Espèces menacées
Espèces-menacées.fr
Le portail sur les espèces menacées et les animaux en voie de disparition
Navigation
  • Accueil
  • Animaux
    • Les mammifères
    • Les oiseaux
    • Les reptiles
    • Les poissons
    • Les insectes
    • Les mollusques
    • Les amphibiens
  • Actualités
    • Animaux sauvages
    • Environnement
    • Débats de société
    • 5 infos du mois
  • Monde
    • Afrique
    • Amérique du Nord
    • Amérique du sud
    • Asie
    • Europe
    • Océanie
  • Associations et ONG
  • Le saviez-vous ?
    • Animaux
    • Environnement

Huit ans après lʼarrêt du chalutage les mérous géants ont repris possession de cette côte méditerranéenne

Par Cécile Arnoud | Publié le 07.07.2026 à 17h00 | Modifié le 06.07.2026 à 11h46 | 0 commentaire
Huit ans après lʼarrêt du chalutage les mérous géants ont repris possession de cette côte méditerranéenne

Le long de cette côte battue par la lumière, un souffle ancien revient hanter les tombants et les éboulis. Les plongeurs décrivent des silhouettes massives, immobiles comme des totems. Dans l’eau claire, un œil ambré jauge, puis s’éloigne d’un battement de nageoires souverain.

Ces apparitions n’ont plus rien d’un mirage, mais d’un retour. Les récifs marqués par des décennies de bruit et de ferraille se sont tus. Dans ce silence revenu, les grands prédateurs tapissent à nouveau les anfractuosités de pierre.

Le retour d’un seigneur discret

Le mérou brun, géant méditerranéen, vit à l’échelle du rocher. Son territoire est une adresse, pas un vaste domaine. Il grandit lentement, change de sexe au fil des ans, et mise sur la longévité plutôt que sur la hâte.

Avant le répit, il avait fui devant la pression et la profondeur. Les adultes manquaient, les juvéniles restaient rares, et la mer semblait perdre un axe. Sans ces acteurs lents, les chaînes alimentaires deviennent fragiles, et la scène se vide.

« On a vu réapparaître des individus de plus de quarante kilos, chose impensable il y a dix ans », souffle une biologiste marine. Sa voix mêle de la prudence à une joie très simple.

La trêve du chalut, un basculement

Depuis l’interdiction du chalutage, il y a presque une décennie, les fonds se réparent. Posidonies et coralligène, ces architectes du vivant, reforment des villes pour larves et crustacés. Le sable cesse d’être un désert, redevient un paysage.

Le chalut de fond, avec sa herse de métal, rabotait les reliefs et brouillait les eaux. La pause a redonné de la texture et du temps. À l’ombre reconstituée des gorgones, les proies abondent, et les mérous trouvent une table.

« La mer n’est pas une page blanche, c’est un palimpseste qui se réécrit quand on lui rend du calme », glisse un gestionnaire d’aire marine. Il montre des cartes constellées de points, chacun un mérou recensé.

Science en apnée et comptes bons à dire

Des équipes suivent la recolonisation à coups de transects et de stéréos cameras. On y lit une hausse des densités, un regain de taille, et des sites de reproduction à nouveau actifs. Les clichés de taches marmorées servent d’empreintes digitales.

Les séries longues sont notre baromètre, moins spectaculaires que les images, mais plus sûres. On installe des balises acoustiques, on écoute les routes nocturnes et les haltes de jour. Le territoire redevient un texte, et on en déchiffre la prosodie.

« L’important n’est pas la photo du plus gros, c’est la courbe des âges qui s’étale à nouveau », rappelle un écologue. Sa phrase claque comme une consigne de méthode.

Un rivage qui s’ajuste

Les pêcheurs côtiers ont troqué l’urgence des traits pour des engins plus doux. Leurs récits parlent d’un poisson moins farouche, d’une mer plus lisible. Certains sortent à l’aube, posent peu, ramènent mieux, et gardent la fierté.

Les clubs de plongée encadrent l’émerveillement. On ne poursuit pas un mérou, on le mérite. On apprend des gestes simples, qui changent tout sur le fond:

  • Garder ses distances, stabiliser sa flottaison, et respirer plus lentement.

« La meilleure approche, c’est le temps », dit un guide local. « Tu t’effaces un peu, lui s’avance un peu. Et soudain, vous cohabitez. »

Fragilités persistantes, vigilances utiles

Rien n’est jamais acquis sur une mer qui se réchauffe. Les canicules marines affaiblissent les éponges, saturent les nocturnes, et tirent des ficelles invisibles. Une maladie, un coup de filet illégal, et l’édifice peut se fendre.

La surveillance demande de la présence, des patrouilles qui connaissent les passes, des yeux de rivage. Les sciences citoyennes ajoutent des données, les capteurs des nuages, et l’ensemble tisse un filet plus fin que la fraude.

On parle aussi de bruit, de trafic et d’ancres qui labourent les prairies. L’effort à terre compte autant que l’effort au large: eaux usées, ruissellements, et plastiques qui deviennent des pièges.

La mer qui paie ses dettes

L’économie suit le vivant quand le cadre la tient. La plongée responsable irrigue les ports, les chantiers, les saisons. Les restaurants racontent un poisson raisonné, et les cartes font place aux espèces de passage.

On parle d’effet de débordement: des franges protégées qui exportent des adultes vers les zones ouvertes. Les prises deviennent plus stables, et l’on vend de la qualité plutôt que de la quantité.

« La meilleure assurance, c’est une biomasse qui respire », tranche une élue littorale. « On protège un capital, on récolte des intérêts. »

Sur le quai, l’air sent la corde sèche et le café du matin. Les enfants pointent du doigt des affiches de faune, avec ce grand visage tacheté qui veille sous la houle. Ici, la patience a fait son œuvre, et la mer remercie en présence.

Dans la même rubrique

  • Conférence sur l'océan (UNOC3): Pedro Sánchez et l'Espagne auront un rôle pertinent avec leur engagement envers l'environnementConférence sur l'océan (UNOC3): Pedro Sánchez et l'Espagne auront un rôle pertinent avec leur engagement envers l'environnement
  • Les chevaux sont devenus sauvagesLes chevaux sont devenus sauvages
  • Les îles Baléares impose un «quota quotidien maximum» pour certaines espèces dans la «pêche récréative»Les îles Baléares impose un «quota quotidien maximum» pour certaines espèces dans la «pêche récréative»
  • La reforestation en Europe impacte sur la biodiversité et la gestion forestière pour concevoir les forêts du futurLa reforestation en Europe impacte sur la biodiversité et la gestion forestière pour concevoir les forêts du futur
Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez
0 Partages

0 réponse à “Huit ans après lʼarrêt du chalutage les mérous géants ont repris possession de cette côte méditerranéenne”

Laisser une réponse Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont suivis d'un *


*
*

Newsletter

Qui sommes-nous ?

Ce site internet a été créé bénévolement afin de centraliser et de rendre accessible de l’information sur les espèces en voie de disparition. La finalité de notre action n’est pas seulement de créer une base de données. Nous souhaitons faire de ce site un média qui apportera de l’information, de façon régulière et actualisée, tirée à la source auprès des acteurs qui se battent au quotidien pour la sauvegarde de la biodiversité.

Dossiers

Les salamandres de France
Les différentes espèces de salamandres présentes en France
Les réserves de biosphère en France
Les réserves de biosphère en France
Les crocodiles les plus menacés au monde
Crocodiles les plus menacés au monde
Les petits mammifères de France
Petits mammifères de France

Voir tous les dossiers

Formez-vous pour travailler avec les animaux

Informations IFSA

Le saviez-vous ?

Triton ou salamandre, quelles différences ?
Triton ou salamandre, différences
Les araignées ne sont pas des insectes
Différences entre araignées et insectes
Non, toucher un oiseau tombé du nid ne le condamne pas à coup sûr
Oiseau tombé du nid, que faire ?

Voir tous les articles

Lexique - Newsletters - Mentions légales - Contact