférer le projet sur le territoire et à la mer, il faudra disposer de ressources financières. Le projet actuel estime les besoins financiers moyens jusqu'en 2050 à environ 596 millions d'euros par an.

Pour l'Alliance, cette estimation doit devenir une stratégie financière publique, stable et suffisante et capable de garantir non seulement l'exécution des actions, mais aussi leur maintien et leur suivi, conformément à l'objectif 19d indiqué par le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal.

Le succès du plan ne peut se mesurer exclusivement au nombre d'hectares ou de kilomètres carrés sur lesquels des mesures sont prises ; Le suivi doit vérifier si la biodiversité augmente, s'il y a une amélioration de la structure et de la fonctionnalité des écosystèmes, si la connectivité est récupérée, s'il y a une diminution des pressions qui ont causé sa perte et sa dégradation et si une augmentation de la résilience du territoire face aux phénomènes extrêmes et au changement climatique est vérifiée.

Pour l’Alliance, les mois à venir seront décisifs pour faire de ce projet une véritable feuille de route pour la restauration de la nature. À cette fin, les organisations demandent/exigent que l'ambition et la base scientifique du PNR soient renforcées, que la gouvernance soit améliorée et que de nouvelles dégradations soient évitées, en garantissant des ressources suffisantes et en orientant les actions vers des résultats écologiques mesurables et durables.

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