Les incendies ne sont pas seulement dévastateurs dans les zones directement touchées par l'incendie, ils ont également un impact considérable, plusieurs kilomètres au-dessus, même là où l'on peut voir la fumée. De nouvelles études confirment qu'elles favorisent l'entrée de vapeur d'eau dans la stratosphère selon un mécanisme comparable aux éruptions volcaniques.
Tous les incendies n’ont pas un impact sur le climat mondial, mais ce constat est surprenant. Entre 2005 et 2021, les grands incendies et les éruptions volcaniques expliquent 40 % de l’augmentation de l’humidité atmosphérique.
Une couche presque sèche
La stratosphère se situe entre 10 et 50 km d'altitude, une région stable de l'atmosphère, où la couche d'ozone et les substances peuvent passer plus de temps près de la surface.
En dessous se trouve la tropopause, une sorte de frontière thermique qui bloque la montée de l'air humide, bien que pas complètement, mais retient la majeure partie de la vapeur d'eau dans la troposphère, la couche dans laquelle nous vivons et où se déroule notre temps quotidien.
Étant si sèche, lorsque la stratosphère reçoit un peu d'humidité, le résultat peut être important, et c'est là que résident certaines des clés de l'étude de Yifeng Peng et de ses collègues.
Un ascenseur à fumée
Comment un incendie de surface peut-il atteindre une telle hauteur ? Lorsque les incendies sont très intenses, la chaleur elle-même génère des courants ascendants presque aussi puissants que le feu lui-même, générant un gros nuage orageux appelé pyrocumulonimbus. Ceux-ci agissent comme un ascenseur atmosphérique de cendres, de gaz et d'aérosols jusqu'à ce qu'ils atteignent la tropopause, et plus le feu est intense, plus il est probable que quelque chose se faufile dans la stratosphère.
On savait que la fumée pouvait atteindre une telle hauteur, mais on ne savait pas ce qui se passait après son arrivée et quelle relation elle avait avec l'augmentation de la vapeur d'eau dans les couches supérieures.
Le mécanisme découvert
Après des observations par satellite et des simulations du mouvement de l'air, il a pu comparer la réponse de l'atmosphère après de grands incendies et des éruptions volcaniques modérées.
Les aérosols absorbent une partie du rayonnement solaire, réchauffant légèrement ce qui est le plus proche de la tropopause. Lorsqu’elle est chauffée, la barrière thermique s’affaiblit pendant un certain temps, ce qui permet à l’humidité de monter plus que d’habitude.
C'est comme si une petite porte s'ouvrait sur cette barrière. Les estimations indiquent qu'avec ces épisodes, entre 142 et 210 millions de tonnes de vapeur d'eau seraient entrées dans la stratosphère au cours de la période analysée.
Pourquoi c'est important
Bien que l’origine d’un incendie et celle d’une éruption volcanique n’aient pas grand-chose à voir l’une avec l’autre, elles peuvent toutes deux provoquer la projection d’aérosols à haute altitude et activer une partie similaire de la chaîne physique.
La vapeur d'eau dans la stratosphère a une influence sur le bilan énergétique de la planète, sur la manière dont la Terre reçoit et perd de la chaleur. Il provoque également des réactions chimiques liées à l’ozone. Comprendre les variations est donc essentiel pour perfectionner les modèles atmosphériques et les projections climatiques.
L'étude a été publiée dans Nature.





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