Le capital privé ne fournit que 6 % des fonds destinés à la restauration des terres, un fait scandaleux si l’on considère que les multinationales dépendent de l’eau et du sol pour survivre.
Le sommet de l'ONU en Mongolie révèle le refus des entreprises de contribuer financièrement, mais les experts préviennent : si la récupération des terres dégradées n'est pas financée, dans 15 ans des secteurs comme le textile ou l'alimentation s'effondreront.
Dans ce contexte, on s'attend à une pénurie alimentaire mondiale qui entraînera de grandes migrations, des coups d'État armés et un grave revers pour l'économie de tous les pays, en plus de devoir produire 50 % de nourriture en plus d'ici 2050.
Il est temps d’exercer la pression sociale internationale nécessaire pour que les hommes d’affaires collaborent et réalisent que prévenir aujourd’hui coûte toujours moins cher que guérir demain.
L’ONU date le risque
La sonnette d'alarme retentit fortement depuis Oulan-Bator, où la responsable de l'organisation, l'Égyptienne Yasmine Fouad, a sans détour pointé le rôle regrettable des hommes d'affaires en termes de financement, soulignant l'hypocrisie de dépendre des ressources en eau et en sol et de ne contribuer que 6% du budget à la protection et à la restauration de l'environnement. Un chiffre étonnant si l’on tient compte du fait que près de 40 % de la surface de la Terre subit une forme de dégradation.
Fouad, qui dirige l'entité après 7 ans à la tête du ministère égyptien de l'Environnement, a lancé un avertissement qui n'est pas seulement un reproche éthique, mais aussi un sérieux appel à l'attention. Il explique que des secteurs comme le textile, l'alimentation, l'énergie ou les mines doivent comprendre qu'investir dans la prévention et la récupération environnementale est, à long terme, bien plus rentable que de payer après la catastrophe. S'ils ne le font pas, ils risquent que d'ici 10 ou 15 ans leurs entreprises ne soient plus viables.
Faim et migrations
Avec la présence d'hommes d'affaires deux fois plus nombreux qu'au sommet précédent, il semble que le message ait pénétré ou, du moins, qu'on perçoive un certain changement de mentalité, mais le temps ne s'arrête pour personne. Sachant que les prévisions pour 2050 tablent sur une augmentation de 50 % de la production alimentaire, la perte continue de sols fertiles condamne des millions de personnes à la pénurie.
Si ce scénario devait se réaliser, le monde serait plongé dans une crise mondiale de migrations, de coups d'État et d'effondrement des économies. C’est quelque chose qui peut être évité, mais les mesures doivent être prises maintenant.
C’est pourquoi, pour que la COP17 soit un succès, il faut qu’elle se termine par un financement fort des hommes d’affaires, par la prise de mesures réelles et efficaces contre la sécheresse et la restauration des prairies, pour ne pas avoir à agir plus tard, ce qui coûterait 10 fois plus cher.





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