Le Portugal souhaite restituer le lynx ibérique dans l'un des lieux qui pèsent le plus dans son histoire récente. La Réserve Naturelle de la Serra da Malcata, dans le district de Castelo Branco, a été définie comme une nouvelle zone de réintroduction dans le cadre du PACLIP 2026-2030, le plan portugais qui vise à étendre et à consolider la population de l'espèce avec l'Espagne.
Cette décision ne signifie pas simplement relâcher les lynx et espérer que tout se passe bien. Le projet propose un vaste espace clôturé dans un environnement naturel, pour entamer un retour contrôlé à un territoire qui, pendant des années, a été presque un symbole de ce qui avait été perdu. Et voilà la clé. Le lynx est en croissance, mais il lui faut encore des routes plus sûres, un habitat adapté et une surveillance très fine.
Malcata revient à la carte
La ministre portugaise de l'Environnement et de l'Énergie, Maria da Graça Carvalho, a annoncé la décision lors de la présentation du plan à Ovibeja. Il l’a résumé avec une phrase simple et pleine de signification historique. « Au départ, nous avions le lynx ibérique de Malcata », a-t-il expliqué, expliquant que le Portugal souhaite commencer à le réintroduire dans cette région.
La Serra da Malcata n'est pas n'importe quel endroit pour cette espèce. Pour de nombreux défenseurs de l’environnement, il représente l’une de ces zones qui rappelle à quel point le lynx a disparu d’une grande partie de son territoire. Qu'elle réapparaisse dans les plans de réintroduction n'efface pas ce passé, mais marque un changement d'étape.
Selon le gouvernement portugais, l'Instituto da Conservação da Natureza e das Florestas (ICNF) travaille déjà avec la mairie de Penamacor pour définir l'espace. L’idée est de créer une zone clôturée, mais pas une installation de captivité typique. Selon les termes du ministre, il s'agira d'un « espace clôturé, mais vaste », conçu pour que l'animal se trouve dans son milieu naturel.
Un virage prudent
En pratique, ce type de réintroduction fonctionne comme une passerelle. Il permet de mieux contrôler les premiers mouvements, de vérifier l'adaptation des éprouvettes et de réduire les risques dans une phase délicate. Ce n’est pas une mince affaire quand on parle d’une espèce qui a nécessité des décennies de travail, d’argent public et de coopération scientifique.
Le PACLIP 2026-2030 vise à contribuer à l'objectif ibérique de créer huit nouvelles agglomérations avant 2030. Il comprend également la définition d'une nouvelle zone de réintroduction au Portugal, qui prend actuellement forme à Malcata. C’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’une performance isolée, mais plutôt d’un morceau s’inscrivant dans une carte beaucoup plus large.
Le succès a encore des devoirs
Le lynx ibérique vit l’un des moments les plus positifs de son histoire récente. Le recensement officiel de 2024 a dénombré 2 401 spécimens en Espagne et au Portugal, soit 19 % de plus que l'année précédente. Parmi eux, 2 047 se trouvaient en Espagne et 354 au Portugal, selon le rapport coordonné par MITECO avec les communautés autonomes et l'ICNF.
La base reproductive augmente également. En 2024, 1 557 adultes ou subadultes et 844 chiots nés cette année-là ont été recensés. Le nombre de femelles reproductrices a atteint 470, toujours en dessous des 750 qui sont considérées comme une référence importante pour parler d'un état de conservation favorable.
L'amélioration a été constatée même dans la Liste rouge de l'UICN, où le lynx ibérique est passé de la catégorie « En danger » à « Vulnérable » en 2024. Cela semble être une excellente nouvelle, et c'est le cas. Mais « vulnérable » ne signifie pas sauvé pour toujours. Cela signifie que le risque diminue, pas qu’il disparaisse.
La route est le point noir
Le gros problème se situe toujours au niveau de l'asphalte. Au Portugal, les données présentées avec le nouveau plan indiquent 67 décès dus à des collisions au cours des 10 dernières années jusqu'en novembre 2025. La route reste la principale cause de mortalité de l'espèce dans ce bilan.
Le problème ne vient pas seulement du Portugal. Lors du recensement ibérique de 2024, 214 décès de lynx ont été détectés, dont 162 dus à des écrasements sur des infrastructures routières. En termes simples, de nombreux animaux survivent à la reproduction, à la libération et à l'adaptation au territoire, mais meurent en traversant une route. Et ça pèse.
Pour réduire ce risque, le Portugal prévoit de renforcer la signalisation dans les zones où sont présents des lynx et d'utiliser des technologies dotées d'intelligence artificielle pour avertir les conducteurs de la proximité des animaux. Cela peut sembler un détail mineur, comme tant de signes que nous voyons depuis la voiture, mais ici, chaque avertissement peut faire la différence.
Le terrain compte aussi
Le plan portugais repose sur 10 axes stratégiques. Cela comprend la protection juridique, la surveillance, la récupération de l'habitat, la gestion génétique, la connectivité entre les populations, les réintroductions et l'élevage en captivité. En fin de compte, ce qu’elle recherche, c’est que le lynx ne dépende pas de quelques points isolés, mais d’un réseau de territoires plus sécurisé.
Des conflits avec l’activité humaine entrent également en jeu, comme les attaques contre les poulaillers. C'est une partie moins voyante que la photo d'un lynx relâché, mais tout aussi importante. Si l'animal revient au champ, le champ doit faire partie de la solution, avec de l'information, de la prévention et un accompagnement pour ceux qui vivent avec l'espèce.
La nouvelle étape
Depuis 2011, les programmes d'élevage en captivité et de réintroduction sont essentiels pour récupérer le lynx ibérique. MITECO indique que jusqu'en 2024, 403 spécimens nés en captivité avaient été réintroduits dans différentes zones aux conditions favorables. C’est un chiffre qui permet de comprendre pourquoi chaque nouveau domaine est étudié avec autant d’attention.
Lors de la présentation, un protocole a également été signé entre l'ICNF et Águas do Algarve pour soutenir le programme d'élevage en captivité au Portugal. L'entreprise apportera 350 000 euros par an jusqu'en 2037, aide destinée à donner une stabilité financière au projet. Sans financement stable, la conservation reste boiteuse.
Malcata n’est donc pas seulement une nouvelle place sur la carte. C'est un test de maturité pour un programme qui a déjà montré qu'il pouvait sortir le lynx du gouffre, mais qui doit maintenant le faire coexister avec les routes, les voisins, les fermes et les changements du territoire. Le communiqué officiel sur le PACLIP 2026-2030 et la nouvelle zone de réintroduction à Malcata a été publié par le gouvernement du Portugal.
L'entrée Le Portugal et l'Espagne scellent une alliance historique pour la réintroduction du lynx ibérique dans un plan qui ouvre un nouveau cycle dans la faune de la péninsule ibérique a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.




0 réponse à “Le Portugal et l'Espagne scellent une alliance historique pour la réintroduction du lynx ibérique dans un plan qui ouvre un nouveau cycle pour la faune de la péninsule ibérique”