Les pesticides toxiques et leur débat. L'Union européenne, historiquement une référence en matière de politiques de protection de l'environnement et de la santé, se trouve à la croisée des chemins : la possibilité d'assouplir les contrôles sur les pesticides toxiques, ouvrant ainsi la porte à leur approbation sans les garanties scientifiques et réglementaires nécessaires. Cette dérive représente un risque direct pour la santé publique, la biodiversité et la crédibilité du projet européen lui-même.
Plusieurs propositions récentes proposent d'accélérer les procédures d'autorisation des produits phytosanitaires, de réduire les évaluations indépendantes ou de limiter le recours au principe de précaution.
Sous prétexte d'accroître la compétitivité agricole et de répondre aux crises productives, on risque d'autoriser des substances dont les effets à moyen et long terme ne sont pas suffisamment étudiés. L’expérience montre que de nombreux pesticides approuvés à la hâte ont fini par être interdits des années plus tard en raison de leur toxicité pour l’homme, les sols et les écosystèmes aquatiques.
Pesticides toxiques et comment l’UE entend assouplir leur contrôle
Les organisations environnementales ont critiqué mercredi la proposition « Food and Feed Omnibus » de la Commission européenne, car elle « met la population en danger » en « démantelant certaines des garanties fondamentales contre les pesticides ».
Plusieurs propositions récentes proposent d'accélérer les procédures d'autorisation des produits phytosanitaires, de réduire les évaluations indépendantes ou de limiter le recours au principe de précaution.
Ces organisations regrettent l'initiative de Bruxelles qui « accorde une autorisation indéfinie à la plupart des pesticides », qu'elles considèrent motivée par « la pression d'intérêts industriels forts ».
Pourquoi la réforme élimine des garanties essentielles
Ainsi, ils dénoncent que la proposition élimine l'obligation de réévaluer périodiquement la dangerosité des substances actives établie par le règlement sur les pesticides, ce qui est « essentiel » pour détecter de nouveaux dommages à la santé et à l'environnement, et qu'elle laisse les renouvellements uniquement pour les substances classées comme candidates à la substitution – 10% de celles actives dans l'UE.
Les groupes environnementaux préviennent que si la proposition est finalement approuvée, 90 % des pesticides ne passeront plus par le processus de renouvellement requis par la réglementation communautaire, alors que ce processus a permis l'élimination de 162 substances nocives depuis son entrée en vigueur en 2011.
Depuis cette date, le processus de révision a permis d'éliminer du marché 10 substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction, 7 perturbateurs endocriniens, 17 substances toxiques pour les organismes tels que les pollinisateurs, nocives pour la santé des travailleurs, des consommateurs et des résidents des zones rurales et 9 substances toxiques pour les eaux souterraines.
La proposition de la Commission comprend également d'autres mesures telles que le doublement de la période pendant laquelle les pesticides hautement toxiques peuvent encore être vendus après leur interdiction – jusqu'à trois ans – et la limitation de la capacité décisionnelle des États membres lorsqu'il s'agit de résoudre le problème.
Ce que mettent en garde les organisations environnementales
Par conséquent, si cette proposition omnibus se concrétise, « des dizaines de substances toxiques resteront de manière illimitée dans les aliments, dans la nature » et affecteront par conséquent la santé humaine.
La proposition de la Commission comprend également d'autres mesures telles que le doublement de la période pendant laquelle les pesticides hautement toxiques peuvent encore être vendus après leur interdiction – jusqu'à trois ans – et la limitation de la capacité décisionnelle des États membres lorsqu'il s'agit de résoudre le problème.
Ils ont résumé la plainte des écologistes en déclarant que « ce Noël, la Commission européenne nous offre des pesticides toxiques, un cadeau empoisonné pour la population européenne » puisque ces substances ont des effets tels que « provoquer des retards dans le développement des enfants, des problèmes de fertilité ou conduire à la disparition de pollinisateurs comme les abeilles ».
L’ouverture à l’approbation des pesticides « sans contrôle » représente également un revers démocratique. Affaiblir la transparence, limiter l’accès aux données scientifiques ou réduire la participation d’organisations indépendantes sape la confiance des citoyens et favorise les intérêts des grandes entreprises chimiques au détriment du bien commun.
Face à ce scénario, il est essentiel de renforcer – et non d’affaiblir – les systèmes d’évaluation, d’opter pour des alternatives agroécologiques et d’accompagner les agriculteurs dans la transition vers des modèles plus durables. La sécurité alimentaire et environnementale de l’Europe ne peut être construite en sacrifiant la santé et la nature. Le maintien de normes élevées en matière de pesticides n'est pas un obstacle, mais une garantie pour l'avenir. Continuer la lecture sur EFE /ECOticias.com





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