Les Asturies prévoient de tuer 67 loups. Saviez-vous que chasser les loups pouvait augmenter les attaques contre le bétail ? Le nouveau plan asturien visant à éliminer des dizaines de spécimens vise à réduire les dégâts, mais la science prévient que les chasser au hasard et « diviser » les troupeaux générera l'effet inverse.
Pour ne rien arranger, la réglementation de l'Union européenne impose la protection des espèces menacées et, selon les données officielles, la population de loups ibériques est loin d'être considérée comme hors de danger dans notre pays.
Les écologistes et les scientifiques exigent que ce décret soit immédiatement annulé. De plus, ils demandent aux autorités centrales d'inclure à nouveau le loup (Canis lupus signatus) sur la liste des espèces bénéficiant d'une protection particulière.
La polémique fait rage dans les Asturies, tandis que les tensions grandissent entre les défenseurs de la conservation de l'environnement, des lois communautaires et du secteur de l'élevage. L’idéal serait de parvenir à un accord qui protège la nature sans nuire aux paysages.
Les Asturies envisagent de tuer 67 loups et Alianza Verde les accuse d'enfreindre la loi
Le parti écologiste souligne la cruauté envers le loup du gouvernement du Parti Socialiste d'Adrián Barbón, dans les Asturies, « contraire à tout critère scientifique, rationnel et contre le bon sens », et exige qu'il arrête l'abattage de 67 loups qu'il a annoncé pour septembre, car c'est aussi « contre la loi ».
Malgré ce qu'a annoncé le gouvernement Barbón, qui considère les 67 spécimens battus « un chiffre adéquat pour rendre la conservation de l'espèce compatible avec le maintien des élevages », la réalité scientifique indique le contraire. Il est scientifiquement prouvé que l’élimination systématique des spécimens ne réduit pas les conflits avec le bétail, mais les augmente au contraire.
Du côté du parti environnemental, ils rappellent que, dans les allégations qu'ils ont présentées, précisément au nouveau plan de gestion du loup sur lequel le gouvernement Barbón entend désormais s'appuyer, puisque « La directive Habitats permet la gestion de l'espèce uniquement si elle se trouve dans un « état de conservation favorable ».
La réalité scientifique montre que ce n’est pas le cas dans le cas du loup ibérique. En effet, le coordinateur fédéral d'Alianza Verde, Juantxo López de Uralde, souligne que : « Récemment, en mars dernier, la Commission européenne a de nouveau donné raison à nous après avoir demandé son intervention, rappelant que l'abattage des loups est illégal parce que leur état de conservation est défavorable.
Il n'y a aucune garantie légale
Pour Alianza Verde, cette annonce du gouvernement asturien va à l'encontre de toute garantie légale, en premier lieu, puisque cela fait à peine deux mois que le gouvernement et les communautés autonomes se sont réunis lors de la Conférence sectorielle sur l'environnement, et que le gouvernement n'a pas encore envoyé le rapport sexennal à envoyer à la Commission européenne. Selon le parti écologiste, à l’instar des organisations de conservation, « le seul rapport valable, et donc celui que le gouvernement doit envoyer, est le rapport scientifique ».
Le rapport du Ministère, à partir des données des communautés autonomes elles-mêmes, considère que l'état de conservation du loup reste défavorable « dans toutes les régions » car, bien qu'il se soit amélioré, les 500 meutes nécessaires, selon la science, pour garantir son avenir, n'ont pas été atteintes (on estime qu'il y en a 333).
Pour López de Uralde, « la cruauté envers le loup est une honte anti-scientifique, et il est particulièrement regrettable qu’un gouvernement autonome, vraisemblablement de gauche, soit tombé dans le négationnisme promu par la droite et ses lobbies avec leurs campagnes de canulars et de fausses nouvelles ».
Et il insiste : « Nous demandons au gouvernement des Asturies de retirer ce projet de décret, annulant définitivement les contrôles mortels du Plan de gestion du loup dans les Asturies parce qu'ils sont contraires à la réglementation européenne, à la jurisprudence et à la réalité scientifique. Et au gouvernement central, d'agir une fois pour toutes et de rendre le loup à LESPRE, car avec son inaction, il se rend complice des tueries.
Le loup doit être protégé, pas tué
La polémique dépasse le chiffre de 67 loups et remet au premier plan une question décisive : quels éléments doivent déterminer la gestion d'une espèce lorsque sa conservation et les dommages subis par le bétail entrent en conflit. Alianza Verde soutient que les contrôles meurtriers peuvent déstructurer les troupeaux et ne résolvent pas nécessairement les attaques contre le bétail, tandis que l'Exécutif asturien considère l'extraction prévue comme compatible avec le maintien de la population. En parallèle, le débat reste ouvert sur l'état de conservation du loup ibérique et les obligations découlant de la réglementation européenne.
Les Asturies prévoient de tuer 67 loups et septembre devient ainsi une date clé pour un conflit qui pourrait avoir des conséquences politiques, scientifiques et juridiques bien au-delà de la Principauté. La gestion des loups est confrontée à un défi qu'aucun chiffre d'extraction ne peut résoudre à lui seul : garantir que la conservation et l'élevage extensif puissent coexister grâce à la prévention des attaques, à la protection efficace des fermes, à une compensation agile et à des décisions étayées par des données vérifiables. L’avenir de l’animal dépendra aussi de ce débat abandonnant l’affrontement permanent et s’appuyant sur des preuves scientifiques et une sécurité juridique.





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