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Pour la première fois en 30 ans, l'une des espèces de chats sauvages les plus rares a été découverte en Thaïlande

Par Cécile Arnoud | Publié le 12.01.2026 à 1h23 | Modifié le 12.01.2026 à 1h23 | 0 commentaire
Gato de cabeza plana captado de noche por una cámara trampa caminando sobre hojas en el suelo del bosque

Un fantôme des forêts marécageuses est réapparu dans les zones humides du sud de la Thaïlande. L'insaisissable chat à tête plate, considéré comme « peut-être éteint » dans le pays depuis les années 1990, a de nouveau été photographié par des pièges photographiques à la réserve faunique Princess Sirindhorn. Il s'agit des premiers signalements confirmés depuis 1995 et totalisent 29 détections entre 2024 et 2025, selon le Département des parcs nationaux de Thaïlande et l'organisation de conservation Panthera.

À l'échelle mondiale, on estime que moins de 2 500 adultes survivent à l'état sauvage et l'espèce est classée en voie de disparition sur la Liste rouge de l'UICN. Ce n'est pas un détail mineur. Nous parlons de l’un des chats sauvages les plus rares et les plus méconnus au monde.

Une redécouverte qui ravit et inquiète à la fois

La note officielle parle d'un « moment historique pour la Thaïlande » et d'une preuve du travail patient des rangers, des scientifiques et des communautés locales. Après presque trois décennies sans nouvelles, le simple fait de confirmer que l’espèce est toujours vivante dans le pays est déjà une bonne nouvelle.

Mais l’équipe elle-même insiste sur le fait qu’il ne faut pas jeter les cloches en l’air. Le vétérinaire et chercheur Kaset Sotasha résume bien le sentiment partagé par les experts lorsqu'il souligne que la redécouverte est à la fois passionnante et inquiétante. Le chat a survécu, certes, mais il l’a fait en se réfugiant dans des fragments de forêt marécageuse de plus en plus menacés par l’expansion agricole et la conversion des terres.

À l’intérieur du sanctuaire, les caméras ont également enregistré une femelle avec un petit, ce qui est inhabituel chez une espèce qui a généralement des portées d’un seul petit. C'est le signe que la population se reproduit encore dans la région. Et ça compte.

Comment a-t-il été retrouvé ?

Pour localiser ce petit félin, quelques caméras sur un sentier n'ont pas suffi. Cette découverte fait partie de la plus grande étude de piège photographique réalisée jusqu'à présent sur le chat à tête plate. Des dizaines d’appareils ont été installés à la réserve faunique Princess Sirindhorn entre 2024 et 2025, dans le cadre d’un projet conjoint entre le Département des parcs nationaux et Panthera Thaïlande.

Résultat : une série de 13 détections en 2024 et 16 en 2025, toutes dans des forêts de tourbières et des zones gorgées d'eau et difficiles d'accès. Ce sont des lieux où les chercheurs ont du mal à se déplacer mais où ce félin est chez lui. Leur activité essentiellement nocturne complique encore plus la tâche, c’est pourquoi les pièges photographiques sont devenus un outil incontournable.

Derrière les images se cache un travail moins spectaculaire mais fondamental. Analysez les schémas de présence, estimez les densités, croisez les données avec des cartes de menaces ou d'utilisation des terres. En pratique, tout cela répond à une question très simple que se pose toute autorité environnementale. Où devrions-nous protéger en priorité pour que cette espèce ne disparaisse pas réellement ?

Qui est le chat à tête plate

Si vous imaginiez que les chats sauvages étaient principalement des tigres et des léopards, il est temps d'élargir votre catalogue mental. Le chat à tête plate (Prionailurus planiceps) est le plus petit chat sauvage d'Asie du Sud-Est, pesant moins qu'un chat domestique. Il a un crâne aplati, un corps allongé, des pattes fines et une queue courte. Leurs doigts partiellement palmés ressortent, une adaptation très utile pour se déplacer et chasser dans les zones inondées.

Sa vie tourne autour de l'eau. Il préfère les tourbières, les mangroves d'eau douce, les berges des rivières et les forêts marécageuses où il capture des poissons, des amphibiens et d'autres petits animaux. Il est spécialiste des habitats qui, malheureusement, sont justement parmi les plus dégradés de la planète.

Les zones humides sous pression et prochaines étapes

La même note de Panthera rappelle que les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont la perte d'habitat due à la conversion des terres, la pêche intensive, l'expansion agricole, la chasse, la pollution de l'eau et les maladies qui peuvent être transmises par les animaux domestiques. Lorsque les tourbières sont comblées, les marais asséchés ou les forêts marécageuses brûlent, le chat à tête plate se retrouve sans abri ni nourriture.

Cette redécouverte signifie-t-elle que l'espèce est sauvée en Thaïlande ? Pas encore. Ce que cela indique, c'est qu'il est temps d'agir si la protection des zones humides est renforcée, les incendies sont maîtrisés et la pression humaine est limitée dans les dernières forêts marécageuses du sud du pays. L'objectif est désormais de passer de la photo spécifique à un plan de conservation avec des données solides sur le territoire, la densité et les menaces réelles.

Les informations recueillies serviront également à mettre à jour l’évaluation de l’espèce inscrite sur la Liste rouge de l’UICN, un processus dirigé par les chercheurs de Panthera qui devrait débuter début 2026. Il s’agit d’une étape technique, mais dont dépendent les décisions de financement, les priorités de conservation et, in fine, l’avenir de ce petit félin.

Pendant ce temps, le chat à tête plate continuera à se déplacer silencieusement parmi les racines et les flaques d'eau, inconscient du tumulte médiatique. Son retour évoque quelque chose d’inconfortable. Parfois, les espèces ne disparaissent pas soudainement, elles se cachent simplement dans des coins que nous n’avons pas encore détruits.

Le communiqué officiel de cette redécouverte a été publié dans Panthera

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