Espèces menacées
Espèces-menacées.fr
Le portail sur les espèces menacées et les animaux en voie de disparition
Navigation
  • Accueil
  • Animaux
    • Les mammifères
    • Les oiseaux
    • Les reptiles
    • Les poissons
    • Les insectes
    • Les mollusques
    • Les amphibiens
  • Actualités
    • Animaux sauvages
    • Environnement
    • Débats de société
    • 5 infos du mois
  • Monde
    • Afrique
    • Amérique du Nord
    • Amérique du sud
    • Asie
    • Europe
    • Océanie
  • Associations et ONG
  • Le saviez-vous ?
    • Animaux
    • Environnement

Le Maroc donne une leçon à l'Espagne : il a un plan depuis six ans pour restaurer 30% de ses écosystèmes dégradés dans les 300 zones humides qui constituent une route clé pour les oiseaux migrateurs entre l'Afrique et l'Europe.

Par Cécile Arnoud | Publié le 09.06.2026 à 20h23 | Modifié le 09.06.2026 à 20h23 | 0 commentaire
Humedal de Marruecos con aves acuáticas en una zona clave para las rutas migratorias entre África y Europa

Le Maroc a placé ses zones humides au centre de sa lutte contre le manque d'eau. Le pays souhaite qu'au moins 30 % de ses écosystèmes dégradés fassent l'objet de mesures de restauration d'ici 2030, un objectif qui concerne non seulement la nature, mais aussi l'agriculture, le tourisme, la biodiversité et la prévention des inondations. Ce n'est pas rien.

Le contexte est pressant. Le Maroc compte quelque 300 zones humides, près de 400 000 hectares et 38 sites reconnus par la Convention de Ramsar, tandis que la pression de sept années de sécheresse a montré clairement que chaque lacune compte. Qu’est-ce que cela signifie en pratique ? La récupération d’une zone humide peut être aussi décisive que la construction d’infrastructures, à condition que les oiseaux, les dunes, les berges et l’eau circulent en dessous.

Un plan daté

L'objectif national marocain ne reste pas une jolie phrase. Le document sur les objectifs du pays en matière de biodiversité parle d'identifier les écosystèmes terrestres et aquatiques dégradés et de garantir qu'au moins 30 % d'entre eux font l'objet de mesures de restauration avant 2030.

La restauration peut inclure le reboisement, la récupération d'espèces indigènes, l'amélioration des sols, la gestion de l'eau et la création de zones protégées. En fin de compte, ce que vous recherchez, c’est que l’écosystème fonctionne à nouveau. Non seulement il paraît vert sur une photo.

Pourquoi sont-ils si importants ?

Les zones humides sont bien plus que des zones gorgées d’eau. Ils stockent l’eau, rechargent les aquifères, atténuent les crues et servent de refuge à de nombreuses espèces. Dans un pays sec, cela vaut de l’or, même si cela ne brille pas.

La Convention sur les zones humides estime que depuis 1970, quelque 411 millions d'hectares de zones humides ont été perdus dans le monde, soit environ 22 % du total mondial. En outre, environ 25 % des zones humides restantes sont dans un mauvais état écologique. Et cela se voit dans l’eau, chez les oiseaux et aussi dans la vie de ceux qui dépendent de la campagne.

Abderrahim Houmy, directeur général de l'Agence nationale marocaine des eaux et forêts, les a définis comme de « véritables régulateurs naturels ». Selon l'ANEF, ces espaces permettent de stocker l'eau, de recharger les nappes phréatiques et de réduire les inondations. En d’autres termes, ils réalisent gratuitement une partie du travail qui coûte ensuite des millions pour être imité avec du ciment.

Les premiers travaux

Le plan comporte déjà des actions sur le terrain. A Afenourir, dans le Moyen Atlas, des travaux de canalisation et de régulation des crues sont envisagés. Dans la lagune de Marchica, à Nador, les mesures portent sur l'amélioration de la qualité de l'eau et le renforcement du reboisement des bassins voisins.

Il existe également des projets visant à restaurer les berges des rivières et à créer des îlots et des nids artificiels dans les zones humides côtières telles que Sidi Boughaba et la lagune Naila. Ce sont des mesures simples à expliquer, mais très importantes pour la reproduction des oiseaux et pour compenser la perte d'habitats naturels.

L’essentiel sera que ces œuvres ne restent pas isolées. Une zone humide ne peut être sauvée uniquement par un aménagement spécifique, car cela dépend de l’eau qui y pénètre, de la qualité de cette eau, de l’utilisation des berges et de la pression humaine qui l’entoure.

Essaouira prend du poids

L’un des noms propres de cette stratégie est Essaouira. La fiche officielle de la biodiversité du Maroc place l'archipel d'Essaouira comme zone humide Ramsar depuis 2005, avec une superficie de 4 000 hectares et une gestion liée au Département des Eaux et Forêts.

Le lieu ne protège pas seulement un magnifique paysage. Il comprend des dunes côtières, des eaux marines peu profondes, des zones rocheuses, des plages et une petite embouchure d'Oued. Il contribue également à stopper l'érosion côtière grâce à la fixation des dunes par la végétation.

Là apparaît l'un des grands symboles naturels de la région, le faucon d'Éléonore. Le GREPOM/BirdLife Maroc souligne que l'archipel est suivi régulièrement depuis 2010 et que la population reproductrice est passée d'une soixantaine de couples en 1980 à un chiffre stabilisé autour de 1 500 entre 2018 et 2021. Il s'agit d'une reprise notable, et il faut le dire avec des données.

Le tourisme oui, mais attention

L'ANEF défend une gestion qui allie conservation écologique et utilisation durable, avec des bénéfices pour l'agriculture, le tourisme et la biodiversité. L’idée semble bonne, mais elle est en petits caractères. Si le tourisme devient désordonné, l'attrait très naturel qu'on veut montrer peut finir par faire pression sur les oiseaux et les dunes.

C'est pourquoi Essaouira se tourne également vers l'accréditation internationale de « Ville des Zones Humides ». Cette reconnaissance vise à donner de la visibilité aux villes qui entretiennent une relation positive avec leurs zones humides urbaines ou à proximité, et peut aider à mieux organiser la conservation, l'éducation environnementale et l'écotourisme.

Le Maroc aspire à ce qu'Essaouira rejoigne ce réseau, suivant une ligne dans laquelle figurent déjà des villes comme Valdivia, au Chili, ou Mehdya, au Maroc. Mais le véritable prix ne serait pas le label. Il s’agirait de conserver l’eau et la vie qui font la particularité de cet endroit.

Le défi maintenant

Le grand défi sera de mesurer les résultats. L'objectif national lui-même parle d'indicateurs sur la diversité des espèces, la santé des sols, la qualité de l'eau et la couverture végétale. Sans ces données, restaurer 30 % pourrait rester une promesse difficile à vérifier.

Le climat pèse aussi. Les pluies récentes peuvent soulager un réservoir ou redonner vie à une lagune, mais l'ANEF prévient qu'elles n'effacent pas le stress hydrique structurel. Le problème n'est pas une mauvaise saison. C'est une façon de vivre avec moins d'eau disponible.

L'objectif national actualisé du Maroc en matière de biodiversité a été publié dans le document officiel Le Maroc vise le GBF-NT.

L'entrée du Maroc donne une leçon à l'Espagne : il a un plan depuis six ans pour restaurer 30 % de ses écosystèmes dégradés dans les 300 zones humides qui constituent une route clé pour les oiseaux migrateurs entre l'Afrique et l'Europe. Elle a été publiée pour la première fois sur ECOticias.com.

Dans la même rubrique

  • Le Maroc donne une leçon à l'Espagne et ce qui semblait être de la science-fiction est désormais une réalité : des femmes escaladent les montagnes avec des filets géants pour transformer le brouillard en eau potable.Le Maroc donne une leçon à l'Espagne et ce qui semblait être de la science-fiction est désormais une réalité : des femmes escaladent les montagnes avec des filets géants pour transformer le brouillard en eau potable.
  • Le Portugal et l'Espagne scellent une alliance historique pour la réintroduction du lynx ibérique dans un plan qui ouvre un nouveau cycle pour la faune de la péninsule ibériqueLe Portugal et l'Espagne scellent une alliance historique pour la réintroduction du lynx ibérique dans un plan qui ouvre un nouveau cycle pour la faune de la péninsule ibérique
  • L'Espagne n'a pas de plan ni prévu, pour arrêter la pêche à la traînée dans les zones marines protégéesL'Espagne n'a pas de plan ni prévu, pour arrêter la pêche à la traînée dans les zones marines protégées
  • L'Espagne joue sa dernière chance pour sauver ses rivières et ses zones humides, alerte SEO/BirdLifeL'Espagne joue sa dernière chance pour sauver ses rivières et ses zones humides, alerte SEO/BirdLife
Tweetez
Partagez
Enregistrer
Partagez
0 Partages

0 réponse à “Le Maroc donne une leçon à l'Espagne : il a un plan depuis six ans pour restaurer 30% de ses écosystèmes dégradés dans les 300 zones humides qui constituent une route clé pour les oiseaux migrateurs entre l'Afrique et l'Europe.”

Laisser une réponse Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont suivis d'un *


*
*

Newsletter

Qui sommes-nous ?

Ce site internet a été créé bénévolement afin de centraliser et de rendre accessible de l’information sur les espèces en voie de disparition. La finalité de notre action n’est pas seulement de créer une base de données. Nous souhaitons faire de ce site un média qui apportera de l’information, de façon régulière et actualisée, tirée à la source auprès des acteurs qui se battent au quotidien pour la sauvegarde de la biodiversité.

Dossiers

Les salamandres de France
Les différentes espèces de salamandres présentes en France
Les réserves de biosphère en France
Les réserves de biosphère en France
Les crocodiles les plus menacés au monde
Crocodiles les plus menacés au monde
Les petits mammifères de France
Petits mammifères de France

Voir tous les dossiers

Formez-vous pour travailler avec les animaux

Informations IFSA

Le saviez-vous ?

Triton ou salamandre, quelles différences ?
Triton ou salamandre, différences
Les araignées ne sont pas des insectes
Différences entre araignées et insectes
Non, toucher un oiseau tombé du nid ne le condamne pas à coup sûr
Oiseau tombé du nid, que faire ?

Voir tous les articles

Lexique - Newsletters - Mentions légales - Contact