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Après plus de 100 ans de disparition, les Kiwis viennent de rentrer dans la capitale néo-zélandaise

Par Cécile Arnoud | Publié le 28.05.2026 à 13h23 | Modifié le 28.05.2026 à 13h23 | 0 commentaire
Kiwi liberado en Wellington durante el regreso del ave símbolo de Nueva Zelanda tras más de 100 años.

Le kiwi, l'oiseau le plus reconnaissable de Nouvelle-Zélande, revient arpenter les collines de Wellington la nuit après plus d'un siècle d'absence. Le projet Capital Kiwi a achevé le transfert de 250 spécimens dans la région, avec une libération finale qui a également eu un moment très symbolique au Parlement néo-zélandais.

Les nouvelles ne sont pas seulement belles, il est également important de comprendre comment une espèce peut se rétablir lorsque ses voisins, ses propriétaires fonciers, les communautés maories et les scientifiques travaillent dans la même direction. Dans un monde où de nombreuses villes s’habituent à perdre leur faune sauvage, Wellington tente le contraire. Et ça se voit.

Un retour avec 250 oiseaux

La dernière phase du projet s'est clôturée avec la libération de sept kiwis à la gare de Terawhiti, près de Mākara, à l'ouest de Wellington. Avant d'atteindre la montagne, quelques spécimens ont été présentés au Parlement, un geste inhabituel pour un animal nocturne, timide et presque toujours invisible pour la majorité de la population.

Paul Ward, fondateur de Capital Kiwi, a résumé le sens du projet avec une simple phrase. « Ils font partie de qui nous sommes et du sentiment que nous avons d'appartenir ici », a-t-il expliqué. Il ne parlait pas seulement d'un oiseau. Il parlait d’une identité nationale qui, pendant des générations, avait été laissée en dehors de la capitale.

Pourquoi ont-ils disparu ?

Le kiwi ne vole pas, a des ailes très réduites et dépend fortement du sol pour se nourrir et se reproduire. Cela les rend fascinants, mais aussi vulnérables. Lorsque des prédateurs introduits tels que les hermines, les furets, les chats et les chiens sont arrivés, de nombreuses populations ont été laissées sur les cordes.

Le ministère néo-zélandais de la conservation estime qu'il reste environ 70 000 kiwis dans le pays, et que les populations non gérées perdent environ 2 % chaque année. Dans les zones sans contrôle des prédateurs, la survie des poussins peut être extrêmement faible. En clair, sans surveillance, beaucoup ne grandissent pas.

La clé est dans les pièges

Le retour à Wellington ne commença pas le jour de la libération. Cela a commencé des années auparavant, avec un réseau de contrôle des prédateurs réparti sur quelque 24 000 hectares de terres, en grande partie privées, autour de la ville. Plus de 5 000 pièges ont été installés dans cette zone, notamment contre l'hermine, l'un des plus grands ennemis des poussins.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour une ville ? Cela signifie qu’il ne suffit pas de relâcher les animaux et d’espérer de la chance. Il faut préparer le territoire, discuter avec les propriétaires, coordonner les bénévoles, vérifier les pièges et poursuivre le travail pendant des années. La nature peut revenir, oui, mais elle revient rarement seule.

Les premiers poussins

L’une des données les plus frappantes est la survie des poussins. Selon les informations publiées sur le projet, le permis du Département de la Conservation exigeait d'atteindre un taux de survie des nouveau-nés de 30 %, mais Capital Kiwi aurait dépassé cet objectif avec un taux proche de 90 % à Wellington.

Ce chiffre explique pourquoi les responsables parlent d'une population qui commence déjà à subvenir à ses besoins. Il ne s’agit pas seulement de déplacer les oiseaux des sanctuaires protégés. Le très bon signe est que les kiwis peuvent se reproduire à l’état sauvage et que leurs poussins atteignent suffisamment de poids pour mieux se défendre contre les prédateurs.

Une ville qui écoute la nuit

À Wellington, certains habitants ont déjà vu des kiwis sur les caméras de sécurité, dans les jardins ou à proximité des sentiers. Pour quiconque vit dans une grande ville, l’idée semble presque étrange. Normalement, on parle de bruit, de circulation et de lumières. Ici, l'histoire parle d'entendre un oiseau de nuit là où on n'entendait rien auparavant.

Le kiwi est aussi un animal très particulier. Il possède des plumes qui ressemblent à des cheveux, un long bec, un odorat très développé et une façon de bouger qui le rend reconnaissable. C’est une de ces espèces qui n’ont pas besoin d’être énormes pour avoir un poids culturel gigantesque.

Plus qu'une libération d'animaux

Pendant des années, de nombreuses espèces menacées en Nouvelle-Zélande ont survécu principalement sur des îles ou dans des sanctuaires étroitement contrôlés. Ce modèle a sauvé des vies, mais il a aussi une limite. Lorsque ces zones se remplissent, les projets ont besoin de nouveaux espaces sûrs.

C'est là qu'intervient Wellington. La capitale est devenue le test de quelque chose de plus ambitieux : ramener la faune sauvage dans un environnement où vivent de nombreuses personnes. Ce n'est pas rien. Si une ville peut vivre avec Kiwi, elle peut aussi changer sa façon de comprendre ses parcs, ses chiens, ses nuits et ses limites.

Qu'est-ce qui vient maintenant

Le défi ne s’arrête pas avec l’exemplaire numéro 250. En fait, une autre étape commence. Le maintien d’une population sauvage nécessite une surveillance constante, un contrôle des prédateurs, une éducation citoyenne et des soins aux chiens, car une seule attaque peut anéantir des années de travail sur une petite zone.

Pour les voisins, le slogan est simple. Ne pas déranger, ne pas s'approcher, garder les chiens sous contrôle et prévenir les équipes de conservation si un animal apparaît dans un endroit à risque. Pour le reste du monde, la leçon est également claire. La restauration écologique fonctionne mieux lorsque la communauté ne regarde pas de l’extérieur, mais participe plutôt.

Les informations officielles sur le projet sont publiées dans Le projet Capital Kiwi.

L'entrée Après plus de 100 ans de disparition, les Kiwis viennent de rentrer dans la capitale de la Nouvelle-Zélande a été publiée pour la première fois sur ECOticias.com.

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