En Pologne, on parle à nouveau de ce qu'on appelle « l'abeille noire », un gros insecte sombre aux reflets violets qui a été considéré pendant des années comme disparu dans plusieurs régions du pays. Sa présence n’est pas une simple « créature étrange » pour les photos, elle a aussi une valeur écologique car c’est un pollinisateur sauvage et est également protégé.
Or, il convient de garder deux idées en même temps. C'est une bonne nouvelle pour la biodiversité, mais ce n'est pas un animal à manipuler ou à brouter à quelques centimètres, surtout si son aire de reproduction est localisée. La Direction générale de la protection de l'environnement de Pologne prévient qu'« ils ne doivent pas s'approcher du nid » car « lorsqu'ils sont dérangés, ils se comportent de manière agressive et, s'ils sont provoqués, ils peuvent piquer ».
De quel insecte s'agit-il réellement ?
Bien que dans certains textes, il semble qu'il s'agisse d'un coléoptère, nous parlons en réalité d'abeilles charpentières du genre Xylocopa. En Pologne, le surnom « abeille noire » est utilisé pour désigner au moins deux espèces, l'abeille charpentière noire (Xylocopa valga) et l'abeille charpentière violette (Xylocopa violacea).
Ils sont faciles à reconnaître par leur taille et leur apparence. L'organisme officiel polonais souligne qu'ils peuvent atteindre jusqu'à 3,5 cm de longueur et que leur corps est sombre, peu poilu, avec des tons entre le noir et le brun violacé.
Pourquoi parle-t-on de « retour » ?
Le « retour » a beaucoup d’histoire, de records et de patience scientifique. Une étude sur Xylocopa violacea rappelle qu'entre 1868 et 1935, l'espèce n'a été observée que dans huit localités en Pologne, puis qu'elle n'a pas été signalée pendant 70 ans, jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau enregistrée en 2005.
Ce même travail souligne une tendance qui correspond à ce que l’on observe dans différentes régions d’Europe. Les données collectées entre 2005 et 2017 la situent déjà dans 20 localités en Pologne et les auteurs soulignent que la population « se régénère » et que son expansion vers le nord pourrait être liée aux changements climatiques en Europe.
Gardez vos distances et n'improvisez pas
Le principal avertissement des autorités polonaises est très précis. « Restez à l'écart du nid » car ces abeilles défendent leur site de reproduction et peuvent piquer si elles sont dérangées. Autrement dit, en voir un dans une fleur n’est pas la même chose que s’approcher du bois où il niche.
Dans la pratique, cela signifie quelque chose de très quotidien. Si vous en voyez sur un vieux poteau, une bûche sèche ou une poutre, il est préférable de le laisser tranquille et de ne pas tenter de « réparer » la zone à la hâte, que ce soit avec des sprays ou des outils. Et s'il y a des enfants ou des animaux à proximité, éloignez-les simplement de quelques mètres et c'est tout. Ce n'est pas rien.
Comment aider sans transformer votre jardin en laboratoire
Le même document officiel explique que ces abeilles profitent du bois sec ou pourri pour faire des galeries et se reproduire. Une mesure simple consiste donc à laisser un peu de bois mort dans les endroits ensoleillés, comme de vieilles bûches ou des morceaux de bois non traités, au lieu de tout enlever par souci d'esthétique.
Ils donnent aussi une idée très pratique pour ceux qui ont de la place. Ils proposent de préparer des blocs de bois (par exemple en saule) percés de trous de différentes tailles (10, 15 et 20 mm) et de différentes profondeurs (10, 15 et 20 cm), sans appliquer de produits de protection, et de les placer à une certaine hauteur (environ 3 mètres) dans un endroit protégé du vent et de la pluie.
Et puis il y a la nourriture, que nous connaissons tous ici. Garder des plantes à fleurs à proximité et réduire l’utilisation de pesticides aide ces abeilles et, accessoirement, d’autres pollinisateurs sauvages qui traversent une période difficile. C'est le petit changement typique qui, additionné dans de nombreux patios et vergers, est perceptible.
Ce que cela nous rappelle sur les pollinisateurs et la durabilité
Le fait qu’une abeille charpentière réapparaisse dans davantage d’endroits ne doit pas être lu comme un « problème », mais comme un signe qu’il faut regarder le paysage plus en détail. Les pollinisateurs soutiennent une bonne partie de ce que nous mangeons ; dans l'UE, on estime qu'environ 84 % des cultures dépendent, au moins en partie, de la pollinisation par les insectes.
Le contexte est par ailleurs délicat. L’Agence européenne pour l’environnement met en garde contre des preuves solides d’une perte « dramatique » de pollinisateurs sauvages et résume les données des listes rouges européennes, avec environ 9 % des espèces d’abeilles menacées d’extinction et 5 % supplémentaires répertoriées comme « quasi menacées ».
Ainsi, lorsqu'une administration demande quelque chose d'aussi simple que d'observer, de respecter le nid et de conserver du bois mort, il ne s'agit pas seulement d'une espèce curieuse. En fin de compte, il s’agit d’habitats, de la manière dont nous gérons les jardins, les parcs et les lisières des forêts, et de notre engagement en faveur d’une nature plus résistante.
La déclaration officielle contenant les recommandations a été publiée par le Direction générale de la protection de l'environnement de Pologne.
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