La saison des martinets vient de commencer à Cordoue et, cette année, l'accueil n'a pas été vraiment amical pour la colonie qui niche dans l'hôpital provincial. Un grillage de construction recouvre plusieurs étages du bâtiment et empêche ces oiseaux protégés d'entrer dans leurs nids au moment même où ils reviennent épuisés de leur voyage d'Afrique. On parle d'environ 400 couples, soit la plus grande colonie connue de la ville.
Que se passe-t-il exactement et pourquoi est-ce important, même pour ceux qui ne voient les martinets que comme des « oiseaux qui hurlent au crépuscule » ?
Le grillage qui bloque 400 nids
Le groupe environnemental SOS Vencejos a dénoncé le fait que l'hôpital provincial, géré par le Service andalou de santé, ait installé un grillage entourant les façades sud, nord et est entre le cinquième et le huitième étage. Cette bande concentre des centaines de cavités où, année après année, nichent des martinets pâles.
Ces derniers jours, des bénévoles du groupe ont observé « un groupe d'environ 70 martinets » tentant sans succès de pénétrer dans les trous habituels. Ils arrivent « épuisés par la migration » et se heurtent à une barrière qu’ils ne comprennent pas. Selon certaines informations, certains ont dû passer une nuit froide et pluvieuse dans les airs, sans pouvoir se réfugier dans le bâtiment.
Le grillage a été posé pour permettre des travaux sur les grilles extérieures et, selon les propres informations de l'association, il serait autorisé jusqu'au 31 mars, en pleine phase de retour et d'installation des couples reproducteurs.
Une espèce protégée qui vit presque toujours dans les airs
Le martinet pâle (Apus pallidus) est un oiseau insectivore migrateur qui passe presque toute sa vie à voler. Il mange, dort et même s'accouple dans les airs. Il n’a besoin que d’un endroit fixe pour se reproduire, généralement des fissures et des trous dans les bâtiments ou les rochers.
Chaque printemps, ces oiseaux retournent aux mêmes endroits où ils ont élevé leurs poussins l'année précédente. C’est ce que les experts appellent la philopatrie, quelque chose comme la « loyauté envers le quartier ». Si à leur retour ils trouvent leur entrée bloquée, ils ne cherchent pas de remplaçant du jour au lendemain. Pour comprendre simplement, imaginez qu'après un très long voyage, vous arrivez chez vous et découvrez que votre porte est fermée.
De plus, les martinets rendent un service silencieux à la ville. Une seule famille peut consommer plusieurs kilos d’insectes par an, dont des moustiques et autres petits invertébrés qui nous rendent amers plus d’une nuit d’été. Les avoir à proximité, c’est avoir un « insecticide naturel » agissant gratuitement sur nos têtes.
Ce que disent la loi et le précédent en 2021
Nous ne parlons pas seulement de sensibilité environnementale. La loi 42/2007 sur le patrimoine naturel et la biodiversité protège les martinets ainsi que leurs nids, œufs et poussins. Bloquer l'accès pendant la période de reproduction ou détruire des nids peut constituer une infraction administrative, voire un délit contre la faune si une colonie entière est touchée, ce que prévoit le Code pénal.
Dans ce même hôpital, il y a déjà eu un épisode grave. En 2021, des associations environnementales ont signalé la destruction de quelque 250 nids lors d'une réforme et le parquet de l'environnement a ouvert une procédure pénale pour enquêter sur un éventuel délit contre la faune. Ensuite, l'administration a fini par s'engager à adapter les travaux à la période de non-nidification après les protestations et les actions des groupes.
Que cinq ans plus tard un conflit très similaire se reproduise dans le même bâtiment déclenche toutes les alarmes parmi les défenseurs de la biodiversité urbaine.
Ce que demandent les organisations et ce qui pourrait être amélioré
Compte tenu du nouveau maillage, SOS Vencejos a contacté les agents environnementaux et a présenté une lettre à la Junta de Andalucía pour demander des mesures urgentes. Parmi eux, qu'à la fin de la journée de travail, le grillage soit abaissé dans les plantes les plus sensibles « où se trouvent environ 250 nids » pour permettre aux oiseaux d'entrer et de se réfugier, et que les travaux évitent d'endommager les nids existants.
L'association elle-même reconnaît que des travaux dans un hôpital peuvent être nécessaires. Le problème n’est pas de réparer les grilles, mais de le faire sans prévoir que la plus grande colonie de martinets de la ville vit sur ces terrasses. Planifier les travaux de façade en dehors des mois de reproduction, vérifier les bâtiments avec des techniciens spécialisés ou installer des structures de nidification alternatives sont des outils déjà utilisés dans d'autres travaux complexes, comme ceux qui ont touché les colonies de martinets dans les infrastructures ferroviaires d'Almería.
En fin de compte, la question est simple. Si l’on sait que ces oiseaux sont en déclin, qu’ils contribuent à lutter contre les nuisibles et que la loi les protège, est-il judicieux de continuer à organiser des œuvres comme si elles n’existaient pas ?
Tant qu’il n’y aura pas de réponse publique de la part du Gouvernement andalou, la balle sera dans le camp de l’administration et de l’entreprise responsable des travaux. Ajuster les horaires de travail et adapter le maillage pour que les martinets puissent accéder à leurs nids permettrait non seulement d'éviter d'éventuelles sanctions, mais enverrait également un message clair de compatibilité entre santé publique et biodiversité urbaine. Et cela, dans une ville de plus en plus chaude et où les insectes se multiplient, n’est pas une mince affaire.
La plainte originale de SOS Vencejos et les détails du maillage de l'hôpital provincial ont été publiés dans Cordopolis.
L'article Les animalistes exigent des mesures urgentes à Cordoue car la plus grande colonie de martinets est en danger a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.





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