La science que la politique méprise est devenue l’objet d’une dénonciation énergique lancée par le WWF, SEO/BirdLife, Greenpeace, Ecologists in Action et les Amis de la Terre. Les organisations avertissent que les décisions fondamentales pour la conservation de la biodiversité espagnole sont de plus en plus adoptées selon des critères politiques ou sectoriels, ignorant les rapports scientifiques qui mettent en garde contre la détérioration de nombreuses espèces.
Cette science méprisée par la politique est particulièrement inquiétante car elle touche certains des animaux les plus emblématiques et les plus vulnérables d’Espagne. Le loup ibérique, l'anguille européenne, le saumon atlantique, la tourterelle européenne et la caille figurent parmi les cas que les organisations jugent les plus préoccupants en raison de l'éloignement croissant entre les données scientifiques et les décisions administratives.
Les organisations appellent à une réflexion approfondie et à un changement dans la manière dont les décisions environnementales sont prises.
La science méprisée par la politique met en alerte les experts en biodiversité
Cinq des principales organisations environnementales dénoncent que la conservation des espèces menacées soit conditionnée par des intérêts politiques et économiques, reléguant au second plan les preuves scientifiques.
Le cas du loup ibérique est devenu le principal symbole de la confrontation entre critères scientifiques et décisions politiques.
Les organisations rappellent que l'exclusion du loup de la Liste des espèces sauvages sous régime spécial de protection (LESPRE) est intervenue grâce à une modification législative qui a évité la procédure technique habituelle.
En outre, ils dénoncent le fait que plusieurs communautés autonomes envisagent de remettre en question le rapport sexennal sur l'état de conservation du loup que l'Espagne doit envoyer à la Commission européenne, malgré le fait que différentes études scientifiques continuent de refléter une situation délicate pour l'espèce. Ce n'est pas en vain que le Comité scientifique du MITECO a précédemment soutenu sa protection et la dernière mise à jour de la Liste rouge espagnole des mammifères la classe comme espèce vulnérable.
L'anguille européenne et le saumon de l'Atlantique reflètent une crise silencieuse
Au-delà du loup, les organisations environnementales alertent sur le fait que d’autres espèces traversent des situations tout aussi voire plus préoccupantes.
L'anguille européenne est considérée comme l'une des espèces les plus menacées du continent. Le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) a conclu qu'il avait dépassé ses limites biologiques de sécurité et a recommandé la fermeture totale de toutes les pêcheries commerciales et récréatives.
De son côté, le saumon atlantique a subi un déclin de plus de 80 % entre 2015 et 2024, selon les évaluations scientifiques citées par les organismes. Malgré cela, la pêche sportive reste autorisée dans de nombreuses rivières espagnoles.
La tourterelle des bois et les cailles accélèrent leur déclin à mesure que les préoccupations scientifiques grandissent
La situation des espèces de gibier n’échappe pas non plus aux critiques des groupes de conservation.
La tourterelle européenne a enregistré une réduction de population de près de 37 % entre 1998 et 2018, tandis que la caille a accumulé une baisse de 60,4 % entre 1998 et 2024.
Malgré ces chiffres, les organisations considèrent les mesures adoptées jusqu'à présent insuffisantes et exigent une protection conforme aux recommandations scientifiques, qui soulignent la nécessité de renforcer sa conservation, voire de suspendre certaines activités de chasse.
La biodiversité espagnole ne peut pas dépendre des majorités politiques
La tourterelle européenne a enregistré une réduction de population de près de 37 % entre 1998 et 2018, tandis que la caille a accumulé une baisse de 60,4 % entre 1998 et 2024.
Les entités signataires insistent sur le fait que la conservation du patrimoine naturel constitue une obligation juridique soutenue par la législation espagnole et européenne et par la Constitution espagnole elle-même.
Ils rappellent également que la protection des espèces menacées n'est pas un obstacle à l'économie, mais plutôt une garantie pour la pérennité future des activités liées aux ressources naturelles.
Reporter les mesures nécessaires pour des raisons politiques ou électorales ne fait qu’augmenter le risque de détérioration de la population et oblige par la suite à appliquer des mesures beaucoup plus drastiques et coûteuses.
Les scientifiques exigent de retrouver le rôle de la preuve
L’un des principaux messages des organisations est que les informations scientifiques nécessaires existent déjà.
Depuis des années, des chercheurs, des universités, des organismes publics et des experts indépendants documentent l’état réel de nombreuses espèces et identifient les actions nécessaires pour stopper leur détérioration.
C’est pourquoi le WWF, SEO/BirdLife, Greenpeace, Ecologists in Action et Friends of the Earth demandent de renforcer le rôle des comités scientifiques indépendants, de garantir des procédures transparentes et d’éviter que les décisions sur la biodiversité ne dépendent exclusivement des intérêts politiques du moment.
L'avertissement des principales organisations environnementales espagnoles va bien au-delà d'un conflit spécifique concernant une espèce spécifique. Ce qui est en jeu, disent-ils, c'est la crédibilité du système de protection de l'environnement et la capacité des administrations à répondre de manière adéquate à la crise de la biodiversité.
La science que la politique méprise résume une préoccupation croissante parmi les scientifiques et les défenseurs de l’environnement : lorsque les données cessent d’être le principal critère de prise de décision, le risque de perdre des espèces essentielles à l’équilibre des écosystèmes augmente. Et récupérer ce qui disparaît est généralement beaucoup plus difficile, coûteux, voire impossible.
Il est impératif que la science joue un rôle central dans l’élaboration des politiques, que les rapports scientifiques soient entendus et valorisés et que les mesures soient prises sur la base de preuves solides.
La science méprisée par la politique met le loup en danger en 15 secondes
Pourquoi les écologistes dénoncent-ils que la politique ignore la science ?
Parce qu'ils considèrent que certaines décisions concernant les espèces menacées sont prises pour des intérêts politiques ou économiques et non pour des critères scientifiques avérés.
Quelles organisations ont porté cette plainte ?
WWF, SEO/BirdLife, Greenpeace, Écologistes en action et Amis de la Terre.
Pourquoi le cas du loup ibérique est-il si préoccupant ?
Car les organisations considèrent que les changements réglementaires ont été promus sans une évaluation scientifique justifiant la réduction de leur niveau de protection.
Quelles autres espèces sont concernées ?
L'anguille européenne, le saumon atlantique, la tourterelle européenne et la caille, tous avec des données démographiques inquiétantes.
Que réclament les organisations environnementales ?
Ils demandent que les décisions sur la biodiversité soient fondées sur des preuves scientifiques, respectent les procédures juridiques et renforcent le rôle des experts indépendants.
L'entrée La science que la politique méprise met le loup et d'autres espèces en danger a été publiée pour la première fois sur ECOticias.com.





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