L'abandon paternel a été identifié comme l'une des principales causes d'une réduction allant jusqu'à 30 % de la survie des jeunes oiseaux sauvages, selon plusieurs études récentes en écologie et en comportement animal.
Ce phénomène, qui se produit lorsqu'un des parents – généralement le mâle – cesse de participer à l'incubation, à l'alimentation ou à la protection des poussins, a des conséquences directes sur le succès reproducteur de nombreuses espèces.
Chez de nombreux oiseaux, la reproduction est un processus exigeant qui nécessite la coopération des parents. L'incubation des œufs, l'apport constant de nourriture et la défense contre les prédateurs impliquent une dépense énergétique élevée. Lorsqu'un adulte abandonne ces tâches, le parent restant est souvent dépassé, ce qui entraîne une réduction de la fréquence d'alimentation, une exposition accrue au stress et une mortalité accrue des poussins.
Abandon paternel : comment cela affecte la survie de la progéniture
Les soins parentaux sont essentiels au bon développement de la progéniture, en particulier dans les premiers stades de la vie. Cependant, dans le monde animal, les soins biparentaux ne sont pas la norme et, chez certaines espèces, un parent peut abandonner sa progéniture, laissant l’autre responsable de sa survie.
Une étude récente réalisée à Ségovie, en Espagne, a fourni de nouveaux indices pour comprendre comment l'absence de l'un des parents affecte la survie et la physiologie de la progéniture.
Une étude révèle des modèles de soins parentaux chez le moineau chanteur
La recherche, réalisée par une équipe de scientifiques de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université Complutense de Madrid en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Reno (États-Unis), s'est concentrée sur l'espèce Petronia petronia (moineau hurlant), un oiseau qui présente des stratégies de soins à la fois biparentales et uniparentales (uniquement par la femelle).
Ce phénomène, qui se produit lorsqu'un des parents – généralement le mâle – cesse de participer à l'incubation, à l'alimentation ou à la protection des poussins, a des conséquences directes sur le succès reproducteur de nombreuses espèces.
Les chercheurs ont observé que les mâles étaient plus susceptibles d’abandonner leurs partenaires au début de la saison de reproduction, lorsque le succès de l’éclosion était faible. Cet abandon précoce a eu des conséquences directes sur la survie des poussins : la probabilité de survie des poussins était réduite de 30 % lorsque le mâle quittait le nid.
De plus, un abandon précoce était également associé à une mortalité accrue des poussins.
Même si les femelles travaillaient seules dur pour nourrir leurs petits, elles ne parvenaient pas à compenser totalement l'absence du mâle. En conséquence, les poussins nourris uniquement par la femelle étaient plus petits et montraient des signes de stress au cours de leur développement.
Il a été observé que les enfants élevés par un seul parent présentaient des niveaux plus élevés de corticostérone (une hormone liée au stress) et un stress oxydatif plus élevé au cours des premiers jours de leur vie, par rapport aux enfants élevés par les deux parents.
Cependant, la longueur des télomères, indicateur du stress à long terme, ne présentait aucune différence significative entre les poussins.
L’étude comprenait la surveillance de 41 nids de moineaux chanteurs, avec un total de 189 poussins observés au cours des deux années de recherche (2021 et 2022). Les résultats ont montré que 58 % des nids étaient entretenus de manière biparentale, tandis que 42 % étaient abandonnés au milieu de la période d'alimentation (entre les jours 0 et 14).
Quels facteurs incitent le mâle à quitter le nid ?
De plus, il a été constaté que le moment de l'abandon des mâles n'était pas directement lié à la date de ponte, à la taille de la couvée ou du couvain, ce qui suggère que le comportement d'abandon peut dépendre d'autres facteurs, tels que le succès de reproduction saisonnier.
« L'abandon parental n'est pas gratuit », explique Alejandro Cantarero, chercheur au Département de physiologie Complutense. « Même si les descendants survivants semblent se rétablir partiellement, le coût en termes de mortalité est élevé. »
Fait intéressant, l’étude montre également que ces effets physiologiques négatifs ne se maintiennent pas jusqu’à la fin du développement, ce qui suggère que la progéniture la plus vulnérable meurt plus tôt et que seuls les plus résistants survivent.
L’étude comprenait la surveillance de 41 nids de moineaux chanteurs, avec un total de 189 poussins observés au cours des deux années de recherche (2021 et 2022).
Cette étude fournit des informations précieuses sur la manière dont les stratégies de soins parentaux affectent le développement et la survie de la progéniture. Les résultats suggèrent que l'abandon paternel a des conséquences évidentes sur la physiologie de la progéniture, contribuant aux décisions parentales quant à l'opportunité et au moment d'abandonner.
En particulier, la différence de niveaux de stress et de taille de progéniture entre ceux élevés par un seul parent et ceux pris en charge par les deux parents pourrait expliquer pourquoi certaines espèces, comme le moineau blanc, adoptent des stratégies de garde uniparentales plutôt que biparentales.
Les résultats offrent également une perspective plus large sur la manière dont les oiseaux peuvent s’adapter aux conditions environnementales changeantes et sur la manière dont ces adaptations influencent la dynamique des populations.
L'analyse des moineaux chanteurs renforce l'importance des soins parentaux pour le succès reproducteur et le développement sain de la progéniture. Grâce à une meilleure compréhension de la dynamique de l’abandon paternel, les chercheurs espèrent faire la lumière sur les décisions complexes auxquelles les animaux sont confrontés dans leur stratégie parentale et sur la manière dont celles-ci peuvent être influencées par des facteurs écologiques et sociaux.
Les résultats pourraient également avoir des implications pour la conservation des espèces et la gestion des populations animales, notamment dans des contextes de changement climatique et d’altération de l’habitat naturel.
Un succès reproducteur réduit affecte non seulement des individus spécifiques, mais peut avoir des impacts à long terme sur les populations, accélérant le déclin d’espèces déjà menacées. Par conséquent, comprendre et atténuer les causes de l’abandon parental est essentiel pour la conservation des oiseaux sauvages.
La protection des habitats, la réduction des perturbations humaines et la prise en compte de ces facteurs dans les stratégies de conservation peuvent faire la différence pour assurer la survie des générations futures d'oiseaux. Continuer la lecture sur ECOticias.com





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