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L’Antarctique de l’Est a déjà connu un effondrement rapide il y a 9 000 ans et l’océan en est à nouveau la clé.

Par Cécile Arnoud | Publié le 25.12.2025 à 17h24 | Modifié le 25.12.2025 à 17h24 | 0 commentaire
Mapa de la bahía Lützow Holm (Antártida oriental) con la entrada de agua profunda cálida (CDW) y puntos de muestreo de sedimentos

Une étude reconstitue la rupture d'une banquise dans la baie de Lützow Holm et met en garde contre un mécanisme de rétroaction qui inquiète aujourd'hui les modèles du niveau de la mer

L’Antarctique est souvent décrit comme une forteresse immobile, mais son histoire est pleine d’épisodes abrupts. Une enquête internationale menée par le polarologue Yusuke Suganuma décrit comment, il y a environ 9 000 ans, une partie de l’Est de l’Antarctique a perdu à grande vitesse son « bouchon » côtier.

Ce n’est pas le continent tout entier qui a disparu, mais une banquise flottante qui a fait office de frein sur la glace intérieure de la baie de Lützow Holm (près de la station japonaise Syowa). L'intérêt de la découverte n'est pas archéologique. Il est contemporain (il regarde l'océan plus que l'air) et met l'accent sur un engrenage qui peut accélérer la montée de la mer si elle se répète sous un climat qui, par certains aspects, est à nouveau proche de celui du passé chaud.

Effondrement des plates-formes de glace dans l'Antarctique de l'Est

L’équipe a reconstitué l’épisode à partir de carottes de sédiments marins extraites du fond de la baie, un enregistrement qui fonctionne comme une boîte noire climatique. Dans ces boues apparaissent des signaux chimiques et biologiques qui révèlent des changements rapides dans la circulation océanique et la présence de glace. Les travaux, publiés par l'Institut national de recherche polaire du Japon (NiPR), concluent que le principal déclencheur n'était pas une température de l'air galopante, mais l'arrivée insistante d'eau relativement chaude en profondeur, capable de miner la glace par le bas.

Cette nuance est importante car les plates-formes flottantes elles-mêmes n’élèvent pas le niveau de la mer lorsqu’elles se brisent (elles sont déjà dans l’eau). Ce qui est décisif, c'est ce qui se passe derrière. Lorsque cette « corniche » qui fait office de contrefort disparaît, la glace déposée sur terre peut accélérer son rejet vers l’océan. Ce mécanisme est aujourd'hui observé dans les points vulnérables de l'Antarctique occidental et est surveillé avec une attention particulière, comme le rappelle également ECOticias en suivant l'évolution de la circulation de l'océan Austral dans le courant circumpolaire antarctique.

Eaux profondes circumpolaires et rétroaction de fonte

La pièce maîtresse de l’étude est ce que l’on appelle les eaux profondes circumpolaires, une masse saline et relativement chaude qui circule autour du continent et qui, si elle trouve des « portes » vers le plateau continental, peut entrer en contact avec les bases des glaces flottantes. Les travaux soutiennent qu’au début de l’Holocène (une période chaude après la dernière période glaciaire), cette intrusion s’est intensifiée par impulsions. Et cela ajoute une idée inconfortable à l’intuition commune. Le dégel lui-même peut faciliter de nouveaux apports de chaleur.

La clé est la stratification. Lorsque l’apport d’eau douce à la surface augmente, l’océan s’organise en couches plus stables, avec un léger « couvercle » au-dessus qui rend le mélange vertical difficile. Dans ce scénario, la chaleur qui traverse les couches profondes reste profonde, mais elle peut aussi se faufiler plus facilement vers la côte et rester près des cavités sous la glace. Le NiPR le résume comme une « rétroaction positive en cascade », une expression qui traduit en termes humains ce qui, en pratique, signifie davantage de fusion en facilitant les conditions de fusions ultérieures.

Ce schéma correspond à des avertissements plus généraux concernant l’interaction entre l’océan et la cryosphère. Le GIEC souligne que l'échange de chaleur et d'eau douce entre l'océan, la glace et l'atmosphère détermine le taux de montée de la mer, et que les changements dans la circulation peuvent modifier l'exposition de la glace aux eaux plus chaudes.

Niveau de la mer et pourquoi le passé est important pour l'avenir

L’Antarctique concentre un énorme potentiel. S'il devait fondre complètement, le niveau moyen de la mer augmenterait d'environ 58 mètres, un chiffre qui sert davantage à comprendre l'ampleur qu'à décrire un risque immédiat, selon le Centre national de données sur la neige et la glace. Personne ne propose un dégel total à court terme. Ce qui est inquiétant, c'est autre chose, la sensibilité du système aux petits changements persistants de la température des océans et à la géométrie sous-marine qui canalise cette chaleur vers la glace.

Dans le cas décrit pour Lützow Holm, le relief des fonds marins aurait fait office de voie d'entrée pour ces eaux profondes, favorisant l'affaiblissement des plates-formes. Ce détail nous rappelle que la stabilité dépend non seulement de l’intensité du réchauffement de la planète, mais aussi de l’endroit où circule la chaleur et de la manière dont la côte antarctique réagit à la perte de soutien.

Aujourd’hui, le signal dominant n’est pas un « effondrement majeur » en cours dans l’Est de l’Antarctique, mais plutôt une somme de changements mesurables et hétérogènes, avec une augmentation de la pression océanique dans plusieurs régions. La NASA elle-même explique comment la perte des plateaux peut accélérer la décharge des glaces continentales et, par conséquent, la contribution de la mer dans son analyse du rôle des plateaux de glace. Le cadre contemporain ajoute un fait qui contraste avec l'épisode antique. Le niveau de la mer augmente déjà avec une accélération récente liée, en partie, au réchauffement des océans, comme l’indique la NASA dans son bilan 2024.

Ce que disent les observations modernes et ce qui reste à résoudre

Le débat scientifique évolue entre ce qui est observé et ce qui est encore modélisé avec incertitude. Un point relativement solide est que la perte de masse des grandes calottes glaciaires s'est accélérée au cours des dernières décennies, avec une contribution croissante au niveau de la mer, selon le programme européen d'observation de la Terre résumant les résultats IMBIE de l'Agence spatiale européenne. Ce qui reste difficile, c’est d’anticiper le seuil exact à partir duquel certains domaines passeront d’un déclin progressif à des changements rapides.

La valeur des archives géologiques entre dans cette frontière. L’épisode d’il y a 9 000 ans suggère qu’un réchauffement soutenu des océans, combiné à des apports d’eau douce et à des voies sous-marines favorables, peut rompre des équilibres qui semblaient stables même dans certains secteurs de l’Est de l’Antarctique. Le parallélisme n'est pas une prophétie automatique. C'est un avertissement sur les mécanismes.

Pendant ce temps, le débat public sur le climat tourne une fois de plus autour de la persistance de la chaleur dans l'océan et de son rôle d'amplificateur, un contexte auquel ECOticias a répondu en analysant les signaux pour 2025 dans les avertissements de Copernic concernant une année exceptionnellement chaude et dans son examen d'une séquence de records climatiques récents. Des indices d’un autre effet collatéral de la fonte (la redistribution des micro-organismes et des polluants) apparaissent également dans les recherches publiées sur l’océan Austral et la circulation qui le « protège », comme le rappelle ECOticias à propos des bactéries associées à la fonte des glaces.

L'étude scientifique citée a été publiée dans Nature Geoscience.

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