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ʼOn va devoir fermer nos portes en janvierʼ : ce refuge du Gard lance un appel à lʼaide après 180 abandons

Par Cécile Arnoud | Publié le 22.06.2026 à 8h00 | Modifié le 19.06.2026 à 11h37 | 0 commentaire
ʼOn va devoir fermer nos portes en janvierʼ : ce refuge du Gard lance un appel à lʼaide après 180 abandons

Le téléphone sonne sans cesse, les boxes sont pleins, et les regards des chiens deviennent inquietants. Dans un refuge du Gard, les bénévoles se battent chaque jour pour contenir une vague d’arrivées. S’ils n’obtiennent pas d’aide, la structure pourrait cesser son activité dès le mois de janvier. « Nous tenons encore debout, mais plus pour longtemps », souffle la responsable, la voix cassée par la fatigue.

Une vague d’abandons sans précédent

Depuis le début de l’année, pas moins de 180 animaux ont été abandonnés aux portes du refuge. Des portées entières, des chiens âgés, des chats malades : tout arrive en flux continu. « On ne parle plus de pics, mais d’un niveau devenu normal et ingérable », confie un bénévole.

Les raisons s’additionnent, de la précarité qui s’installe aux coûts vétérinaires qui grimpent, en passant par l’inflation du panier de croquettes. « La crise se voit dans la gamelle des animaux », résume une bénévole. Chaque arrivée demande temps, soins, et un abri digne, des ressources désormais raréfiées.

Des conséquences concrètes au quotidien

Les boxes sont pleins, les couloirs étroits, et la promiscuité favorise le stress et les bagarres fortuites. « Nous refusons désormais des prises en charge, une décision douloureuse », explique la direction. Les équipes jonglent entre accueil, soins, nettoyage, et dossiers d’adoption.

Le moral est mis à l’épreuve. Les nuits sont courtes, les journées longues, et la météo n’aide pas. « Quand il pleut, on manque de zones sèches, quand il fait chaud, il faut rafraîchir sans cesse les chiens », raconte un soigneur. Les factures, elles, continuent de monter, implacables et dures.

Pourquoi le refuge craque

Le modèle économique est fragile : quelques subventions locales, des dons irréguliers, et des dépenses fixes en hausse. Les stérilisations coûtent de plus en plus cher, l’énergie pèse lourd, et chaque urgence vétérinaire peut faire chavirer le budget.

« Une seule opération peut engloutir la caisse du mois », note la trésorière. Les adoptions ne suffisent plus, faute de familles disponibles ou suffisamment préparées. Sans soutien rapide, l’association devra suspendre ses entrées et fermer ses portails en début d’année.

L’appel à la solidarité

L’équipe demande une mobilisation immédiate, large et pratique. « Un petit don vaut mieux que pas de don du tout », martèle la direction. Chaque euro finance des croquettes, des soins, ou une stérilisation préventive. Et chacun peut aider, à son échelle :

  • Faire un don (ponctuel ou mensuel) via la collecte en ligne du refuge
  • Devenir famille d’accueil pour libérer des boxes
  • Offrir du matériel: croquettes, litière, couvertures, nettoyants
  • Donner du temps: promenades, socialisation, transports vétérinaires
  • Partager les annonces d’adoption sur les réseaux sociaux

« La diffusion sauve des vies, autant qu’un gros chèque », rappelle une bénévole. Les entreprises locales peuvent aussi s’engager via des parrainages, du mécénat en nature, ou des collectes en magasin.

Adopter, oui, mais avec responsabilité

Pour éviter les allers-retours, l’équipe prend le temps d’évaluer chaque profil. « Nous cherchons le bon match, pas une impulsion du week-end », dit la directrice. Une adoption réussie, c’est un animal équilibré et une famille sereine sur le long terme.

Le refuge milite pour la stérilisation et l’identification systématique. « Une puce, c’est un retour à la maison en 24 heures au lieu d’un box pendant des semaines », insiste un vétérinaire partenaire. La prévention reste la clé : éduquer, anticiper, et demander aide tôt plutôt que d’abandonner tard.

Le poids des renoncements et la force des élans

Derrière chaque cage, il y a une histoire : le vieux chien fidèle dont le maître est parti en maison de retraite, la chatte timide trouvée dans un carton, le chiot trop vite acheté, puis trop vite laissé. « On ne juge pas, on accompagne mieux quand on comprend », souffle une bénévole.

La solidarité, elle, se voit aussi. Un voisin qui prête une camionnette, une classe qui organise une collecte, un commerce qui offre des sacs de croquettes. « Chaque geste compte, chaque message nous tient debout », ajoute la responsable.

Un compte à rebours, et encore de l’espoir

Les semaines qui viennent seront décisives pour éviter un arrêt brutal en janvier. L’équipe prépare des portes ouvertes, une tombola solidaire, et des campagnes de stérilisation ciblées si les fonds suivent. « Donnez-nous les moyens de continuer notre mission », plaide la direction.

Dans le bruissement des chenils, un chien s’endort, enfin rassuré, une gamelle pleine à ses côtés. Le combat est rude, mais la volonté reste vive. Avec un peu de monde, un peu de moyens, et beaucoup de cœur, ce lieu peut tenir ses promesses au-delà du premier mois de la nouvelle année.

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