Espèces menacées
Espèces-menacées.fr
Le portail sur les espèces menacées et les animaux en voie de disparition
Navigation
  • Accueil
  • Animaux
    • Les mammifères
    • Les oiseaux
    • Les reptiles
    • Les poissons
    • Les insectes
    • Les mollusques
    • Les amphibiens
  • Actualités
    • Animaux sauvages
    • Environnement
    • Débats de société
    • 5 infos du mois
  • Monde
    • Afrique
    • Amérique du Nord
    • Amérique du sud
    • Asie
    • Europe
    • Océanie
  • Associations et ONG
  • Le saviez-vous ?
    • Animaux
    • Environnement

Ils créent un système solaire sans additifs qui rend l'eau de mer potable sans la contaminer, résolvant ainsi le grand problème de « l'or bleu ».

Par Cécile Arnoud | Publié le 08.07.2026 à 22h23 | Modifié le 08.07.2026 à 22h23 | 0 commentaire
Crean un sistema solar sin aditivos que convierte al agua del mar en potable sin contaminar resolviendo el gran problema del ‘oro azul’

Le dessalement a toujours été prometteur, mais aussi problématique. Il semble logique de regarder la mer quand l’eau douce manque, mais la réalité est plus inconfortable. En 2024, selon les données actualisées de l’UNICEF et de l’OMS, 2,1 milliards de personnes n’avaient toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité.

Aujourd'hui, une équipe de l'Université de Rochester a présenté un système solaire thermique qui cherche à s'attaquer précisément à cette partie inconfortable. L'appareil produit de l'eau douce à partir de véritable eau de mer, ne nécessite aucun additif chimique et collecte les sels sous forme solide plutôt que de les expulser sous forme de saumure. L'idée est puissante, mais il faut le dire dès le début : pour l'instant on parle de petits prototypes, pas d'une solution industrielle prête à être installée demain.

Le problème de la saumure

Le dessalement actuel fonctionne, et c’est pourquoi de nombreux pays en dépendent. Mais de nombreuses usines utilisent des procédés d’osmose inverse ou thermiques qui consomment beaucoup d’énergie, nécessitent des traitements avant et après le processus et laissent derrière elles un flux concentré d’eau salée appelé saumure. C’est là que réside l’embouteillage environnemental.

Le Programme des Nations Unies pour l'environnement a déjà averti que la production mondiale de saumure était d'environ 142 millions de mètres cubes par jour. Son rejet peut modifier la salinité, affecter les organismes des fonds marins et ajouter des composés utilisés dans les prétraitements. Ce n'est pas rien.

Un métal noir traité au laser

Le nouveau système n’est pas un panneau solaire photovoltaïque comme ceux que l’on voit sur les toits pour produire de l’électricité. Il s'agit d'un panneau en métal noir, traité au laser femtoseconde, qui absorbe très bien la lumière du soleil et attire très fortement l'eau. Dans l'étude, ils l'appellent SWBM, pour son acronyme en anglais, quelque chose comme du métal noir super absorbant l'eau.

La surface présente des rainures microscopiques et des structures encore plus petites. Grâce à eux, une fine pellicule d'eau remonte à travers le matériau, la chaleur solaire l'évapore et l'eau douce peut alors se condenser. Les sels ne bloquent pas la zone active mais se déplacent vers les zones latérales du panneau.

L'astuce du café

Le détail le plus curieux du système porte un nom issu de la cuisine quotidienne : « l’effet café rond ». Lorsqu'une goutte de café sèche, de nombreuses particules finissent par s'accumuler sur le bord et laisser cette bordure sombre reconnaissable. L’équipe a utilisé le même principe pour pousser les sels dans une partie passive du panneau.

Chunlei Guo le résume simplement : « Nous utilisons le même principe pour amener les sels dans la région passive. » L’expression est importante car la véritable eau de mer n’est pas seulement de l’eau contenant du chlorure de sodium. Il contient également des composés de calcium et de magnésium qui peuvent former des croûtes dures, comme le calcaire qui apparaît dans une douche ou une bouilloire.

Tests avec de l'eau réelle

Un aspect important du travail est que les tests n’ont pas été effectués uniquement avec de l’eau salée artificielle. Les chercheurs ont testé des échantillons de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Pacifique, notamment de l’eau collectée près de Fire Island (New York), de Cape Agulhas (Afrique du Sud) et de Los Angeles. Cela rapproche l’expérience d’un scénario plus réaliste.

Au cours d'un test de sept jours, le système a atteint un taux d'évaporation moyen de 1,76 kilos par mètre carré et par heure pendant la journée, avec une collecte de sel de 61,74 grammes par mètre carré et par heure. L'étude parle également d'un rendement de la vapeur solaire proche de 74% et d'une extraction du sel pratiquement complète.

Lors d'une démonstration en extérieur avec une pièce de 3 centimètres sur 3, l'appareil a généré l'équivalent de 10,33 litres d'eau douce par mètre carré et par jour et 0,38 kilos de sel marin par mètre carré et par jour. De plus, les auteurs indiquent que la salinité de l’eau dessalée est tombée en dessous des normes de l’OMS et de l’EPA pour l’eau potable.

Lithium et minéraux

L’autre aspect frappant du progrès réside dans ce qui reste. Au lieu de traiter le sel comme un déchet liquide, le système le collecte sous forme solide. Dans ces sels apparaissaient du sodium, du magnésium, du potassium et du calcium, en plus d'autres éléments de valeur économique comme le brome, le césium, l'or ou l'uranium, bien que les auteurs eux-mêmes précisent que ces sels, sans séparation ni purification ultérieure, ont une utilisation limitée.

Le groupe a également publié des travaux connexes sur l’extraction du lithium avec des panneaux similaires modifiés avec des nanoparticules de titanate d’hydrogène. Dans des échantillons du Grand Lac Salé, ce système a atteint une efficacité d’extraction du lithium proche de 50 %. Cela semble prometteur, mais cela ne veut pas dire que demain nous « exploiterons » l’océan avec des panneaux sur la plage.

Guo évoque ce potentiel avec prudence environnementale : « l’extraction du lithium directement de l’eau salée pourrait être une voie future très importante ». Et voilà la clé. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir de l’eau, mais aussi de réduire les déchets et, peut-être, de récupérer des matériaux utiles pour les batteries.

Ce qui reste à prouver

Le développement s’intègre bien à une époque de pression croissante sur l’eau. En janvier 2026, l’Université des Nations Unies a publié le rapport « Global Water Bankruptcy », qui prévient que de nombreuses rivières et aquifères perdent la capacité de revenir à leur normalité historique. Le problème est que le temps passe plus vite que de nombreuses solutions.

Même ainsi, ce système doit encore démontrer son coût, sa durabilité pendant des mois ou des années, sa fabrication à grande échelle, ses performances en cas de contamination réelle et sa facilité de collecte d'eau douce dans des conditions difficiles. Il devra également concurrencer les infrastructures déjà installées. Dans la pratique, aucun panneau miracle ne peut à lui seul remplacer la sauvegarde, la réutilisation, la réparation des fuites et la protection des aquifères.

L’important est que l’orientation change. Au lieu de transformer un problème d’eau en un autre problème de saumure, essayez de mieux boucler la boucle.

L'étude complète a été publiée dans Lumière : science et applications.

Dans la même rubrique

  • Ce qui pourrait être une étape sans précédent dans l'histoire est en réalité le cauchemar des biologistes : ils viennent d'observer pour la première fois un grand requin blanc en Méditerranée et l'inquiétude est maximale parmi les experts.Ce qui pourrait être une étape sans précédent dans l'histoire est en réalité le cauchemar des biologistes : ils viennent d'observer pour la première fois un grand requin blanc en Méditerranée et l'inquiétude est maximale parmi les experts.
  • Ils créent une cellule synthétique capable de croître et de se reproduire sans être vivante, selon un nouveau projetIls créent une cellule synthétique capable de croître et de se reproduire sans être vivante, selon un nouveau projet
  • L'Europe construit les premiers « jardins pluviaux » pour faire face à une crise sans précédent qui tient les experts en haleine : ils espèrent sauver des centaines d'animaux protégésL'Europe construit les premiers « jardins pluviaux » pour faire face à une crise sans précédent qui tient les experts en haleine : ils espèrent sauver des centaines d'animaux protégés
  • Ils découvrent de nouvelles espèces d'agents pathogènes qui menacent les cultures et la faune dans le cadre d'une découverte sans précédentIls découvrent de nouvelles espèces d'agents pathogènes qui menacent les cultures et la faune dans le cadre d'une découverte sans précédent
Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez
0 Partages

0 réponse à “Ils créent un système solaire sans additifs qui rend l'eau de mer potable sans la contaminer, résolvant ainsi le grand problème de « l'or bleu ».”

Laisser une réponse Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont suivis d'un *


*
*

Newsletter

Qui sommes-nous ?

Ce site internet a été créé bénévolement afin de centraliser et de rendre accessible de l’information sur les espèces en voie de disparition. La finalité de notre action n’est pas seulement de créer une base de données. Nous souhaitons faire de ce site un média qui apportera de l’information, de façon régulière et actualisée, tirée à la source auprès des acteurs qui se battent au quotidien pour la sauvegarde de la biodiversité.

Dossiers

Les salamandres de France
Les différentes espèces de salamandres présentes en France
Les réserves de biosphère en France
Les réserves de biosphère en France
Les crocodiles les plus menacés au monde
Crocodiles les plus menacés au monde
Les petits mammifères de France
Petits mammifères de France

Voir tous les dossiers

Formez-vous pour travailler avec les animaux

Informations IFSA

Le saviez-vous ?

Triton ou salamandre, quelles différences ?
Triton ou salamandre, différences
Les araignées ne sont pas des insectes
Différences entre araignées et insectes
Non, toucher un oiseau tombé du nid ne le condamne pas à coup sûr
Oiseau tombé du nid, que faire ?

Voir tous les articles

Lexique - Newsletters - Mentions légales - Contact