Une série d'actes de vandalisme contre des tours météorologiques et des anémomètres dans plusieurs comtés de Roumanie ont déclenché toutes les alarmes dans le secteur des énergies renouvelables du pays. L'industrie éolienne parle d'une situation sans précédent, avec des dommages dépassant les trois millions d'euros et des soupçons selon lesquels il pourrait s'agir d'une campagne coordonnée.
En pratique, cela signifie quelque chose de très simple. Chaque tour démolie retarde les projets éoliens déjà en cours et qui devraient fournir davantage d'énergie propre au système électrique roumain dans les années à venir.
Une vague d'attentats dans plusieurs comtés
L'Association roumaine de l'énergie éolienne a envoyé une lettre au ministère de l'Intérieur et au ministère de l'Énergie du pays pour les avertir d'une situation grave. Selon le secteur, ces derniers jours, des tours météorologiques et des équipements de mesure du vent ont été détruits ou endommagés dans les comtés de Tulcea, Galați, Constanza, Brăila et Ialomița.
L'association estime que les pertes dépassent déjà les trois millions d'euros et souligne que la répétition d'incidents de même nature dans différentes zones ouvre la porte à l'hypothèse d'une action concertée. Selon les termes mêmes du secteur, ce phénomène soulève une sérieuse question quant à l’ampleur et à la motivation des responsables de ces attaques.
Pour l'instant, les informations disponibles se concentrent sur la plainte de l'industrie et le recours aux autorités. Aucune information sur les suspects ou leurs motivations possibles n'a été rendue publique.
Qu'est-ce qui est exactement attaqué
À première vue, une tour météorologique peut ressembler à un simple poteau métallique perdu au milieu d’un champ. Cependant, pour un parc éolien, c’est quelque chose de bien plus précieux. Ce sont des stations qui mesurent en continu la vitesse et la direction du vent à l'aide d'anémomètres et de girouettes, en plus d'enregistrer d'autres paramètres tels que la température et la pression.
L'association roumaine rappelle elle-même que ces équipes servent à collecter des données permettant d'évaluer la viabilité des investissements. Chaque ensemble tour plus capteurs dépasse les deux cent mille euros et sa destruction ne laisse pas seulement une facture directe. Cela interrompt également les campagnes de mesures qui durent souvent des mois et, dans de nombreux cas, oblige à repartir de zéro.
Quiconque travaille dans le domaine des énergies renouvelables sait bien ce que signifie perdre ces records. Sans séries éoliennes solides, les banques ne financent pas, les promoteurs ne concluent pas de contrats et le projet reste bloqué sur le papier. C'est comme si, au milieu de l'année, quelqu'un effaçait tous les relevés des compteurs électriques juste avant de faire le calcul.
Retards dans une carrière entièrement renouvelable
La Roumanie dispose aujourd’hui d’environ trois mille cent mégawatts d’énergie éolienne installée. L'énergie éolienne est déjà la troisième source d'énergie du pays, derrière l'hydroélectricité et le solaire.
De plus, plusieurs parcs commencés les années précédentes sont en phase finale de construction. Les estimations publiées par la presse roumaine font état d'environ cinq cents mégawatts éoliens supplémentaires qui pourraient entrer en service avant la fin de l'année si tout se déroule comme prévu.
Tout retard dans les campagnes de mesure fait du bruit dans ce calendrier. Si les projets sont reportés, il faudra plus longtemps continuer à utiliser des centrales à gaz ou à charbon pour couvrir la demande, avec pour conséquence un impact sur les émissions et sur les poches des consommateurs qui regardent déjà la facture d'électricité à la loupe.
L'association souligne également que ces systèmes de surveillance font partie des infrastructures énergétiques critiques du pays. Ils ne sont pas un accessoire. Sans mesures de vent fiables, la chaîne allant de la conception à l’exploitation d’un parc éolien souffre du début à la fin.
Vandalisme contre les infrastructures vertes
Les experts en sécurité énergétique préviennent depuis un certain temps que les infrastructures clés de la transition verte peuvent devenir la cible d’attaques physiques ou de campagnes de harcèlement. Lors du déploiement des réseaux mobiles de cinquième génération, par exemple, de nombreux cas de vandalisme contre les antennes ont été enregistrés dans plusieurs pays européens, alimentés en partie par des canulars et des théories du complot.
Dans le cas roumain, l’industrie éolienne évite de pointer du doigt et se limite à demander une réponse rapide et coordonnée aux autorités. Le message sous-jacent est clair. Si une poignée de pylônes isolés peuvent retenir des milliards d’investissements dans les énergies propres, la protection de ces actifs devrait être une priorité au même titre que la protection des sous-stations, des lignes à haute tension ou des centres de contrôle.
Pour le reste de l’Europe, l’épisode fait office d’avertissement. La transition énergétique ne consiste pas seulement à installer davantage de mégawatts renouvelables. Cela nécessite également de prendre soin du tissu de petites infrastructures discrètes qui permettent à une éolienne de rester au bon endroit et de fonctionner pendant des décennies.
En fin de compte, la question est simple. Nous voulons davantage d’énergie éolienne pour réduire les émissions et réduire la dépendance aux combustibles fossiles, mais sommes-nous prêts à protéger sérieusement tout ce qui se trouve derrière chaque éolienne ?
La lettre officielle de l'Association roumaine de l'énergie éolienne envoyée au gouvernement, dont le contenu a été avancé par le média spécialisé Economica.net, a été publiée dans Economica.net.
L'article Le secteur des énergies renouvelables en Roumanie dénonce les attaques systématiques contre ses parcs éoliens : « Ce ne sont pas des vols courants, c'est du sabotage qui met en danger la sécurité énergétique » a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.





0 réponse à “Le secteur des énergies renouvelables en Roumanie dénonce les attaques systématiques contre ses parcs éoliens : « Ce ne sont pas des vols courants, ce sont des sabotages qui mettent en danger la sécurité énergétique »”