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Des scientifiques découvrent des preuves confirmant qu'un monstre marin comme celui du Loch Ness existait sous l'Atlas saharien.

Par Cécile Arnoud | Publié le 13.03.2026 à 22h24 | Modifié le 13.03.2026 à 22h24 | 0 commentaire
Fósil de vértebra de plesiosaurio descubierto en el Atlas Sahariano de Argelia del Cretácico Superior.

Là où nous voyons aujourd'hui un relief aride et des pierres nues, s'étendait il y a près de 90 millions d'années une mer chaude et peu profonde. Dans ce paysage disparu, l'actuel nord-est de l'Algérie regorgeait d'ammonites, de bivalves mais aussi de grands reptiles marins. Nous le savons désormais avec certitude grâce à un seul os : une vertèbre dorsale de plésiosaure qui vient de devenir le premier signalement de ce groupe dans le pays.

Une étude publiée dans la revue Historical Biology décrit ce fossile isolé de la Formation d'Essen, au Djebel Essen, dans la région de Tébessa, au nord-est de l'Algérie. La pièce a été localisée lors d'une campagne de terrain en 2025 dans le cadre d'un projet de doctorat qui étudiait systématiquement les niveaux marins du Crétacé supérieur, en particulier le Coniacien supérieur, un intervalle qui se situe il y a environ 89 à 86 millions d'années.

Et que peut dire une seule vertèbre sur un animal qui pourrait mesurer plusieurs mètres de long ? Plus qu'il n'y paraît. Le centre vertébral catalogué sous la référence UBMA.MG-P.ESN.001 conserve des traits très caractéristiques du groupe des Plesiosauria et, en particulier, des élasmosaures, les formes au très long cou qui dominaient de nombreux écosystèmes marins à la fin du Crétacé. Les chercheurs soulignent que les surfaces articulaires et la présence de trous dans la partie ventrale de l'os correspondent bien à ce type de reptile marin, même si elles ne permettent pas d'atteindre un genre ou une espèce spécifique.

L’équipe elle-même le reconnaît avec prudence. Selon les mots de l’auteur principal, Mohammed Nadir Naimi, traduits en espagnol, « il est intrinsèquement difficile d’établir des affectations taxonomiques définitives à partir d’une seule vertèbre isolée ». La stratégie a donc été conservatrice : décrire la morphologie en détail, la comparer avec d’autres spécimens publiés et se limiter à proposer qu’il s’agit d’un élasmosaure indéterminé, au lieu de nommer un nouveau « monstre marin » à partir d’un seul os.

Le contexte dans lequel la vertèbre est apparue est presque aussi important que l’os lui-même. Le fossile a été trouvé entouré de bivalves, d'un gastéropode, d'ammonites, d'ostracodes, de foraminifères et d'échinides : restes d'une communauté marine diversifiée qui vivait dans une lagune isolée avec une eau bien oxygénée et une salinité normale. Ce n’était pas un océan ouvert, mais un environnement côtier calme mais riche en vie, parfait pour qu’un prédateur patrouille lentement avec son long cou parmi les bancs d’invertébrés et de poissons.

La découverte se démarque également par son âge. Le record mondial de plésiosaures du Coniacien est très rare et, jusqu'à présent, il n'existait aucun record dans cet intervalle pour l'Afrique du Nord. Les formations crétacées du plateau saharien étaient connues pour leurs dinosaures, crocodiles, tortues et ptérosaures, mais les grands reptiles marins étaient toujours absents du tableau. Cette vertèbre change ce panorama et élargit la répartition temporelle et géographique des élasmosaures sur la marge sud de l'ancienne mer de Téthys.

Pour la paléontologie africaine, le message est clair. Si une seule campagne axée sur la Formation d'Essen a révélé un fossile aussi instructif, il est probable qu'il y ait d'autres restes en attente dans les mêmes couches ou dans des unités voisines. L'équipe a déjà annoncé de nouveaux travaux de terrain dans la zone du Djebel Essen pour rechercher d'autres éléments du squelette et cartographier les niveaux les plus riches en fossiles afin de mieux reconstruire cet ancien écosystème marin.

Il y a aussi un rappel plus large. L’endroit où l’on voit aujourd’hui un paysage presque désertique était autrefois une mer peu profonde parsemée de lagons. Comprendre comment ces environnements ont évolué à l’échelle de plusieurs millions d’années permet de relativiser les changements actuels sur la planète, même s’ils se déroulent à une vitesse différente. La Terre n’est pas statique et chaque petit fossile apparaissant dans le Sahara ajoute une nouvelle pièce à ce puzzle géant.

Pour l’instant, nous ne disposons que d’une seule vertèbre, mais elle ouvre déjà une fenêtre sans précédent sur le Crétacé africain. Si d'autres ossements apparaissent dans les prochaines campagnes, peut-être même un crâne, l'histoire de cet élasmosaure algérien passera du statut de note préliminaire à celui de référence pour comprendre les mers qui couvraient l'Afrique du Nord à la fin de l'ère des dinosaures.

L'étude scientifique qui décrit ce fossile a été publiée dans la revue Biologie historique.

L'entrée Les scientifiques découvrent les preuves qui confirment qu'un monstre marin comme celui du Loch Ness existait sous l'Atlas saharien a été publiée pour la première fois sur ECOticias.com.

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