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Les scientifiques nous demandent de préparer : la fin du poumon du monde et l’incroyable renaissance verte du désert du Sahara

Par Cécile Arnoud | Publié le 14.02.2026 à 2h23 | Modifié le 14.02.2026 à 2h23 | 0 commentaire
Vegetación emergiendo en el desierto del Sahara tras intensas lluvias en un escenario de cambio climático.

Une nouvelle étude prévoit une augmentation pouvant atteindre 75 % des précipitations dans le plus grand désert chaud de la planète et met en garde contre les conséquences pour des milliards de personnes.

Le Sahara et l'Amazonie pourraient échanger une partie de leurs rôles climatiques au cours de la seconde moitié de ce siècle. Le « réchauffement climatique » redistribue les pluies sur la planète et de nouveaux travaux scientifiques suggèrent que le Sahara pourrait recevoir jusqu'à 75 % de précipitations estivales supplémentaires avant 2100, tandis que la forêt amazonienne se dirige vers des scénarios de sécheresse de plus en plus graves. Les auteurs préviennent que ce changement dans les régimes de précipitations affectera des milliards de personnes et obligera à repenser les infrastructures, l’agriculture et la planification urbaine en Afrique et dans d’autres régions dépendantes du climat.

Une étude qui bouleverse la carte des pluies

Les travaux, dirigés par le chercheur Thierry Ndetatsin Taguela, combinent quarante modèles climatiques de pointe pour analyser l'évolution des précipitations africaines entre 2050 et 2099 par rapport à la période historique 1965-2014. Aujourd'hui, le « désert du Sahara » reçoit environ huit centimètres de pluie par an, un chiffre minimum pour entretenir un paysage aride et extrêmement fragile. Un pourcentage d’augmentation aussi élevé ne signifie pas que la situation se transformera du jour au lendemain en une jungle fermée, mais cela ouvre la porte à une transformation profonde des écosystèmes, de l’utilisation des terres et des risques hydrologiques.

Les modèles s’accordent sur la direction des changements, même s’ils ne sont pas d’accord sur leur ampleur exacte. Le signal général pointe vers un Sahara plus humide et une ceinture tropicale amazonienne soumise à un stress hydrique croissant. Le comportement n'est pas uniforme sur tout le continent africain et l'étude souligne que l'impact final dépendra de la capacité de chaque région à s'adapter à un climat différent de celui qu'elle a connu au XXe siècle.

L'Amazonie à la limite, le Sahara en transformation

En Amazonie, le risque le plus redouté par la communauté scientifique est l’approche d’un point de non-retour écologique. La combinaison de l’augmentation des températures, de la déforestation et des changements dans la circulation atmosphérique peut pousser la forêt vers un état plus sec et plus ouvert dans lequel les espèces, les services écosystémiques et la capacité de captage du carbone sont massivement perdus. Les récents rapports du GIEC sur le « changement climatique » ont déjà averti que les grandes forêts tropicales comptent parmi les systèmes les plus vulnérables aux sécheresses extrêmes prolongées.

En parallèle, un Sahara plus humide n’est pas automatiquement synonyme de bonne nouvelle. Plus de pluie signifie également plus de risques d’inondations soudaines sur des infrastructures qui n’ont pas été conçues pour gérer de grandes crues d’eau, des changements dans l’érosion des sols et une pression supplémentaire sur les villes et les établissements informels situés dans les vallées et les lits de rivières asséchés. L’étude rappelle que le cœur du désert pourrait voir ses niveaux de précipitations historiques presque doubler, ce qui altérerait la dynamique des dunes, des oasis et des corridors de biodiversité.

Adaptation urgente pour des milliards de personnes

L'équipe Taguela insiste sur le fait que le message principal n'est pas un exercice de futurisme exotique mais un appel pratique à la planification. Plus de pluie dans certaines régions et moins dans d’autres nous oblige à tout repenser, depuis les systèmes de drainage urbain jusqu’aux cultures plantées dans les régions semi-arides. Le communiqué de presse de « l'Université de l'Illinois à Chicago » qui accompagne l'article académique comprend l'avertissement des auteurs, qui appellent à des investissements précoces dans les infrastructures vertes, le contrôle des inondations et les variétés agricoles résistantes à la sécheresse.

Le travail quantifie également les inégalités climatiques au sein du continent lui-même. L'Afrique du Sud-Est pourrait enregistrer une augmentation des précipitations de près de 25% et l'Afrique centrale du Sud d'environ 17%, tandis que la bande sud-ouest deviendrait un peu plus sèche avec une baisse d'environ 5% des précipitations annuelles. Cette asymétrie crée des gagnants et des perdants climatiques en fonction du type d’activité économique, de la disponibilité en eau et de la marge de manœuvre institutionnelle de chaque pays.

Dans les régions où les précipitations sont plus importantes, la priorité sera de gérer les excès d’eau et d’éviter les catastrophes hydrométéorologiques. Dans les zones qui s'assèchent encore plus, la réponse passera par la modernisation de l'irrigation, la protection des aquifères et l'éventuelle délocalisation des activités agricoles qui sont aujourd'hui déjà à la limite de leur viabilité.

Un contexte mondial de chaleur record

Le scénario décrit par l'étude correspond au réchauffement observé ces dernières années. Les articles d'ECOticias rappellent que 2025 s'annonce comme l'une des années les plus chaudes enregistrées selon le service sur le changement climatique « Copernicus » et que la température moyenne mondiale se rapproche dangereusement du seuil de sécurité fixé par l'Accord de Paris. La « Journée mondiale du climat » est déjà célébrée à l’ombre de vagues de chaleur marines, de records thermiques consécutifs et d’événements extrêmes de plus en plus coûteux.

Les organisations environnementales comme Greenpeace ont haussé le ton et parlent d’« urgence climatique » pour décrire une situation dans laquelle les signaux d’alarme s’accumulent alors que les politiques d’atténuation avancent trop lentement. La projection d’un Sahara plus pluvieux et d’une Amazonie plus sèche ajoute une couche supplémentaire de complexité à ce récit, car elle implique de profonds changements dans deux des grands éléments du système climatique terrestre.

Les auteurs de l’étude rappellent que la redistribution des précipitations ne peut s’analyser de manière isolée. La manière dont se déroulera la « transition énergétique » et la capacité à financer des infrastructures résilientes seront déterminantes pour savoir si ces changements représentent une opportunité ou une nouvelle source d'instabilité. Les rapports sur la « COP28 » et sur le déploiement mondial des « énergies renouvelables » soulignent la nécessité de multiplier les investissements si l'on veut contenir la hausse des températures et ainsi limiter l'intensité des modifications des régimes de précipitations.

La pluie comme enjeu stratégique

La principale conclusion des travaux de Taguela est que comprendre où et quand il pleuvra dans les décennies à venir devient une question stratégique. Les gouvernements, les entreprises et les collectivités devront intégrer ces scénarios dans leurs décisions d’investissement, d’aménagement du territoire et de protection sociale. Il ne suffit pas de savoir que la planète se réchauffe, il faut anticiper quelles régions auront plus d'eau, lesquelles souffriront de stress hydrique et quelles infrastructures ne seront plus sûres sous un climat plus extrême.

L'étude scientifique originale a été publiée dans la revue npj Science du climat et de l'atmosphère.

L'article Les scientifiques nous demandent de préparer : la fin du poumon du monde et l'incroyable renaissance verte du désert du Sahara a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.

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