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Pékin crée son premier parc sans moustiques grâce à la technologie et à la menthe

Par Cécile Arnoud | Publié le 10.08.2026 à 11h23 | Modifié le 10.08.2026 à 11h23 | 0 commentaire
Pekín crea su primer parque libre de mosquitos con tecnología y menta

Pékin crée son premier parc sans moustiques et l'a fait grâce à un laboratoire urbain révolutionnaire dans le parc Yongdinghe. Cette initiative combine pièges de haute technologie, végétation aromatique et élimination stricte des zones de reproduction des eaux stagnantes.

Les dispositifs de capture attirent les femelles en simulant la respiration et la chaleur humaines avant de les sucer. Dans le même temps, des plantes comme la menthe et le contrôle des larves renforcent un système conçu pour réduire drastiquement les piqûres.

Le projet répond à l’augmentation inquiétante de ces insectes dans le nord de la Chine. Le réchauffement climatique, les pluies et l’urbanisation rapide prolongent leur période d’activité, augmentant ainsi le risque de propagation virale.

En rapportCela ressemble à un simple sac de terre pour les plantes, mais les experts préviennent : l'utilisation de la tourbe dans le jardin peut libérer d'énormes quantités de carbone.CO2

À l’horizon 2028, les autorités cherchent à étendre ce modèle à quatre-vingts pour cent de leurs espaces publics. L’objectif principal n’est pas de les exterminer, mais de maintenir leurs populations dans des limites sanitaires sûres.

Pékin crée son premier parc sans moustiques avec un système qui peut changer les villes

Pékin crée son premier parc sans moustiques et transforme un espace vert au bord de la rivière Yongding en laboratoire urbain contre l'un des animaux ayant le plus grand impact sanitaire sur la planète. La technologie, la végétation et l'élimination des eaux stagnantes forment une barrière destinée à réduire les piqûres sans poursuivre l'élimination aveugle de ces insectes.

L'expérience est particulièrement pertinente car le moustique étend sa saison d'activité et sa répartition en Chine. Des températures plus élevées, des précipitations plus élevées, l’urbanisation et la mobilité internationale peuvent favoriser leur survie et augmenter le risque de transmission de maladies telles que la dengue et le chikungunya.

En rapportLes plantes sacrifient leur capacité à s’adapter à la chaleur pour continuer à attirer les quelques pollinisateurs restantsNature

Pékin crée son premier parc sans moustiques avec des pièges imitant les humains

Le parc Yongdinghe, situé dans le district ouest de Mentougou, fonctionne comme un scénario pilote pour une stratégie mêlant prévention sanitaire et gestion environnementale. Sa caractéristique la plus frappante réside dans les pièges intelligents capables de tromper les moustiques en simulant les signaux humains.

Les appareils libèrent du dioxyde de carbone et produisent de la chaleur, deux stimuli qui attirent particulièrement les femelles, responsables des piqûres. Lorsqu’ils s’approchent suffisamment, un mécanisme d’aspiration les capture, réduisant ainsi la population adulte présente dans les zones fréquentées par les visiteurs.

La technologie offre également des informations visibles : les machines intègrent des écrans qui affichent leurs captures. Les jours particulièrement intenses, on peut compter jusqu'à 3 000 moustiques, faisant de la lutte contre les insectes un outil qui nous permet également d'observer leur abondance.

La menthe et les plantes aromatiques forment une deuxième barrière naturelle

La technologie ne représente qu'une partie du projet. Yongdinghe utilise environ 800 mètres carrés de végétation sélectionnée, dont de la menthe, de l'herbe à chat et de la campanule chinoise, que les autorités incorporent comme complément végétal pour empêcher la présence de moustiques.

L’approche est intéressante car elle abandonne l’idée de lutter contre un ravageur exclusivement par des traitements chimiques. Combiner ingénierie, végétation et maintenance environnementale permet d’agir sur différentes phases et comportements de l’insecte et de réduire la dépendance à une seule solution.

Des actions sont également menées sur le terrain, notamment le traitement des sols. Le modèle transforme ainsi l'aménagement paysager du parc lui-même en élément de prévention et ouvre une possibilité intéressante : penser les espaces verts urbains en tenant également compte des vecteurs de maladies.

Le véritable ennemi se trouve peut-être dans quelques centimètres d’eau

L’une des mesures les moins spectaculaires est peut-être la plus importante : empêcher les petites accumulations d’eau de servir de gîtes larvaires.

Le programme comprend la vérification des puits d'eaux pluviales, des fossés de drainage, des dépressions du sol et d'autres points susceptibles de stocker de l'eau.

La végétation a également besoin d'un entretien périodique. Il ne suffit pas de capturer des spécimens adultes alors que de nouvelles générations peuvent continuellement se développer autour d’eux. La stratégie cherche donc à intervenir dans l’ensemble du cycle de reproduction, depuis les larves jusqu’aux moustiques adultes.

D'autres parcs de Pékin expérimentent des solutions différentes. À Xiangshan, au nord-ouest de la capitale, les poissons sont utilisés pour consommer les larves de moustiques dans les étangs, introduisant ainsi un mécanisme de contrôle biologique complémentaire aux actions technologiques et environnementales.

Le changement climatique pousse les moustiques vers le nord de la Chine

Derrière cette expérience se cache une transformation environnementale plus large. Cheng Gong, professeur au Département des sciences médicales fondamentales de l'Université Tsinghua, souligne que les conditions dans le nord de la Chine deviennent progressivement plus favorables à ces insectes.

La hausse des températures et des précipitations, combinée à l’effet d’îlot de chaleur urbain, peut prolonger les périodes pendant lesquelles les moustiques survivent et se reproduisent. À cela s’ajoute la prolifération de petits récipients et surfaces capables de retenir l’eau au sein des villes densément peuplées.

Il existe également un facteur mondial : les personnes et les biens parcourent d’énormes distances, augmentant ainsi les possibilités d’introduction d’agents pathogènes dans des endroits où ils étaient auparavant rares. Bien que le nord de la Chine ne soit pas actuellement une région endémique pour la dengue ou le chikungunya, des conditions environnementales appropriées peuvent faciliter les épisodes de transmission locale.

Pékin regarde vers 2028 : l’objectif n’est pas de les exterminer

Les précédents expliquent le souci sanitaire. Le chikungunya a dépassé les 7 000 cas dans la province méridionale de Guangzhou en 2025, tandis que la dengue y avait enregistré sa plus grande épidémie au cours des cinq années précédentes en 2024. Le problème va donc bien au-delà des piqûres estivales inconfortables.

Pékin ne propose toutefois pas d’éliminer tous les moustiques. L’objectif scientifique et sanitaire est de maintenir leurs populations en dessous de niveaux problématiques, de réduire les piqûres et de minimiser les possibilités de transmission de maladies. Cette différence entre éradication et contrôle est essentielle pour comprendre le projet.

Yongdinghe ne représente que la première vitrine d’une stratégie beaucoup plus vaste. Le plan triennal lancé en 2026 vise à garantir que d'ici 2028, 80 % des communautés et des espaces publics de la mégapole participent à l'initiative d'espaces ou de communautés sans moustiques.

Les moustiques font partie de l'écosystème

L’expérience de Yongdinghe pointe vers une transformation silencieuse des villes.

Face au changement climatique, les espaces verts ne doivent plus seulement offrir de l'ombre, de la biodiversité et des espaces de loisirs : leur conception peut aussi devenir un outil de prévention contre les vecteurs capables de transmettre des maladies.

Pékin crée son premier parc sans moustiques sans chercher à construire un écosystème totalement dépourvu de ces insectes. Leur pari est plus sophistiqué : combiner données, technologie, maintenance, plantes et contrôle biologique pour coexister avec eux tout en gardant leur population sous contrôle. Si le modèle fonctionne à grande échelle, le véritable héritage de Yongdinghe pourrait se situer bien au-delà de ses traces.

Pékin crée son premier parc sans moustiques : on vous le dira dans 15 secondes

Comment Pékin a-t-il réussi à avoir un parc sans moustiques ?

Le parc Yongdinghe combine des pièges intelligents, des plantes considérées comme répulsives, l'entretien de la végétation et l'élimination d'éventuels terrains fertiles pour les eaux stagnantes. Les pièges utilisent la chaleur et le dioxyde de carbone pour attirer les femelles et les capturer ensuite par aspiration.

La menthe sert-elle vraiment à faire fuir les moustiques ?

La menthe et d’autres plantes aromatiques contiennent des composés associés à des effets répulsifs, mais la plantation de menthe ne garantit pas à elle seule un espace sans moustiques. À Pékin, elle est utilisée comme mesure complémentaire dans le cadre d’une stratégie beaucoup plus large.

Pourquoi y a-t-il de plus en plus de moustiques dans le nord de la Chine ?

Les spécialistes pointent du doigt une combinaison de températures plus élevées, de précipitations, d’effets d’îlots de chaleur, d’accumulations d’eau urbaines et de mobilité des personnes et des biens. Ces conditions peuvent élargir à la fois son territoire et sa saison d'activité.

Peut-il y avoir de la dengue ou du chikungunya à Pékin ?

Le nord de la Chine n'est pas une zone d'endémie traditionnelle pour ces maladies, mais il existe un risque de transmission locale, s'il existe des moustiques capables de les transmettre, l'introduction du virus et des conditions adéquates de température, d'humidité et de densité d'insectes.

Pékin veut-il éliminer tous les moustiques ?

Non. La stratégie vise à contrôler sa densité, à réduire les piqûres et à réduire le risque épidémiologique. L'élimination absolue n'est pas le but du programme.

Y aura-t-il davantage de parcs sans moustiques à Pékin ?

C’est précisément le saut que compte faire la ville. Le programme triennal fixe un horizon 2028, date à laquelle l'objectif est que 80 % des communautés et des espaces publics participent à l'initiative des communautés sans moustiques.

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