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Ni 47 000 ni 51 000 ans : une gigantesque étude génétique confirme quand et comment les premiers humains sont arrivés à Sahul

Par Cécile Arnoud | Publié le 24.12.2025 à 3h24 | Modifié le 24.12.2025 à 3h24 | 0 commentaire
Ni 47.000 ni 51.000 años: un gigantesco estudio genético confirma cuándo y cómo llegaron los primeros humanos a Sahul

Une nouvelle analyse génétique à grande échelle renforce une idée qui divise la communauté scientifique depuis des années. Le premier Homo sapiens ils auraient atteint l’ancienne masse continentale du Sahul (Australie, Tasmanie et Nouvelle-Guinée lorsqu’elles étaient unies) il y a environ 60 000 ans, et non il y a 47 000 ou 51 000 ans. La conclusion est étayée par l’étude de 2 456 génomes mitochondriaux et d’autres marqueurs, comparés aux preuves archéologiques et climatiques.

La clé n’est pas seulement la date, mais aussi le « comment ». Les données font état de deux voies d'entrée presque contemporaines, l'une par le nord (liée aux zones que l'on associe aujourd'hui aux environs de l'archipel philippin) et l'autre par le sud (liée aux îles indonésiennes). L'œuvre correspond au scénario selon lequel un groupe humain s'est séparé lors de la dispersion à travers l'Asie du Sud et l'Asie du Sud-Est avant de faire le saut final vers Sahul.

Ce que cette étude change et pourquoi elle est importante

Pendant des décennies, le débat a oscillé entre une « chronologie longue » (60 000 à 65 000 ans) et une « chronologie courte » (47 000 à 51 000). Ce qui est nouveau, c'est la taille et la couverture de l'échantillonnage, avec des lignées de populations autochtones d'Australie, de Nouvelle-Guinée et d'Océanie, ainsi que des comparaisons régionales. L’équipe combine ce que l’on appelle « l’horloge moléculaire » avec l’analyse de l’ADN des mitochondries et du chromosome Y, et l’interprète avec des données archéologiques et paléoclimatiques.

Martin Richards, l'un des auteurs, résume le poids de l'ensemble en soulignant qu'il s'agit de l'analyse la plus complète à ce jour sur cette question et qu'elle « soutient fortement la longue chronologie ». En parallèle, l'archéologue Helen Farr souligne que les informations « soutiennent un héritage très profond » et qu'elles reflètent des liens avec « Country and Sea Country » depuis au moins 60 000 ans.

Le fil écologique qui traverse l’histoire

Arriver à Sahul n’était pas une promenade. Il s’agissait de traversées maritimes et donc d’une connaissance de la mer, des courants et d’un environnement côtier qui n’était pas le même qu’aujourd’hui. Sahul a cessé d’exister en tant que grand bloc continu lorsque le niveau de la mer a augmenté après la dernière période glaciaire, il y a environ 9 000 ans, ce qui signifie qu’une partie de la « carte » de cette expansion humaine se trouve désormais sous l’eau.

Ici, la lecture environnementale apparaît. Si les premiers Australiens et Papous ont construit une relation durable avec la terre et la mer sur des dizaines de millénaires, la conservation du patrimoine naturel et culturel ne peut être dissociée. Protéger les côtes, les récifs et les paysages marins, c’est aussi protéger les archives de l’histoire humaine, depuis les sites côtiers jusqu’aux empreintes submergées qui peuvent encore être étudiées.

L'étude mentionne également une possibilité suggestive et délicate, celle de contacts et d'hybridations avec des humains archaïques de la région, comme Homo floresiensis ou Homo luzonensis, bien que les chercheurs eux-mêmes préviennent qu'on ne sait toujours pas dans quelle mesure cela s'est produit. C'est un rappel de prudence scientifique et quelque chose de plus simple. Plus nous comprenons le passé, plus il devient évident que notre survie a toujours dépendu d’une bonne lecture de notre environnement.

Image : JOHN BAVARO SOURCE DES BEAUX-ARTS/SCIENCE.

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