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Les ânes sauvages pourraient « créer de l’eau » dans le désert : l’hypothèse est confortée par la capacité de ces animaux à creuser des canaux asséchés et l’intérêt croissant pour leurs effets écologiques.

Par Cécile Arnoud | Publié le 15.01.2026 à 23h23 | Modifié le 15.01.2026 à 23h23 | 0 commentaire
Manada de burros salvajes en Australia usada en proyectos de restauración del suelo y creación de pozos de agua

L’Australie considère les ânes sauvages comme un problème à éliminer depuis des décennies. Dans des régions comme le Kimberley (Australie occidentale), la gestion s'est appuyée sur des contrôles aériens et des programmes continus car les animaux endommagent les clôtures, se disputent les points d'eau et exercent une pression sur les berges fragiles des rivières. À cette époque, des centaines de milliers d’ânes ont été sacrifiés et le débat public s’est presque toujours déroulé selon un axe simple (contrôle ou catastrophe).

Mais quelque chose change, non pas parce que l’âne est différent, mais parce qu’une partie de la science et de la gestion des terres commence à se poser autre chose (quels processus écologiques peuvent être activés si l’animal est utilisé avec des limites, des objectifs et un suivi). L’idée n’est pas de « laisser en liberté les ânes sauvages », mais de passer d’une extermination permanente à une démarche d’ingénierie écologique maîtrisée.

Le fait inconfortable qui pousse le virage

A Kimberley, une analyse diffusée par ABC indique qu'environ 78 millions de dollars australiens ont été investis en une quarantaine d'années de contrôles et que la justification économique a été défendue par des bénéfices pour l'élevage. Dans le même temps, la direction régionale elle-même parle en termes de scénarios et de ratios avantages-coûts, ce qui révèle que l’enjeu n’est plus seulement « de tuer ou de ne pas tuer » mais plutôt de choisir une stratégie mesurable avec des résultats différents selon l’effort et l’objectif.

C'est précisément sur ce terrain qu'intervient la proposition alternative (utilisation des ânes comme outil de restauration dans des sites dégradés, avec de faibles densités, clôtures, itinéraires planifiés et retrait immédiat si des impacts négatifs apparaissent).

Comment un âne peut « fabriquer » de l’eau sans magie

Les preuves les plus citées proviennent de déserts en dehors de l'Australie, notamment d'une étude réalisée en Science sur des équidés libres (chevaux et ânes) qui creusent des puits pour accéder aux nappes phréatiques dans des canaux secs. Ces puits augmentaient la disponibilité de l’eau, réduisaient les distances entre les points d’hydratation et étaient utilisés par des dizaines d’espèces différentes.

Cela ne signifie pas qu’un troupeau en Australie « sauvera » automatiquement le désert. Cela signifie qu'il existe un mécanisme écologique réel et mesuré (puits creusés par les équidés) qui peut devenir un outil s'il est reproduit dans des conditions comparables et avec un suivi sérieux.

Sol dur, pluie qui ne rentre pas et rôle des sabots

Dans les zones arides, une croûte superficielle peut empêcher l’infiltration de la pluie et la germination des graines. Un piétinement modéré, au bon endroit, peut briser cette croûte et créer des microdépressions où l'eau reste plus longtemps et s'infiltre mieux. Le problème est l’excès (lorsque le piétinement laisse le sol nu, cela augmente l’érosion et brise les berges). C'est pourquoi les mots clés ici sont « modéré » et « conçu ».

À cela s’ajoute un vecteur simple (les matières fécales transportent des graines et des nutriments). Ce n'est pas un miracle, c'est une dispersion biologique. La valeur apparaît lorsque la gestion concentre l'activité sur les parcelles dégradées et protège les zones sensibles.

Le vrai laboratoire est sur le terrain et il existe déjà un cas australien

En 2024, ABC a raconté l'histoire d'un éleveur qui utilise des ânes sauvages dans le cadre d'une approche régénératrice dans le cadre d'un projet décrit comme pionnier en Australie, avec un conflit juridique inclus parce que les réglementations continuent de les traiter comme des nuisibles dans plusieurs juridictions. Le rapport inclut un point crucial (il y a un intérêt à prouver des bénéfices, mais aussi des limites et des règles qui aujourd'hui ne visent pas à « vivre avec les ânes » mais à les éradiquer).

C'est là que réside le cœur du changement (il ne s'agit pas de romantiser l'âne, il s'agit de concevoir un système de gestion qui transforme un risque en un service écosystémique, ou qui écarte l'idée si le risque domine).

Que devrait faire un « âne utile » pour éviter de devenir un désastre ?

Une démarche responsable s’apparente plus à un protocole qu’à un slogan. Premièrement (le zonage), exclure les berges des rivières, les zones humides sensibles, les sources et les zones à haute valeur écologique. Deuxièmement (densité), travailler avec des effectifs faibles et des objectifs précis (infiltration, réduction des poussières, création de microzones humides) et éliminer les animaux s'il y a des signes de dégradation. Troisièmement (infrastructures) clôtures, points d'eau alternatifs et couloirs de passage qui évitent les pentes fragiles. Quatrième (mesure) transects de végétation, compactage des sols, turbidité de l'eau et biodiversité associés aux puits. Cinquièmement (bien-être animal), tout contrôle doit suivre les codes de bonnes pratiques humanitaires en vigueur.

Bref, l’Australie ne « découvre » pas que les ânes sont bons. Il découvre qu'une gestion intelligente peut transformer un animal à problèmes en un outil ponctuel, ou confirmer par des données qu'à certains endroits, le coût écologique est trop élevé. Et cette nuance – tester, mesurer, ajuster ou rejeter – est ce qui sépare la restauration d’un nouveau cycle de conflit.

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