La pression de l'industrie de la pêche sur le traité mondial des océans de l'ONU marque un moment décisif dans les négociations internationales en cours à New York, où se définissent les règles visant à protéger la biodiversité marine en haute mer.
Une enquête de Greenpeace International révèle que les représentants du secteur constituent jusqu'à un tiers des délégations nationales, atteignant des sommets allant jusqu'à 45%, ce qui remet en question l'indépendance des décisions en matière de conservation des océans.
Pression de l'industrie de la pêche dans le traité mondial sur les océans de l'ONU : le vrai poids dans les négociations
Greenpeace met en garde contre l'influence croissante du secteur de la pêche au sein de l'ONU, qui pourrait empêcher la création de zones protégées en haute mer.
Le rapport montre un scénario dans lequel l'industrie de la pêche a une présence structurelle au sein des délégations officielles, participant directement aux espaces où sont conçues les politiques de conservation.
Dans les réunions analysées au cours des cinq dernières années, leur représentation moyenne se situe entre 28 et 29 %, avec des cas dépassant 30 à 35 % et atteignant 44,2 % à la Commission interaméricaine du thon tropical en 2021.
Ce niveau d'influence implique que des acteurs ayant des intérêts économiques directs soient impliqués dans la prise de décisions qui devraient donner la priorité à la protection des écosystèmes marins, générant ainsi un conflit qui met en danger l'efficacité du traité.
Greenpeace met en garde contre un système conditionné par les intérêts de l'industrie de la pêche
L'organisation environnementale dénonce que le modèle actuel de gouvernance des océans permet à l'industrie d'agir depuis l'intérieur du système, en participant à des délégations et à des comités techniques. Cela leur donne un accès direct aux processus clés, facilitant ainsi leur capacité à influencer les décisions stratégiques.
Selon Greenpeace, cette situation constitue un « système truqué », dans lequel les intérêts commerciaux prévalent sur la conservation marine, affaiblissant la mise en œuvre réelle du traité entré en vigueur en janvier.
Les ORGP gagnent en pouvoir et menacent la protection des océans
Les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) sont au centre du conflit, puisque le texte proposé à l'ONU pourrait leur donner un rôle déterminant dans la création d'aires marines protégées. Ces organisations, constituées de pays ayant des intérêts dans la pêche, pourraient ralentir ou bloquer la désignation de sanctuaires marins en haute mer.
Ce scénario compromet directement l’objectif global de protéger 30 % des océans avant 2030, considéré comme essentiel pour la reconstitution de la biodiversité marine.
Influencer les stratégies pour arrêter les mesures de conservation
Le rapport détaille comment l'industrie de la pêche utilise sa présence dans les négociations pour mettre en œuvre des stratégies visant à retarder et limiter les mesures de protection. Il s’agit notamment de la prolongation des processus d’examen, de l’introduction d’objections techniques et de la promotion de discours remettant en question la nécessité d’étendre les zones protégées.
Ces tactiques ont permis de maintenir pendant des décennies un modèle de gestion favorable à l’exploitation intensive des ressources marines, rendant difficile l’adoption de mesures de conservation ambitieuses.
L’objectif de protéger 30 % des océans est en jeu
L’engagement international de protéger 30 % des océans d’ici 2030 se heurte désormais à un obstacle majeur : l’influence du lobby de la pêche dans les négociations. La communauté scientifique considère cet objectif comme le minimum nécessaire pour inverser la détérioration des écosystèmes marins après des décennies de surexploitation.
Cependant, l’absence de mécanismes efficaces pour limiter la pression de l’industrie pourrait entraîner des retards importants et une réduction de la portée réelle du traité.
Des mesures urgentes pour garantir la transparence avant 2027
Greenpeace évoque la nécessité d'adopter des mesures concrètes avant la COP Océans de 2027, notamment un délai de 120 jours pour l'examen des propositions de sanctuaires, afin d'éviter les blocages des ORGP.
En outre, il propose de renforcer la transparence dans la composition des délégations, en exigeant que toutes les affiliations et fonctions techniques soient déclarées, afin de garantir que les décisions soient fondées sur des critères scientifiques et non sur des intérêts économiques.
La pression exercée par l’industrie de la pêche sur le traité mondial des Nations Unies sur les océans place les négociations internationales à un point critique. Le résultat déterminera si l’accord parvient à protéger efficacement les écosystèmes marins ou s’il est conditionné par les intérêts économiques du secteur.
L'entrée La pression de l'industrie de la pêche dans le traité mondial des Nations Unies sur les océans met l'accord en danger a été publiée pour la première fois sur ECOticias.com.





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