L'Espagne ne respecte pas la nouvelle loi européenne sur l'environnement parce qu'elle est parvenue tardivement à répondre à l'une des nouvelles exigences environnementales fixées par l'Union européenne. Le pays n’a pas encore intégré la directive pénale environnementale, approuvée en 2024 pour renforcer les poursuites contre les délits écologiques.
La réglementation européenne propose des sanctions plus sévères contre des activités telles que la pollution, le trafic illégal de déchets ou la destruction d'espaces naturels. Cela nécessite également de renforcer la recherche, la coordination institutionnelle et la responsabilité environnementale des entreprises.
L'Espagne aurait déjà dû intégrer dans sa législation la nouvelle directive européenne sur les délits environnementaux approuvée en mai 2024
L'Espagne ne respecte pas la nouvelle loi européenne sur l'environnement : c'est inacceptable
C'est aujourd'hui la date limite pour que les États membres de l'Union européenne intègrent la nouvelle directive pénale environnementale dans leur législation nationale respective, approuvée en mai 2024. L'Espagne n'a pas encore adapté le cadre juridique à cette norme européenne clé, pas si nouvelle, pour renforcer la lutte contre les crimes écologiques dans toute l'Europe.
La nouvelle directive réforme complètement le cadre juridique en vigueur depuis 2008, obligeant les pays à durcir les poursuites pénales contre les comportements criminels, tels que les pollutions graves, le trafic illégal de déchets, la destruction d'habitats ou les crimes environnementaux commis par des entreprises. Cela nécessite également d’améliorer la coordination entre les administrations et entre les pays, ainsi que de renforcer les mécanismes d’enquête et de sanctions.
L'organisation WWF considère qu'il est extrêmement grave que l'Espagne ne respecte pas précisément la première obligation établie par cette directive : l'incorporer à temps dans l'ordre juridique national. La responsable du programme espèces du WWF, Laura Moreno, a souligné que ce retard montre que « la protection de l’environnement ne peut pas rester une déclaration politique ».
Ecocrimes : le nouveau business lucratif aux dépens de tous
Les délits environnementaux constituent déjà la troisième activité criminelle la plus lucrative au monde, générant d’énormes impacts écologiques, sociaux et économiques. Dans le cas de la criminalité liée aux espèces sauvages, la perte de biodiversité s'accélère et soumet de nombreuses espèces à l'extinction dans un contexte de pression croissante sur les écosystèmes européens.
Bien que l'Espagne dispose d'outils pionniers pour lutter contre certains délits environnementaux – comme le travail du SEPRONA, des agents environnementaux ou du parquet environnemental – ce type de délit continue d'être sous-évalué et traité comme une infraction mineure. L’absence de tribunaux spécialisés, la dispersion des pouvoirs et l’absence d’une base de données étatique unifiée rendent difficiles les enquêtes efficaces et encouragent l’impunité.
Selon les enquêtes menées par les experts du WWF, sur les 4 902 cas de délits contre la faune protégée enregistrés en Espagne, seuls 327 ont abouti à une décision de justice. Autrement dit, 93 % des cas n'ont pas été jugés.
L'Espagne doit protéger la biodiversité avec une réglementation modernisée
La nouvelle directive pénale environnementale représente une opportunité idéale pour moderniser le cadre juridique espagnol et renforcer la protection et la conservation de la nature.
En plus de durcir les sanctions et d'augmenter le nombre de délits devant être traqués, la règle oblige les États membres à approuver des stratégies nationales spécifiques contre la criminalité environnementale et à fournir davantage de ressources humaines, techniques et financières aux autorités chargées de la combattre.
Le WWF Espagne a réalisé une étude comparative sur la législation des différents États membres et a transmis ses conclusions sur le cas espagnol au ministère de la Justice. Elle a également demandé à participer au processus d'adhésion de la directive au règlement intérieur, en exercice du droit de participation des ONG reconnu par la Convention d'Aarhus. Pour l’instant, ils n’ont pas reçu de réponse.
Parmi les principaux changements que l’Espagne doit encore attendre figurent :
- Mettre à jour le catalogue des comportements considérés comme des délits environnementaux.
- Renforcer la responsabilité pénale des entreprises impliquées dans des dommages environnementaux.
- Approuver une stratégie nationale contre la criminalité environnementale.
- Améliorer la coordination entre les parquets, les forces de sécurité et les administrations concernées.
- Spécialiser et renforcer les tribunaux en matière environnementale.
Conclusions sur les raisons pour lesquelles l'Espagne ne respecte pas la nouvelle loi européenne sur l'environnement
WWF Espagne rappelle que le non-respect des délais d'incorporation peut entraîner des procédures d'infraction de la part de la Commission européenne. Plusieurs analyses récentes ont déjà identifié d'importantes lacunes juridiques dans plusieurs États membres, dont l'Espagne, notamment dans les domaines liés aux délits contre la faune et à la responsabilité des entreprises impliquées dans les dommages environnementaux.
Selon le WWF, tant que l’Espagne ne disposera pas de « lois actualisées, de ressources suffisantes et de tribunaux spécialisés », de nombreux crimes environnementaux resteront impunis.
Les organisations environnementales considèrent le retard de l'Espagne comme inquiétant, surtout alors que les crimes environnementaux continuent de croître en Europe. Ils préviennent que de nombreuses infractions liées à la faune protégée restent impunies faute de moyens judiciaires.
Les données reflètent clairement cette situation. Sur les près de cinq mille cas détectés contre des espèces protégées en Espagne, seule une petite partie s'est soldée par une condamnation. L’absence de réglementations modernisées et de tribunaux spécialisés en la matière rend difficile la lutte efficace contre ce crime environnemental.
L'article L'Espagne ne respecte pas la nouvelle loi européenne sur l'environnement contre les crimes écologiques a été publié pour la première fois sur ECOticias.com.





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