Le stress des plantes herbivores laisse des traces invisibles mais mesurables sur les écosystèmes méditerranéens. Une étude menée par l'Université Polytechnique de Madrid révèle que les espèces moins consommées par les grands herbivores présentent des signes évidents de stress physiologique, tandis que les plantes adaptées au broutage résistent mieux à la pression. Les résultats ouvrent la porte à de nouveaux outils de surveillance environnementale.
Lorsque la densité des cerfs dépasse la capacité d’accueil du territoire, la régénération naturelle de la forêt est sérieusement compromise. Les jeunes plants sont les plus touchés, car ils subissent un broutage constant qui empêche leur croissance et leur survie.
Cet impact se traduit par des changements mesurables, tels qu'une photosynthèse réduite, une augmentation des composés défensifs et une production de biomasse plus faible. Ces indicateurs permettent aux scientifiques d’évaluer objectivement la pression des herbivores.
Le stress des plantes par les herbivores détecté comme un signal précoce
Le stress des plantes par les herbivores permet de détecter précocement des dégâts dans les écosystèmes affectés par la surpopulation de grands ongulés.
Les plantes habituellement moins consommées par les grands herbivores comme les cerfs présentent des « signes évidents de stress », tandis que celles communes dans leur alimentation, « mieux adaptées à la consommation », ne présentent pas de niveaux de stress élevés, selon une étude menée par l'Université Polytechnique de Madrid (UPM).
La recherche, réalisée par le Centre pour la conservation de la biodiversité et le développement durable (CBDS) de l'UPM et à laquelle ont également participé le Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) et l'Université autonome de Barcelone, a été publiée dans la revue « Indicateurs écologiques ».
Le stress des plantes herbivores altère la photosynthèse
Le degré d'affectation des plantes pourrait être vérifié en analysant leurs niveaux de chlorophylle, d'azote et d'échange gazeux, car « si la plante est stressée, sa photosynthèse est altérée et la quantité et le schéma de fluorescence changent », explique le CBDS.
La recherche visait à « vérifier si ces changements peuvent servir de signaux précoces et fiables de stress » chez les plantes, ce qui est « particulièrement utile » étant donné que les grands herbivores « déséquilibrent les écosystèmes » de plusieurs parcs nationaux du sud de l'Espagne, selon l'un des co-auteurs de l'ouvrage, Ramón Perea.
Les scientifiques ont analysé deux espèces de maquis méditerranéen du parc national de Cabañeros : le ciste collant, peu attrayant pour les cerfs, et l'olivilla, une plante « très désirable et nutritive » pour eux.
La recherche visait à « vérifier si ces changements peuvent servir de signaux précoces et fiables de stress » chez les plantes.
Le stress des plantes herbivores affecte les espèces non consommées
L'analyse comprenait la mesure d'aspects physiologiques tels que la fonction des feuilles et la gestion de l'eau, ainsi que leur signal spectral : la façon dont elles réfléchissent la lumière, qui peut être détectée à l'aide de capteurs à distance tels que des satellites et des drones.
Les chercheurs estiment que l'application de programmes de surveillance, tels que les indices spectraux, peut offrir des « informations essentielles » pour planifier des stratégies de conservation, réduire les coûts et « réaliser un diagnostic global et non invasif de l'état des zones rurales ».
Dans cette situation, les experts soulignent la nécessité d'appliquer des mesures de gestion fondées sur la science. La surveillance du stress des plantes est présentée comme un outil utile pour détecter les déséquilibres et ajuster les populations de cerfs. L'intégration de ces indicateurs dans les politiques de conservation peut contribuer à rétablir l'équilibre entre la faune et la végétation, garantissant à long terme des écosystèmes plus diversifiés, résilients et fonctionnels. Continuer la lecture dans NATURE





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