Une œuvre d’ingénierie datant d’il y a deux siècles peut-elle être utilisée aujourd’hui pour stocker de l’eau ? La technologie, l'industrie, ont changé, mais les principes architecturaux sont restés les mêmes depuis des centaines d'années, et c'est ce que l'Inde se tourne désormais vers le passé, pour récupérer les puits, étangs et réservoirs traditionnels qui servaient autrefois à capter la pluie et à recharger les eaux souterraines.
Après des décennies de détérioration, le Moosi Rani Sagar, à Alwar, dans l'État du Rajasthan, s'est à nouveau rempli d'eau en 2025, dépassant le trottoir pour la première fois depuis plus de 30 ans, indiquant que, si le système est restauré, il pourrait à nouveau remplir la même fonction.
Un entrepôt historique reprend ses activités
Le Moosi Rani Sagar est un puits à marches, un grand réservoir auquel on accède par des escaliers qui atteignent l'eau. Cette structure fait partie d'un réseau historique trouvé au pied de la chaîne de montagnes Aravalli, à côté d'un monument de 1815.
Le système a été bloqué après des années de manque d'entretien par les déchets, l'eau contaminée, l'excès de sédiments et la végétation envahissante. Mais son rétablissement a été promu par la Fondation Environnementale de l'Inde, en collaboration avec la Fondation Hinduja, Ashok Leyland et la Fondation Prince Albert II de Monaco, ainsi que par le soutien du gouvernement du Rajasthan. Ce projet a été présenté le 22 mars 2022.
C'est comme ça qu'on attrape la pluie
Kishen Kund est le point de départ du voyage sur l'eau, au sommet des collines. Il passe par un canal doté de puits de recharge et par Haathi Kund, un réservoir chargé de retenir le sol et d'autres matériaux, avant que le débit n'atteigne finalement le Moosi Rani Sagar.
L’idée est qu’au lieu de laisser couler la pluie et de la perdre, ce réseau la ralentit et la stocke, ce qui fait qu’une partie peut s’infiltrer lentement dans le sous-sol, alimentant ainsi les aquifères.
Une solution adaptée à chaque localisation
L'Inde possède des structures traditionnelles préservées en parfait état, comme le baori, le johad, le kund, le tanka et le nadi. Un baori facilite l'accès de l'eau par les marches, tandis que d'autres systèmes sont chargés de retenir le ruissellement, de stocker la pluie sous terre ou de former de petits étangs communautaires.
Une grande partie de la pluie en Inde est concentrée sur quelques mois, et pour une population qui représente 18 % de la population mondiale, mais avec seulement 4 % d'eau douce, ces systèmes peuvent représenter un changement pour la population.
C'est pour cette raison qu'a été lancée la campagne Catch the Rain, chargée de promouvoir des solutions locales, de restauration et de recharge des aquifères. La technologie d'aujourd'hui est nécessaire, mais ces œuvres anciennes peuvent parfaitement remplir cette tâche et leurs possibilités méritent d'être exploitées.
La restauration ne suffit pas à elle seule
Mais il n'est pas seulement nécessaire de restaurer, l'entretien constant, le nettoyage, la surveillance sont également importants… Si le réservoir est rempli de déchets contaminés, cette eau sera inutile.
L'information a été publiée dans le Fondation environnementaliste de l'Inde.





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